Haïti-Justice : Des organisations de droits humains dénoncent la libération d’Antonio Jules

Le Judiciaire
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Les responsables des organisations de droits humains « défenseurs plus» et RNDDH (réseau national de défense des droits humains) ont vivement critiqué la décision de la cour d’appel du Cap-Haïtien de libérer le délégué départemental du Nord, Antonio Jules, arrêté pour son implication présumée dans la mort de Jacques Dubois, lors de l’attaque au gaz au « café trio » en avril 2018.
 
Le co-directeur de « défenseurs plus »,  Anthonal Mortimé s’est interrogé sur la célérité avec laquelle le dossier du représentant de l’Exécutif dans le Nord a été traité à la Cour d’appel dans un contexte marqué par une grève des magistrats.
 
De plus, fait-il remarquer, de nombreux dossiers dorment depuis des années dans cette juridiction dans l’indifférence totale. Il s’agit, selon lui d’une politique dite de deux poids de mesure qui ne cadre pas avec l’Etat de droit.
 
Aussi, le militant des droits humains plaide en faveur de la mise sur pied d’une cellule d’urgence à la cour d’appel pour plancher sur les autres cas en souffrance. Pour sa part, le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance dénonce ce qu’il appelle la dépendance du pouvoir judiciaire par rapport à l’Exécutif.
 
Pour que la justice soit indépendante, il faut d’abord que les magistrats le soient, ce qui est loin d’être le cas de l’avis de M. Espérance, qui assimile à un État voyou tout État où  l’indépendance de la justice n’est pas une réalité.
 
Le sénateur Youri Latortue, qui était au café trio lors de l’attaque au gaz, a lui aussi dénoncé la libération du délégué départemental.
 
Antonio Jules a été libéré lundi, une semaine après son arrestation pour son implication présumée dans l’attaque au café trio. 
 
La demande en "habeas corpus" introduite par ses avocats avait, dans un premier temps, été rejetée par le cabinet d’instruction, provoquant du coup la mise à pied du commissaire du gouvernement d’alors.
 
DO