Haïti-Economie : le taux de croissance de 1.1% prévu dans le budget rectificatif est insuffisant, selon le Groupe Croissance

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Le budget rectificatif 2016-2017, soumis  récemment au Parlement par le gouvernement Moise-Lafontant, prévoit un taux de croissance de 1.1% par rapport au budget initial de l’administration Privert dont le taux de croissance réelle de l’économie était de 2.2%. La première  année du pouvoir actuel s’annonce très difficile, car cette croissance du PIB n’est pas suffisante pour répondre aux besoins d’une population haïtienne qui accroit démographiquement à un rythme de 1.5%, a analysé le président du Groupe Croissance, Kesnel Pharel.

 

Le montant du nouveau budget est de 118 milliards de gourdes tandis que celui du dernier exercice était de 122 milliards de gourdes. Dans son exposé de motif, le Premier ministre, Jack Guy Lafontant, a expliqué que le passage du cyclone Matthew et quelques autres difficultés sont les causes de cette contraction.

 

Les ressources domestiques ont baissé à 7%, les dons augmentent de 6.2%, les financements sont stables mais avec une baisse au niveau du tirage sur l’emprunt qui est le Petro  Caribe, a noté l’économiste Pharel dans un rapport d’étude du Groupe Croissance  dans le cadre du projet  du renforcement de la transparence budgétaire haïtien  financé par la USAID.

 

Selon l’étude,  dans le budget actuel, les dépenses courantes qui comprennent salaire et traitement ; biens et services ; transferts et subventions ; intérêts, augmentent de 5%, alors que les dépenses d’investissement diminuent. On prévoit 66 milliards de gourdes pour les dépenses courantes et 52 milliards pour les investissements qui ont rapport aux programmes et projets sur des questions de la santé, infrastructure, environnement, éducation etc.

 

Avec une contraction de la dette de près 30%, les conditions de vie de la  population seront plus difficiles, notamment les générations à venir qui auront à payer cette dette, prévient l’économiste Pharel.

 

Pour améliorer la situation, M. Pharel  croit que pour le prochain exercice2017-2018, le budget doit prévoir un taux de croissance d’au moins 5%. Pour ce faire, insiste-t-il, il faut se donner les moyens.

 

L’état doit collecter plus d’argent, faire de meilleures allocations. Les dépenses courantes ne doivent pas dépasser les dépenses d’investissement, a conseillé le président du Groupe Croissance.

 

De ce fait, poursuit-il, la société civile, les parlementaires et autres acteurs doivent s’asseoir ensemble pour réfléchir sur l’élaboration de meilleurs budgets susceptibles de répondre aux vrais besoins de la population.

 

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