International : une partie de l'Amérique latine se tourne vers Israël

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À l'instar des États-Unis, et du Guatemala depuis mercredi, le Paraguay aura également bientôt une ambassade à Jérusalem. Un indice de l'intérêt que porte, depuis sa création ou plus récemment, une partie de l'Amérique latine à Israël.

 

Deux jours après l'inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem, le Guatemala y a à son tour établi sa représentation diplomatique, mercredi 16 mai. Le Paraguay devrait suivre avant la fin du mois de mai, faisant de l’Amérique latine la région du monde la mieux représentée dans la ville trois fois sainte.

Un complexe mélange d’intérêt américains, de croyances religieuses et de liens bilatéraux dans certains cas, ont dessiné ce tableau. Le Guatemala et Israël, notamment, entretiennent des relations cordiales depuis longtemps.

Non content d'être le deuxième pays à reconnaître l'État hébreu , juste après les États-Unis, lors de la déclaration d’indépendance de 1948, le Guatemala a même joué un rôle actif dans sa création. Le petit pays d’Amérique centrale était ainsi l’un des onze membres de la Commission spéciale des Nations unies sur la Palestine (UNSCOP), chargée à l'époque de proposer une solution à la situation au Proche-Orient.

À ce moment crucial pour le futur du Moyen-Orient, l’ambassadeur guatémaltèque George Garcia Granados, "qui avait rencontré deux fois Menachem Begin (le futur Premier ministre israélien, NDLR), […] a fortement poussé pour que l’UNSCOP adopte la partition (de la Palestine entre les Juifs et les Palestiniens) et pour que ce plan soit approuvé par l’Assemblée générale (des Nations unies)", expliquait en septembre 2017 sur son blog Emmanuel Navon, professeur de Relations internationales à l’Université de Tel-Aviv et ancien membre du parti conservateur israélien Likoud.

Une amitié de longue date à laquelle a fait écho, mercredi, l’actuel président du Guatemala, Jimmy Morales : "Il y a 70 ans, nous avons décidé de soutenir et d'être les amis d'Israël, et nous en faisons à nouveau la démonstration aujourd'hui." Près de 70 ans plus tard, les liens ne se sont pas distendus. "Pendant la guerre civile guatémaltèque (1960-1996), Israël a été l’un des principaux fournisseurs d’armes et formateur des forces gouvernementales contre la guérilla", explique Christophe Ventura, spécialiste de l’Amérique latine à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), à France 24. À la fin des années 1970, les Israéliens sont restés au côté du Guatemala alors que les États-Unis, jugeant les exactions de l’armée trop épouvantables, lâchaient le gouvernement.

Ailleurs, sur le continent latino-américain, les relations avec Israël n'ont pas toujours été aussi cordiales. Au début des années 2000, l'Amérique latine connaissait une vague d'élections de dirigeants de gauche, plus favorables à des positions pro-palestiniennes. En 2010, l'inimitié avait atteint un pic, le Brésil, l’Argentine, la Bolivie, le Guyana puis l’Équateur reconnaissant l’État palestinien au côté d'Israël "à l’intérieur des frontières de 1967". Depuis, le continent a connu un "reflux au profit du centre droit et de la droite, comme en Argentine ou au Paraguay, décrit Christophe Ventura. Ces nouveaux gouvernements sont plus favorables à Israël et à Washington, on observe donc un réalignement après une parenthèse de gauche de quinze ans."

AFP

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