Le Premier Ministre Joseph Jouthe justifie les actions des policiers du groupe « Fantom 509 »

L'executif
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Après les deux dernières journées de tension – le samedi 12 et le lundi 14 septembre 2020 –  ayant paralysé la plupart des activités dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince et provoqué de nombreux dégâts matériels, le premier ministre Joseph Jouthe s’est adressé ce mercredi aux membres du groupe « Fantom  509 » qui étaient à l’origine de ces mouvements de protestations en vue de les dissuader de reproduire les mêmes actes de violence. Alors qu’il leur demandait de se rasséréner, le chef du Gouvernement a toutefois reconnu que certaines de leurs revendications pouvaient s’avérer justes.

 

Si la libération de Jean Pascal Alexandre, ancien agent de la BLTS (Brigade de Lutte Contre le Trafic de Stupéfiants) arrêté le 8 mai dernier, constitue le mobile des protestations violentes, Joseph Jouthe a néanmoins tenté de ne pas dissocier les récents événements aux précédents mouvements ayant conduit à la reconnaissance du SPNH-17 (Syndicat de la Police National d’Haïti). Selon lui, les policiers sont pratiquement considérés comme des laissés-pour-compte et que leur comportement était forcément lié à des frustrations longtemps cumulées. 

 

«Comme tous les employés de l’Administration Publique, le salaire des policiers n’est pas satisfaisant pendant que leurs conditions de travail ne s’améliorent pas. Ils méritent un traitement spécial», a déclaré le Chef de la Primature.

 

Parallèlement, soufflant le chaud et le froid, Joseph Jouthe a précisé que les problèmes peuvent être résolus mais c’est à travers le dialogue. Selon lui, il faut bannir toute forme de violence comme des gens civilisés afin d’arriver à des résultats concluant. Il a également soutenu que tout le monde avait le droit de protester et de faire passer leurs revendications en vue d’obtenir satisfaction, cependant la façon de faire, violence incluse, pourrait discréditer la justesse des réclamations puis tout chambarder. 

 

En ce qui concerne les policiers – qu’ils soient de ‘‘Fantom 509’’ ou non –, Joseph Jouthe n’y est pas allé de mains mortes pour prendre le contre-pied des allégations fustigeant leur comportement répréhensible ces derniers jours. Même s’il a reconnu que tout policier ayant commis une infraction devrait répondre de ses actes, il a estimé que les agents de la PNH étaient souvent bousculés pour des bavures alors que des organisations de défense des droits humains montaient au créneau quand des bandits étaient ciblés par des opérations policières. 

 

« Je me suis rendu compte que les policiers n’ont personne pour les protéger alors que d’autres groupes ont des protecteurs. Je vais défendre leurs droits aussi longtemps que je suis à la tête du gouvernement », a-t-il martelé.

 

Le Chef du Gouvernement a souligné qu’il n’avait pas à se justifier suite aux mesures prises pour libérer les cinq agents de l’UDMO. Même si la clameur publique estime qu’il a créé un mauvais précédant dans cette affaire, Joseph Jouthe a préféré suggérer à son Ministre de la Justice de prendre les mesures qui s’imposent contre le commissaire du gouvernement a.i de Port-au-Prince qui, selon lui, avait envoyé les policiers au Pénitencier National de manière irrégulière.

 

Marvens Pierre

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