Communication ou l'effet pervers des médias de service public

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Dans son message de circonstance prononcé samedi soir vue la gravité de la situation après la dure journée d’émeute et de pillage, Jovenel Moïse a encore une fois pointé du doigt son équipe de communication rappelant qu'il y a une mauvaise communication autour de la hausse des prix du carburant.

C'est étonnant que le chef de l'Etat puisse torpiller autant ses portes parole alors que deux médias de service public sont à son service et au service du gouvernement sans oublier d'autres médias alliés qui ne cessent de vanter les bienfaits de la Caravane dit de changement.

La situation est ce qu'elle est. Les médias de service public (RNH et TNH) sont utilisés de manière perverse et malsaine pour faire la promotion de la caravane alors que les cotisations des citoyens mises à la disposition de ces médias devraient servir à Éduquer et à informer la population sur les grands axes de développement à travers des débats contradictoires.

Pourquoi aucun membre de l'opposition n'est invité à prendre la parole dans ces médias publics ? Jamais on aura vu une fois le visage de Jean Charles Moïse, de l'avocat André Michel sur le petit ecran de la TNH ou l'intervention des hommes comme les économistes Camille Charlmers et Eddy Labossière qui ne sont pas désirés sur la chaîne publique et la Radio de service public. 

Le 3 mai 2017, Le Président a mis en place le conseil national de service des médias et service public sans savoir le mandat réel de cette institution qui a 36 mois pour faire des recommandations au chef de l'Etat. Mais que peut-on attendre de cette équipe constituée d'une porte parole de la Présidence Mme Martine Chandeler et d'un allié inconditionnel du pouvoir en place Serge Philippe Pierre. 

Aujourd'hui le chef de l'Etat a peut être raison en disant que la communication a été mauvaise sur le carburant, car il n'y a jamais eu de vrais débats sur la question et peut être qu'on n'en voulait pas. C'est mieux de faire de la propagande car c’était toujours la norme, oubliant que la population a pris de la maturité et que l'opinion publique devient multiple et surdimensionnée avec l'arrivée des réseaux sociaux. 

Monsieur le Président, il faut corriger également  ce coté là, car les médias de service public sont placés pour vous dire la vérité avec de vrais débats contradictoires mais aussi  avec des propositions de l'opposition constructive. Le Président maintenant ne doit plus parler et point barre. Il faut dialoguer et ne pas avoir peur d'écouter l'autre, c'est aussi un haïtien et il a droit de s'exprimer sur les médias de service public.

Faut il d'autres émeutes et d'autres scènes de pillages et de saccages pour comprendre la situation sociale alors que les débats auraient servi à résoudre ce problème. Haïti est un Etat démocratique et il est impératif de  vivre de manière démocratique avec la contradiction. Les médias de service public doivent servir de canaux de communication entre les mandants et les mandataires.

Mais au-delà de cette communication malsaine, le Président devrait ouvrir lui même les pages des journaux et prendre le pouls de l'information au quotidien. Cela aurait bien aidé avec en plus une revue de presse chaque jour avant de démarrer la journée. La Présidence n'est pas un jeu d'enfant ou de partisans c'est une haute fonction qui demande du sérieux et du pragmatisme.

HPN

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