Haïti-justice : des avocats exigent la délocalisation du TPI de Port-au-Prince

Le Judiciaire
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Des acteurs de l’appareil judiciaire se sentent encore menacés par les actes de banditisme qui continuent de sévir au Bicentenaire. En conférence de presse mardi, Me Arnel Rémy et Me Jean Emmanuel Sanon, respectivement porte-parole et membre du CADDHO, ont profité pour exiger la délocalisation du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince pour cause d’insécurité, tel a été le cas pour la Cour d’appel de la juridiction anciennement logée au même endroit.

 

D’entrée de jeu, Me Arnel Rémy insiste sur le fait que la délocalisation du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince situé au Boulevard Harry Truman dans la zone du Bicentenaire, est un impératif. Sollicitée antérieurement par des associations de magistrats, l’exécutif n’a pas donné suite à la demande. N’y allant pas de main morte, Me Rémy énumère les risques auxquels s’exposent ses collègues. « Récemment, dans l’ignorance la plus totale, un avocat du barreau de Port-au-Prince a perdu sa femme, atteinte de plusieurs projectiles pendant que des bandits opéraient dans la zone, alors qu’il voulait se rendre au Parquet », témoigne-t-il avec regret. Selon lui, cette situation a trop duré sans que cela ne soulève d’intérêt du côté des décideurs.

 

Malgré les promesses du premier ministre Joseph Jouthe qui avait annoncé le 9 mai dernier, – pendant qu’il était à la Primature – le retour d’un climat sécuritaire au bicentenaire, rien n’a pratiquement changé, déclare Me Rémy qui toutefois souligne que l’insécurité n’est pas la seule pierre d’achoppement qui peut ralentir voire arrêter le moteur de la machine judiciaire. Il fait valoir que si les magistrats assis ou debout ne réclament pas de meilleures conditions salariales et de fonctionnement, ce sont les greffiers qui entrent en grève pour des raisons quasi similaires. Il dit déplorer l’impact de ces mouvements au sein de la Justice tout en reconnaissant leur bienfondé.

 

Pour Me Jean Emmanuel Sanon, avocat au barreau de Petit-Goâve et membre du collectif, le problème va au-delà de ce que l’on peut discerner. Selon lui, le mal est profond. « Entre le Pouvoir Exécutif et le Pouvoir Judiciaire règne un conflit », avance-t-il. Selon lui, le déplacement de la Cour d’Appel à Pacot signifie clairement que le CSPJ ne se soucie que du sort des juges siégeant à la Cour d’Appel de la Juridiction. Il en appelle au Ministère de la Justice pour décider de celui des parquetiers. A cela s’ajoute la grève des greffiers, à laquelle le CADDHO apporte son soutien, qui vient d’entamer sa deuxième semaine.

Toujours est-il que l’insécurité soit au centre des débats en ce qui concerne le fonctionnement du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince. Si les magistrats n’ont pas obtenu gain de cause à propos du déplacement du TPI de Port-au-Prince, qu’adviendra-t-il de la requête des avocats notamment ceux faisant partie du CADDHO ? Les problèmes semblent se multiplier sans aucune solution à l’horizon…, et ce n’est pas demain la veille que cela va changer. Exigeant le déplacement du TPI, le Collectif demande également aux responsables de trouver un accord avec les grévistes dans le meilleur délai au profit des justiciables.

 

 

Marvens Pierre

 

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