Parmi ces citoyens et citoyennes interpellés par le Grand rassemblement pour l’Évolution d’Haïti figurent une ancienne première ministre, Michèle D. Pierre-Louis, une ancienne Première Dame Mirelande H. Manigat, des leaders politiques dont Edgard Leblanc, Himmler Rébu, Charles Henry Baker, Jean Hénold Buteau et Paul Denis, ainsi que des personnalités de la société civile entre autres Camille Charlmers, Chistine Coupet, Anne-Marie Issa et Hérold Jean-François.


Pour le président du GREH, ces personnalités devraient constituer un groupe de réflexion, un laboratoire d’idées, appelé à réaliser, dans la sérénité et avec le recul nécessaire, un diagnostic de la situation afin de proposer des pistes de solution dans la perspective de la construction d'une meilleure Haïti.


Ce sont, poursuit-il, des citoyens et citoyennes qui ont une certaine expérience de la vie publique et qui peuvent aussi se sentir interpellés par la situation dans laquelle le pays s'est plongé depuis pas mal d'années.


Nous sommes face à un péril grave et imminent, affirme Himmler Rébu qui dit croire que l'ensemble des personnalités interpellées, la liste n'étant pas exhaustive, est de nature à provoquer ce qu'il appelle "le doute favorable".


Si l'on ne s’assoit pas pour poser en toute quiétude, les problèmes du pays, nous risquons de vivre une situation pire que celle qu'on a connue lors des émeutes des 6,7 et 8 juillet dernier, a-t-il avancé.


Au moment où le Président Jovenel Moïse est s'apprête à désigner son premier ministre, appelé à constituer avec lui, le nouveau cabinet ministériel, Himmler Rébu pense qu'on ne peut pas faire du neuf avec du vieux d'autant que ce vieux, affirme-t-il, est pourri. 


Aussi, ajoute-t-il, le remède peut-être pire que le mal, si les membres de la prochaine équipe ne réunissent pas les conditions personnelles du doute favorable. 


Il affirme donc que parallèlement à la formation du gouvernement nous avons besoin de gens capables de produire des réflexions qui vont au-delà de la pulsion de toujours aller vers le conjoncturel immédiat.


Par Dodeley Orélus
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Pour l'ancien président de sénat, il ne fait aucun doute. A l'émission "Sans Détour" diffusée ce mercredi sur Télé Pluriel, Jean Rudolph Joazile a affirmé que l'homme d'affaires Réginald Boulos, dont la plupart des entreprises ont été vandalisées, pillées et leurs locaux incendiés lors des émeutes des 6 et 7 juillet, a subi une attaque d'adversaires plus forts que lui.


L'ancien président du sénat conseille à M. Boulos de contraindre les autorités compétentes à lui fournir des explications sur l'identité de ceux qui ont orchestré ces attaques. Il doit, lui aussi, chercher à avoir des informations, a poursuivi M. Joazile.


Il y a eu toute une préparation, tout un lavage de cerveau avant l'attaque contre les entreprises de M. Boulos, a rappelé Jean Rudolph Joazile qui invite, par la même occasion, les membres de l'élite économique à investir davantage dans le social en vue de créer un climat stable, favorable aux investissements.


Sinon, prévient-il, dans les mêmes conditions, les mêmes causes produiront les mêmes effets.


Par Dodeley Orélus
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D’aucuns nous accusent de transférer nos responsabilités à d’autres. Certes, Ils ont raison. Mais, certaines situations méritent d’être explorées afin de trouver des réponses. Et, à cet égard, la situation actuelle d’Haïti ne peut nous laisser indifférents.

 

 

Comme on le sait, depuis des années, Haïti fait face à diverses catastrophes tant naturelles que politiques. Ce qui n’est pas sans effet sur son économie déjà moribonde. De jour en jour, la situation empire. Les Haïtiens, plus précisément les jeunes n’y voyant aucun avenir fuient le pays à la recherche d’un mieux être ailleurs. Le gouvernement, loin de les décourager, les encourage plutôt en ouvrant des bureaux de passeport dans presque toutes les villes du pays. On peut même dire que c’est le seul service qui fonctionne bien. Il n’est pas superflu ni exagéré de dire que cet exode fait l’affaire du gouvernement.

