Haïti-Économie-Taux de change : Nouvelle mesure conjoncturelle de la BRH, l’économiste Enomy Germain expose sa compréhension

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Les responsables de la Banque de la République d’Haïti (BRH), annoncent récemment une énième tentative pour essayer de freiner la course du dollar qui affaiblisse complètement la valeur de la gourde (monnaie locale) sur le marché. Une enveloppe de 150 millions de dollars américains va être injectée sur le marché pour le reste de l’année fiscale qui prend fin le 30 septembre 2020, ont-ils annoncé. Un économiste livre sa compréhension à HPN.

Pas moins de 150 millions de dollars US seront injectés une nouvelle fois dans l’économie haïtienne pour essayer de diminuer l’effet négatif du dollar américain sur la gourde, annoncent les dirigeants de la Banque de la République d’Haïti.

En passant, il faut noter qu’aujourd’hui 1 dollar US équivaut à 120 gourdes.

Une situation qui a un impact des plus négatifs sur le coût de la vie dans le pays. Les prix de tous les produits ont doublé et même triplé dans un État muet et impuissant. Les commerçants fixent leurs prix comme bon leur semble dans l’indifférence totale d’un ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), placé pourtant pour réguler le marché.

La version d’un économiste avisé

Ce n’est malheureusement pas la première décision de la BRH en ce sens. Cependant, ces décisions, constatons-nous, n’apportent que des résultats peu durables.

Selon l’économiste Enomy Germain, le déséquilibre qui existe actuellement entre l’offre et la demande du dollar sur le marché où il y a très peu de dollars disponibles, une injection à court terme de 150 millions de dollars américains jusqu’au 30 septembre prochain, pourrait avoir un sens.

D’après Enomy Germain joint au téléphone par l’Agence, une telle somme (150 000 000) ne représente qu’environ trois à quatre semaines sur le marché formel de change. Alors que, précise-t-il, le marché de change mobilise 40 millions de dollars US chaque semaine.

À en croire l’économiste, l’injection de 150 millions de dollars US à court terme, peut atténuer une augmentation moins rapide du taux de change jusqu’au bout de l’exercice fiscal, mais ne résoudra pas forcément le problème du taux de change ainsi que son augmentation.

Il a conclu ainsi : comme le problème de change sur le marché n’est pas seulement celui du dollar ; si à très court terme (conjoncturel), cette mesure pourrait s’avérer positif, le problème par contre, reste et demeure entier, dans la mesure où les décisions structurelles ne sont pas prises pour adresser véritablement le problème.

Alix Laroche

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