Haiti-Elections:  Réactions discordantes autour du rapport de la Commission indépendante de vérification électorale

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Le rapport de la Commission indépendante de vérification et d'évaluation électorale révèle que 448 000 morts « zombis » avaient voté lors des élections présidentielles, législatives et municipales du 25 octobre 2015. Une anomalie jugée innaceptable par des leaders politiques qui n’ont pas tardé quelques heures après la publication du rapport à réagir. Toutefois, constate-t-on, les réactions ne vont pas dans le même sens. Les problèmes politiques ne sont pas prêts à être résolus, constate HPN.

Le leader de la Plateforme « Pitit Dessalines », l’ancien sénateur Moïse Jean-Charles a salué et félicité le travail de la Commission qu’il juge colossale. Cependant, il a pris le soin d’attirer l’attention sur la nécessité de bien analyser son rapport, notamment les cinq points essentiels qui s’y trouvent.

Pour Moïse Jean-Charles, la Commssion n’est pas un juge. Elle a fait le travail qu’il fallait. Dire la vérité. Il revient maintenant, soutient-il, au Conseil électoral provisoire (CEP), de faire le choix difficile, reconnaît-il, d’appliquer la loi.

De son côté, le représentant du PHTK, Guichard Doré qui réagit lui aussi au nom de cette structure politique, a déclaré que la publication du rapport de la Commission est un non événement pour le PHTK qui, ajoute-t-il, ne reconnaissait depuis le départ, l’existence de ladite commission. A en croire Guichard Doré, le PHTK n'entend pas aller aux élections avec le président Jocelerme Privert au Palais national. 

« C’est un non événement pour nous. Le rapport a été téléguidé, mal imprimé, pensé, rédigé par les hommes du Palais national », dit Guichard Doré, tout en soulignant que l’Arrêté présidentiel élargissant le mandat du CEP, est quelque chose de grave.

Intervenant lui aussi autour du rapport sur les ondes de radio Caraïbes, André Michel de la Plateforme « Jistis », a indiqué qu’en dépit de certaines failles et faiblesses relevées dans le rapport de la Commission, la Plateforme Jistis est tenue de le respecte tel que l’engagement a été pris et signé par sa structure politique.

« En dépit des faiblesses qui caractérisent le document, nous avons la conviction que les acteurs ont la responsabilité de respecter le rapport de la Commission de vérification et d'évaluation électorale », lâche Me André Michel, avant de souligner que le rapport prouve qu’il n’y a pas eu effectivement d’élections le 25 octobre 2015 dans le pays.

Selon André Michel, le rapport de la Commission malgré lui, montre que la machine électorale était totalement défaillante. Un véritable désordre organisé, martèle-t-il. En ce sens, il invite la justice haïtienne, notamment le Parquet de Port-au-Prince à assumer ses responsabilités en poursuivant les auteurs, dit-il, de ce crime électoral et financier.

Réagissant également sur le rapport, le professeur Sauveur Pierre Étienne de l’OPL qui parlait en tant que simple citoyen, a fait comprendre que ce qui s’est passé lundi 30 mai dans l'après-midi au Palais national, est un acte historique. Il dit ne pas comprendre la logique discursive du président de la Commission, François Benoît et le rapport écrit produit par ladite Commission.

Selon Sauveur Pierre Étienne, le document dit une chose, tandis que le discours oral du président Benoît dit une autre, lorsque celui-ci, avance-t-il, recommande la reprise du processus électoral uniquement pour la présidentielle.

« Le rapport fait état de 448 mille morts qui ont voté aux élections du 25 octobre. Alors que dans son discours, le président François Benoît recommande, pour le moins, la reprise du processus seulement pour la présidentielle. Et les députés, les sénateurs et les maires issus de ces élections frauduleuses, la reprise du processus ne les concerne pas pour eux aussi ? », s’interroge Sauveur Pierre Étienne.

Par ailleurs, à entendre les réactions de certains leaders de la vie nationale sur l’accouchement du travail de la Commission indépendante de vérification et d'évaluation électorale qui passe maintenant, via le président de la République, Jocelerme Privert, la balle au Conseil électoral provisoire, de nombreux observateurs estiment que les problèmes liés à la crise électorale, ne sont pas prêts à être résolus en vue de la paix sociale et l’amélioration des conditions de vie de la population.

Alix Laroche

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