 

Maintenant, les gouvernements américain et canadien ne veulent plus de ces Haïtiens qui ont fui et qui continuent de fuir la misère. Nous comprenons leurs appréhensions et il est tout à fait  légitime qu’ils contrôlent leur immigration, mais n’ont-ils pas une responsabilité dans ce qui se passe en Haiti?  N’est-ce pas eux qui ont imposé au peuple haïtien Michel Martelly et Jovenel Moise?

 

Voilà le résultat du choix de la communauté internationale :

 

Haïti, 3.8 milliards dollars US du fonds de Petro Caribe volatilisés par l’équipe au pouvoir et le peuple abandonné à lui-même.

 

Qu’en dit la communauté internationale? Rien, aucune intervention. Au contraire, elle continue à alimenter le gouvernement haïtien qui devient très confortable dans ce type de gestion. Dans un tel contexte, le peuple a-t-il un autre choix que de chercher son pain quotidien ailleurs?

 

Que peut-on espérer?  

 

Dans ce pays, où une dizaine de familles contrôlent toute l’économie et l’équipe au pouvoir déjà à leur solde sombre dans la corruption la plus totale, on pourrait dire que les dés sont joués, qu’il n’y a rien à faire. Pourtant non. Tout n’est pas perdu. Nous saluons le courage de quelques sénateurs qui ont dit non à la corruption. Ils ont enquêté sur le Fonds de Petro Caribe et ont indexé certains responsables dudit Fonds. Comme il fallait s’y attendre, ils deviennent la cible des dilapidateurs du Fonds qui sont assurés de l’impunité et sont devenus très arrogants à la moindre question soulevée. Tout ceci se fait sous le regard de la communauté internationale qui reste muette.

 

Le 30 novembre 2017, un vote devait avoir lieu au Parlement sur le rapport du Fonds de Petro Caribe. La séance n’a pas eu lieu et est reportée sine die sous un faux prétexte, à savoir, le renouvellement du tiers du sénat qui n’était pas à l’ordre du jour. Aux dernières nouvelles, on rapporte que les sénateurs proches du pouvoir constituant la majorité de la Chambre haute ont reçu l’ordre de ne pas donner quorum pour le vote du rapport.

 

En fait, il n’y a rien d’étonnant. Le président Jovenel Moise, déjà inculpé pour blanchiment d’argent, et 12 autres personnes issues du pouvoir sont indexés dans le rapport. Quoi qu’il en soit, le rapport a fait son chemin. Tous les Haïtiens sont au courant et conscients que le Fonds de Petro Caribe a été volé par l’équipe au pouvoir et demandent des comptes. Cette fois-ci, ce n’est pas un budget où on peut manipuler  les citoyens en leur faisant croire dans tous les pays du monde tous les citoyens paient des taxes et de l’impôt. Cette fois-ci, c’est plutôt un cas de vol sans précédent dans l’histoire du pays et cela sans manipulation où tous ceux reconnus coupables  doivent être sanctionnés et punis conformément par la loi comme dans tous les pays du monde.

 

Aujourd’hui, le peuple demande justice. La communauté internationale a un rôle à jouer, comme elle a toujours fait, mais cette fois dans le bon sens. Ce sera le signal d’une nouvelle ère pour démarrer le pays et inciter les Haïtiens à rester chez eux.

 

 

 

Férère Coffy, BAA, MAP

 

Montréal, QC. Canada

 

1er décembre 2017

 

 
Alors que le Président Jovenel Moïse et son Premier ministre Jack Guy Lafontant ne ratent jamais une occasion pour signaler combien la situation du pays est sur le point de se redresser, l’ancien Ministre de la justice Paul Denis dément.
 
L’équipe au pouvoir se spécialise dans le "bluff". Elle pense pouvoir duper tout le monde, déclare Paul Denis en réagissant sur l’ensemble des dernières déclarations des deux têtes de l’exécutif.
 
Le Président Moïse dit avoir comme priorité l’éradication de la corruption, mais rien ne se fait dans le concret de l’avis de l’ancien Sénateur de la République.
 
