Haïti / Économie :  budget rectifié, l’État admet sa faillite financière, selon Etzer Émile

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    Le Budget rectifié adopté vendredi dernier continue de faire des vagues dans l'opinion publique. Après Eddy Labossière, c'est au tour de l'économiste Etzer Emile de constater la faillite de l'Etat à travers cette nouvelle loi fiscale. Selon ce document, analysé par l’économiste Etzer Émile, les recettes internes ne permettront pas de couvrir 45% du budget de l’Etat. L’auteur de « Haïti a choisi de devenir un pays pauvre, les 10 raisons qui le prouvent », souligne que par ce budget, l’Etat a admis sa faillite financière.

 

Le financement interne est de l’ordre de 35% dont 15% par la banque de la République d’Haïti. Ce qui, fait-il remarquer, ne sera pas sans conséquences sur l’économie. M. Émile Souligne que le financement par la banque centrale est de nature à impacter, de manière négative, sur le taux de change et l’inflation.

 

S’agissant du financement par les autres institutions dont la banque nationale de crédit (BNC) à travers les bons du trésor, cela va réduire considérablement, dit-il évoquant l’effet d’éviction, l’enveloppe qui aurait pu servir à alimenter le portefeuille du crédit dans l’économie.

 

En somme, le financement interne grossit également la dette publique, soutient Etzer Émile qui fait remarquer que cette année le service de la dette a connu une augmentation de 43%.

 

Analysant l’incapacité de l’Etat à collecter assez de fonds pour financer son budget, l’économiste évoque deux raisons : l’une structurelle et l’autre conjoncturelle.

 

Il y a d’abord un problème d’organisation. L’Etat ne s’est pas donné assez de moyens pour améliorer sa capacité à collecter des fonds. C’est la raison structurelle, dit-il, évoquant notamment, les pratiques de détournement, la corruption, la contrebande et l’impunité.

 

De plus, la TCA (Taxe sur les chiffres d’affaires) ne dépasse même pas la barre d’un milliard de gourdes, note Etzer Émile qui ajoute que, pour les 8 premiers mois de l’exercice fiscal en cours, les recettes mensuelles n’ont été que de 6.6 milliards de gourdes contre une prévision de 9 milliards environ.

 

Pour pallier à ces problèmes d’ordre structurel, il faut renforcer la lutte contre la corruption et la contrebande.

 

Malheureusement, dit Etzer Émile, dans le budget rectifié, les fonds alloués aux institutions de lutte contre la corruption, dont l’IGF (Inspection Générale des Finances), la CSC / CA (Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif), le CNMP (Commission Nationale des Marchés Publics) ont considérablement diminué.

 

Pour ce qui est de l’ULCC (Unité de Lutte Contre la Corruption) et l’UCREF (Unité Centrale de Renseignements Financiers), il est vrai que leurs budgets n’ont pas été revus à la baisse mais vu la dévaluation de la gourde par rapport au dollar américain, en terme réel, ces enveloppes ont considérablement diminué, dit-il.

 

 
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