Haïti-Société-Tradition: Ces cerfs-volants sur les routes de Bourdon et de Delmas

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Des dizaines de cerfs-volants tous les dessins confondus exposés tel, un décor enchanté arborant les pans de mur le long de la route de Bourdon, de Delmas mais aussi du côté de Musseau pour ne citer que ces endroits. Ils sont de toutes les formes, de toutes les couleurs et de toutes les dimensions, observons-nous tous les ans à l’approche de Pâques. Mais les acheteurs ne viennent presque pas, témoignent à HPN des fabricants et vendeurs de ces aérodynes, c’est-à-dire ces objets volants plus lourds que l’air qui prennent leur envol sous l’effet du vent par la manœuvre d’un être humain.

« La vente est rare. Je passe parfois toute la journée ici sans pouvoir vendre même un cerf-volant. Cela marchait autrefois. Les enfants et les jeunes semblent de plus en plus perdre goût pour la fête des cerfs-volants. Et, c’est pareil pour presque tous ceux qui en produisent », nous raconte Ebert, un jeune dans la vingtaine qui expose ses cerfs-volants au Carrefour Musseau dans le voisinage de l’ancien bâtiment où logeait jadis la Primature.

Ebert n’est toutefois pas le seul à avoir fait face à cette disette de vente de cerfs-volants exposés au soleil comme des fleurs qui enjolivent les rues et amusent les regards verticaux des passants. Julien aussi enregistre le même dilemme depuis des années. Mais celui-ci n’arrête pas pour autant d’en fabriquer tous les ans. C’est une passion, nous dit-il.

« Je fabrique les cerfs-volants avec amour et passion dès mon plus jeune âge. C’est comme une œuvre artisanale. Je l’ai fait d’abord pour mon plaisir. J’adore voir une quantité de cerfs-volants exposés dans des coins de rues, même si ça n’attire pas toujours l’attention de la grande foule », affirme Julien, lequel prend position à l’entrée de Delmas 83 à proximité d’un super marché.

La variation des prix en fonction du client
Les prix des cerfs-volants, constatons-nous, sont variés dépendamment du dessin et de la dimension de l’objet. Les grands cerfs-volants appelés couramment « Grandou » dans le langage haïtien se vendent jusqu’à 750 gourdes. Il y en a d’autres fabriqués en forme de boîte et/ou de papillon qui se vendent un peu plus chers. Les plus petits fabriqués avec du papier fin de toutes les couleurs et/ou du plastique se vendent jusqu’à 200 gourdes en fonction, nous précise Julien, de la largesse du client en question.

Ce qu’on ne savait pas
Généralement après les Pâques, la fête des cerfs-volants prend fin illico. Le ciel observe donc une pause à la danse des cerfs-volants au rythme du vent. Mais les cerfs-volants exposés à la vente qui n’ont pas été écoulés ne sont ni jetés ni déchirés. Secret : les fabricants les arrangent dans un lieu sûr pour pouvoir rééditer l’exposition l’année suivante, nous a fait savoir Ti Dras, lequel expose ses jolis cerfs-volants sur la route de Bourdon où l’on remarque beaucoup plus.
 
Une tradition en décrescendo 
Pour de nombreux observateurs et anciens amants de cerfs-volants, cette tradition est en voie de disparition en Haïti. Les jeunes s’intéressent de moins en moins à ce jeu symbolique qui marque la période pascale. Les rares adeptes en fabriquent eux-mêmes. Donc, pas besoin d’en acheter.

Semble être révolu, le temps du carême qui constituait autrefois pour les enfants une saison de cerfs-volants. Les nouvelles technologies remplacent progressivement les anciennes pratiques vitales et les jeux traditionnels, estime plus d’un. Les enfants et les jeunes de nos jours s’accrochent beaucoup plus à leurs tablettes ou leurs téléphones intelligents.

Alix Laroche
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