Lors de la présentation, en sa résidence privée, du bilan de son dernier semestre au pouvoir, le Premier ministre notait que la situation macroéconomique du pays se porte plutôt mieux ; le pays est en chantier ; la production agricole redynamisée.
 
"Toute cette énumération est fausse", martèle Paul Denis. Pour ce qui concerne particulièrement l’augmentation de la production du riz dans la vallée de l’Artibonite, évoquée par Monsieur Lafontant lors de sa présentation avortée au parlement mais "réussie" à son domicile, rien qu’en consultant les prix sur le marché l’on décèlera la vérité, déclare Monsieur Denis.
 
"Il faut que, décidément, tous les citoyens et citoyennes ayant l’ambition et la prétention de diriger le pays prennent au moins la peine d’essayer de comprendre ses problèmes. Ils devront travailler avec des équipes pouvant les aider à élaborer un projet cohérent avec des objectifs clairs, ainsi que les moyens de les atteindre" conseille l’ancien Garde des sceaux de la République.
 
Wadner Voltaire
 
HPN

 

 

Une éclipse solaire, totale ou partielle a, de tout temps, suscité la curiosité des Hommes et aussi leur frayeur quand la science et l’éducation n’ont pas encore chassé les ténèbres de la religion et de la superstition. Gabriel Garcia Maquez présente dans son superbe roman : De l’amour et d’autres démons, un extraordinaire personnage, le père Cayetano Delaura, féru de sciences, qui souffre d’un trouble de la vue pour avoir trop regardé une éclipse en se servant d’un appareil non approprié à l’époque dans son désir de comprendre le phénomène. On a vu aussi des scénaristes occidentaux se moquant de l’ignorance d’indigènes quand un personnage se prête le pouvoir d’obscurcir ou de faire disparaître le soleil alors qu’il est simplement au courant de la date et de l’heure du phénomène.

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Le porte-parole de l’alternative socialiste, Dr Jean Hénold Buteau a indiqué samedi, que l’arrêté présidentiel du 28 mai qui fait obligation au directeur général de la PNH d’avoir l’approbation du CSPN pour les décisions concernant l’institution policière, participe de manœuvres du pouvoir en place, qui cherche à prendre le contrôle de la force répressive en prévision des grognes que risquent de provoquer certaines décisions du président Jovenel Moise.

Le porte-parole du parti ASO, Alternative Socialiste, Jean Hénold Buteau, a indiqué ce samedi, que l’arrêté présidentiel du 28 mai qui contraint le directeur général de la PNH à obtenir l’approbation du conseil supérieur de la police pour toutes les décisions notamment d’ordre administrative de l’institution policière participe des mises en place de l’équipe au pouvoir qui cherche à contrôler la force publique pour mater les mouvements de protestation que risquent de provoquer certaines décisions du gouvernement.

Dr Buteau cite entre autres, l’ajustement annoncé des prix du carburant, rappelant que plusieurs secteurs de la vie nationale, se sont déjà prononcés contre cette mesure et ont annoncé des manifestations à travers le pays si elle est effectivement adoptée.

Ce n’est pas normal, dit Dr Buteau, que la population continue de vivre dans la crasse pendant que les dirigeants du pays vivent dans un luxe qui frôle l’exaspération. Le pire, déplore-t-il, c’est que c’est le peuple qui paie la facture.

Jean Hénold Buteau intervenait en marge d’une conférence débat organisée au local du parti par la ligue des jeunes socialistes, en prélude à la commémoration, ce lundi 4 juin, du 111e anniversaire de la naissance de Jacques Roumain.

Cette conférence-débat portait justement sur l’héritage de l’auteur du “Gouverneur de la rossée” dans la crise sociale actuelle. Les intervenants, Michel Acacia et Claude Roumain, neveu du disparu, ont rappelé la valeur des idéaux de Jacques Roumain.

C’était quelqu’un qui, quoique membre de la bourgeoisie haïtienne, aimait partager et ceci, dès son jeune age, a dit son neveu, Claude qui ajoute que Roumain était convaincu que, quelque soit la nature des problèmes auxquels nous sommes confrontés, il est possible de trouver la solution mais dans l’unité.


