Haïti-RD:Le GARR dénonce les mauvais traitements subis par les migrants haïtiens au moment de leur rapatriement

Saint Domingue
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Les ressortissants haïtiens continuent d’être victimes d’actes de violence dans les opérations de rapatriement à la frontière haïtiano-dominicaine. Humiliation, bousculades, gifles, propos démoralisants, emprisonnement, travaux forcés, tels sont les maux infligés à certains d’entre eux depuis leur appréhension jusqu’à leur reconduction à la frontière par les autorités dominicaines, a rapporté le Groupe d'Appui aux Rapatriés et Refugiés (GARR).

 

 

« Wilson, 30 ans,  un migrant haïtien originaire de Jacmel, a confié au GARR les diverses formes de maltraitance qu’il a subies lors d’une opération de rapatriement. Reconduit au point frontalier officiel de Belladère/Elias Piña, le 26 juillet 2016, ce ressortissant haïtien faisait partie d’un groupe de dix personnes dont 3 mineurs. Il a déclaré avoir été maltraité durant le processus de son rapatriement à la frontière. », a-t-on lu dans un communiqué du GARR.

 

«Je vivais à San Juan depuis 16 ans. J’étais en route pour aller travailler dans une plantation agricole. Soudain, une patrouille composée de militaires et de civils armés dominicains m’a appréhendé du côté de Los Rios. L’un d’entre eux m’a giflé et bousculé pour me forcer à monter dans le véhicule. Ils m’ont conduit ensuite à un centre carcéral où j’ai passé une nuit sans rien trouver à manger.», a-t-il déploré.

 

Le migrant haïtien, qui s’est montré déçu pour avoir été rapatrié les mains vides et sans un sou à la frontière, a  dénoncé les conditions dans lesquelles sont détenus les ressortissants haïtiens en passe d’être expulsés du territoire dominicain.  Il dit s’indigner du fait que les mineurs sont aussi incarcérés dans la même cellule que les adultes.

 

Il convient de souligner que récemment, des migrants haïtiens rapatriés avaient également indiqué avoir été victimes de violations de droits humains dans les centres carcéraux dominicains. Beaucoup d’entre eux ont été contraints de transporter des matériaux destinés à la construction (sable, parpaing, etc.).  

 

Le GARR  dit condamner ces genres de tortures utilisées à l’encontre des ressortissants haïtiens par les autorités dominicaines dans les opérations de rapatriement.

 

L’organisme affirme avoir  regretté  que les autorités dominicaines continuent de violer le protocole d’accord de décembre 1999 sur les mécanismes de rapatriement. Alors que le point d dudit protocole les exige d’adopter des mesures concrètes pour que les rapatriés puissent emporter leurs effets personnels, ces derniers sont constamment reconduits les mains vides à la frontière.

 

Le GARR en profite pour appeler les autorités haïtiennes à exiger de l’Etat dominicain le respect des droits humains dans toutes les opérations de rapatriement.

 

 

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