Haïti-crise politique-violence : Des organisations de droits humains dénoncent le cycle de violences

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Dans un communiqué de Presse, Le CARDH, le RNDDH, la CE-JILAP, le CEDH, le CRESFED, la POHDH et le SKL dénoncent le cycle de violences enregistré dans le pays ces derniers jours et invitent la société haïtienne à tout mettre en œuvre en vue de rétablir l’ordre et la paix.

Dans ce communiqué, les organisations de Droits rapportent que le 4 juillet 2018, des agents de la Direction Départementale de l’Ouest de la Police Nationale d’Haïti (PNH) sont intervenus avec brutalité à Pèlerin 5, chassant des habitants de leurs maisons, détruisant celles-ci sans décision de justice, frappant certains propriétaires et instaurant dans les zones de Thomassin, Laboule, Fermathe et Kenscoff, un climat de terreur.

Elles soulignent que ces interventions brutales ont été orchestrées sur ordre manifestement illégal émis par le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince le 3 juillet 2018, demandant à la Direction Départementale de l’Ouest de la PNH de « prendre toutes les mesures jugées utiles et nécessaires pour que ces occupants illégaux… soient immédiatement délogés ».

Ce communiqué avance que dans un souci aveugle de plaire au Président de la république, les droits à l’intégrité physique et à la propriété privée de ceux qui ont eu le malheur d’habiter dans des maisons jouxtant la propriété présidentielle, ont été foulés au pied, parce qu’ils représentaient, selon les dires du commissaire du gouvernement, « une menace pour la sécurité de la zone et pour la famille présidentielle ».

Les organisations de droits humains relèvent que c’est dans ce contexte de grogne vis-à-vis de ces actes d’expropriation forcée que le 6 juillet 2018, l’administration MOÏSE / LAFONTANT a décidé d’augmenter considérablement les prix des produits pétroliers (environ 50%).

Une décision, selon le communiqué, qui est venue aggraver la situation et, des membres de la population ont, avec violence et fracas, manifesté leur mécontentement, incendiant tout sur leur passage, pillant des magasins et scandant des menaces.

Les pertes matérielles sont énormes souligne le communiqué: Au moins deux (2) hôtels ont été saccagés, pillés ;  des supermarchés ont été pillés et certains d’entre eux incendiés ;  des maisons de concessionnaires d’automobiles ont été soit cassées, soit incendiées ;  des véhicules ont été incendiées ou vandalisées ;  au moins une école de danse a été saccagée ;  les compagnies de téléphonie Natcom et Digicel ont essuyé des attaques.

Les organisations de droits humains jugent irresponsable le comportement du Président de la république, du gouvernement et des autres autorités du pays et exigent qu’ils en assument les conséquences.

Le CARDH, le RNDDH, la CE-JILAP, le CEDH, le CRESFED, la POHDH et le SKL invitent à une concertation urgente en vue de rétablir l’ordre et la paix dans le pays et de dégager, pour l’avenir, une stratégie de réconciliation nationale dans le strict respect de la dignité et des droits humains en Haïti dans cette note dantant du 9 juillet 2018.

HPN