Par Dodeley Orélus

A la veille de 2004, l’année de notre bicentenaire de l’indépendance, un historien a publié aux éditions Autrementune diatribe pour laquelle il a choisi un titre plutôt provocateur : « Haïti n’existe pas. 1804-2004 : deux cents ans de solitude ». Dans cette satire démolisseuse, l’auteur, qui a été un proche conseiller de Jean Bertrand Aristide lors de son périple à Washington suite au coup d’état de 1991, s’attèle à décrire et raconter de manière fine mais avec une ironie particulière les causes d’une « défaite collective » de cette nation qui s’apprêtait à fêter le bicentenaire de sa victoire contre la barbarie esclavagiste.

L’exercice n’est pas sans intérêt. Haïti reste un pays dont l’histoirepassionne et le destin étonne. A charge ou à décharge, quelque chose intéresse tout observateur national ou étranger : comment ce pays a-t-il pu en arriver là ; Comment comprendre le passage de cette promesse au cauchemar qu’est devenue l’ile des caraïbes. Oui Haïti était une promesse. Elle était un exemple ; un modèle. Une référence pour tous les peuples de la terre en quête de justice et de liberté, sauf les puissances esclavagistes bien entendu. Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui explique cette décente aux enfers de la nation glorieuse ? C’est la question à laquelle chacun s’attend à une réponse.  

Comme certains, Christophe Wargny a donné sa version des faits. Il a commencé d’abord par montrer l’exceptionnalité de la révolution de 1804 conséquence d’un long déni et donc d’une interdiction d’exister, en passant par l’occupation américaine et la « dictature du sous-développement » incarnée par les Duvalier qui ont chauffé le pays au fer rouge. Mais c’est surtout à la période d’Aristide et de son mouvement politique Lavalas qu’il s’attardera. Si Aristide a sa part de responsabilité dans l’avortement de la « révolution » amorcée en 1986, il n’est pas le seul coupable. Christophe Wargny présente un ensemble de facteurs dont les diktats néolibéraux de FMI ou de la Banque Mondiale,  les problèmes environnementaux, l’impunité, l’absence d’un Etat de droit et surtout les pressions américaines qui, selon lui, contribuent à l’effondrement de l’Etat. Toutefois, dans l’ensemble du livre l’auteur tend à affirmer une chose : pour l’occident, Haïti n’existe pas, sauf quand elle est en crise.

Les événements de ces dernières semaines donnent l’occasion de revenir sur cet ouvrage. Des compatriotes fuyant les Etats-Unis traversent la frontière canadienne avec l’intention de demander asile et d’y demeurer. Cette information devient tellement virale sur le web qu’un Haïtien orgueilleux aurait même du mal à se connecter à l’internet de peur qu’il n’ait d’autre choix que de lire ou de regarder la calamité de ses frères et sœurs et donc son propre drame, car le malheur d’un Haïtien est le malheur de chaque Haïtien. 

L’ampleur de la sur-médiatisation de cet événement confirme une fois de plus la thèse de M. Wargny. Pour l’occident, Haïti n’existe que lorsqu’elle est en crise. Elle n’existe que lorsqu’il y a des images de chaos, de terreur et de désastre à exposer à la face du monde. C’est l’occasion de continuer de régler ses comptes avec ce petit pays avec des reportages et/ou des discours souvent d’une méchanceté gratuite. Que l’on songe aux discours construits autour du tremblement de terre de 2010 ou de la dénationalisation des Haïtiens d’ascendance haïtienne en République dominicaine ou encore et surtout du choléra qui s’abat sur ce pays à la fin de l’année de 2010, le constat est le même : acharnement médiatique. Malheureusement, l’occasion est donnée à chaque fois pour la reproduction de ces discours névrosés.

Mais une deuxième raison semble venir conforter la thèse de M. Wargny : Haïti n’existe pas, tout court, cette fois – même si moi je préfère parler de l’effondrement de l’Etat d’Haïti. Comment comprend-t-on que des personnes qui, fuyant un pays étranger, au lieu de retourner chez elles, préfèrent aller demander asile dans un autre pays ? Qu’est-ce qui les pousse alors à fuir l’idée d’un retour au bercail ? « Nous ne voulons pas retourner chez nous pour le moment […] L’avenir n’est plus aux Etats-Unis. L’avenir n’est pas non plus à la maison, en Haïti » (déclaration d’un refugié, radio canada, 4/08/2017). Il y a là quelque chose qui mérite toute l’attention. 

