Un an après le massacre de La Saline, les victimes témoignent leur calvaire et réclament justice

Le Judiciaire
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Sous l’initiative de quelques  organisations de la société civile comme le réseau national de la défense des droits humains (RNDDH) et les petrochallengers, branche ‘’Nou Pap Dòmi’’, une  cérémonie a été organisée en mémoire des victimes du massacre de La saline, le mercredi 13 Novembre, dans le fief de ce grand quartier populaire. Cette cérémonie  pour marquer le triste anniversaire de la première année des violences faites dans la nuit du 13 au 14 Novembre 2018, sur une durée de quatorze(14) heures, a laissé place aux témoignages des victimes ainsi que de leurs proches parents.

 

‘’J’ai été violée par cinq (5) hommes, avant de se  servir de moi comme bouclier humain, en cas de riposte,’’ a expliqué une jeune femme dans la vingtaine. De son cote un homme a fait savoir qu’il a perdu trois (3) de ses  enfants. Des témoignages confirmés par le rapport des Nations-Unies, qui a  fait état de viols collectifs, d’incendies ainsi que des cas de mutilations, selon  le document de l’organisation, rendu public le 21 Juin dernier.

 

Par ailleurs, les victimes dénoncent le laxisme des organismes de l’Etat, notamment la justice et son bras armé, la police nationale qui ne se préoccupent guère  des victimes. En effet, dans la nuit du 13 Novembre 2018, les cris des victimes devraient être entendus par des agents de la PNH, affectés dans un sous commissariat situé au Nord de La saline a seulement quelques mètres, par contre aucune intervention n’a été faite par les forces de l’ordre pour stopper le carnage qui a duré plus de douze (12) heures.

Et un an après, malgré les divers rapports réalisés par des organisations de droits de l’homme ainsi que les appels des institutions nationales et internationales, à l’instar de plusieurs parlementaires américains qui ont réclamé justice pour les victimes dans une note signée le 13 Novembre dernier, rien est fait. La justice avance à pas de tortue dans ce dossier. Seulement 16 personnes ont été arrêtées sur (98) indexées et  quatorze (14) armes automatiques  saisies selon un communiqué du parquet de Port-au-Prince, fait en Juillet dernier.

‘’Regarder dans quel Etat nous vivons. Personne n’est venu nous voir. L’Etat ne nous a rien dit, point de justice pour nous’’, a lâché une sexagénaire. ‘’Mais vous savez, quoi qu’il arrive, La saline nous restera nôtre" a t-il confié.

 

Depuis Novembre 2018, les tueries se multiplient dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, ils sont plusieurs dizaines hommes, femmes et enfants qui ont été blessés ou assassinés à Tokyo, Carrefour Feuilles et plus récemment au Bel-Air. Certaines personnes indexées dans ces actes ont défié la justice avant de se volatiliser, parfois même au frais de la République. D’autres sont tout simplement considés comme des tueurs à gage. Ainsi fonctionne Haïti comme un grand laboratoire avec des citoyens livrés par l’Etat aux bandits. 

 

Kervens Olivier  

 

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