Haïti-Justice : Paralysie des activités au Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince 

Le Judiciaire
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Le mot d'ordre de grève lancé par les magistrats depuis environ deux semaines et la mort du substitut du commissaire du gouvernement enregistré la semaine dernière sont à l'origine de cette situation, selon les avocats rencontrés lundi 22 juin sur la cour de l'institution qui déplorent la situation. Toutefois, la montée de l'insécurité dans la zone affecte non seulement le fonctionnement du TPI et mais aussi le ralentissement  des activités des petits commerçants, les motocyclistes qui  expliquent que cet état de fait représente un manque à gagner.

 

C'est dans un climat imprévisible et frustrant que  le tribunal de première instance de Port-au-Prince fonctionne quotidiennement. Pas plus tard que la semaine écoulée, un substitut du commissaire du gouvernement a été la cible d’individus armés. Et cette fois, c'est tout le système judiciaire haïtien qui est en deuil, déplorent certains avocats rencontrés au TPI.  Tout le monde est encore sous le choc, disent-ils. 

 

« Aujourd'hui, c'est un substitut et demain, qui sera la prochaine victime ? », s’interrogent la plupart des hommes de loi présents sur les lieux.  Très inquiets, ils soutiennent que si le meurtre du substitut du Commissaire du Gouvernement a eu lieu en pleine rue, rien  n’empêche que les bandits viennent perpétrer leur prochain forfait dans l’enceinte même du tribunal. Les avocats, bien qu’ils soient plus enclins à manifester leurs préoccupations ne sont pas les seuls à être dans  la ligne de mire des individus armés. Comme eux, les motocyclistes tirent la sonnette d'alarme et demandent aux autorités  de se manifester. 

 

Fonctionnant déjà dans  des conditions précaires faute d’infrastructures adéquates, le tribunal ne peut continuer à faire les frais de l'insécurité qui sévit dans la zone du bicentenaire soutiennent les avocats. L'Etat doit assumer ses responsabilités. En ce moment plus rien ne fonctionne et au parquet, seule une cellule d'urgence est mise en place. La mort du substitut, l'atmosphère inquiétante qui règne, les débordements qui peuvent avoir lieu à tout moment, se résument à l'insécurité de l'avis des avocats. Des affirmations que corroborent les motocyclistes qui ont l'habitude de se garer devant l'entrée principale en attente des clients. Étonnant mais vrai, ils sont stationnés à l'intérieur même du TPI actuellement et ce, depuis deux mois, expliquent-ils. 

 

Le mot d'ordre de grève et la mort du substitut, ce sont les principales causes de la paralysie du système judiciaire du pays. Le calvaire des justiciables se poursuit. Une situation compliquée à un moment où l'insécurité, que ce soit dans la capitale ou dans les villes de province, continue de faire des victimes. Dans la zone du Bicentenaire où est situé le TPI de Port-au-Prince, la situation  n'est plus ce qu'elle était auparavant. Les autorités policières tentent d’établir un périmètre de sécurité, ce qui n'est pas sans conséquence sur le fonctionnement des  institutions étatiques qui s’y trouvent.

 

Marvens Pierre

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