Que je sache, Haïti n’est pas en guerre ni occupé militairement au sens du droit international. Il n’y a pas non plus d’événements troublant gravement l’ordre public comme des catastrophes naturelles qui soudainement frappent le paysj ustifiant le comportement de ces Haïtiens (au sens de l’Article III(3) de la Déclaration de Carthagène de 1984 sur les réfugiés). Le fait que des Haïtiens qui essayent de s’extraire de la menace Trump préfèrent se rendre dans un pays tiers au lieu de de se préparer à revenir dans leur propre pays confirme que quelque chose ne va pas chez eux. Cela confirme qu’ils ne se reconnaissent pas dans l’Etat d’Haïti. En d’autres termes, cet Etat n’existe pas pour ces gens.

Cet épisode en dit long de la perception des Haïtiens, notamment les infortunés, de leur pays. La vérité c’est que ces derniers sont à la recherche de la vie. Ils poursuivent leur rêve d’un développement personnel, d’un confort et d’un bien-être qu’ils ne voient malheureusement pas chez eux. Bref, les gens fuient la misère et l’absence d’avenir. Ils refusent de revenir à bord d’un bateau naufragé. Ils boudent l’idée de revenir dans un pays empêtré dans une « crise multidimensionnelle » : crise économique, crise sociale, crise de confiance, corruption, problèmes environnementaux, problèmes sanitaires, insalubrités, chômage etc.   

Quelle leçon à donc en tirer?

Cette triste réalité offre à l’Etat et aux élites d’Haïti une nouvelle occasion  de s’asseoir et de discuter de ce qu’ils veulent faire du pays. Je veux insister sur ce point car la planification et le développement d’un pays se font par les acteurs nationaux. Ces derniers doivent se mettre ensemble pour définir des objectifs précis de développement et de la méthodologie à adopter pour y parvenir.

Haïti n’est pas fondamentalement pauvre. C’est un pays « dépecé » et appauvri par ses « bienfaiteurs » et ses élites dirigeantes corrompues. Ces derniers événements donnent au pays l’occasion de régler une fois pour toute la question de la corruption. C’est le moment de la reddition des comptes. Des sommes faramineuses ont été dépensées sans que la population ne sache où va l’argent. Je pense notamment au fonds petrocaribe. C’est le moment aussi pour l’Etat de rationnaliser ses dépenses. Un pays qui a tous ces problèmes ne peut pas se permettre de faire des dépenses futiles. J’en veux pour exemple les 197 millions pour la caravane + les 100 millions pour la sécurité du chef de l’Etat (Loop, 28 avril 2017).

Il n’y a pas longtemps que des pays de l’Amérique latine ou de l’Asie étaient dans une crise financière et sociale à peu près sinon comparable à celle d’Haïti. Mais ces pays ont su trouver la formule qui marche. Leurs élites nationales ont planifié « le développement de l’économie et fixe des objectifs aux entreprises du secteur privé. Elles utilisent les entreprises du secteur public pour créer les conditions plus favorables au secteur privé, leur accorde des subventions, les aide à se doter d’une main d’œuvre qualifiée et favorise les innovations scientifiques et technologiques pouvant accroître la productivité, améliorer la qualité des produits et conquérir les marchés extérieurs ». Aujourd’hui, certains de ces pays sont même en concurrence avec l’occident capitaliste. Je pense notamment au Brésil, à la République dominicaine, au Chili, à la Malaisie ou au Singapour.

Haïti doit s’inspirer de l’expérience positive de ces pays. Elle doit faire appel aux compétences locales pour définir et élaborer des stratégies et politiques de développement. Ces compétences existent même si leur nombre est limité, alors que faute de leur intégration beaucoup d’entre eux vont ou retournent en occident qui offre une meilleure condition de vie et de réussite.

De leur côté, les intellectuels doivent aussi s’organiser. Ils doivent prendre des initiatives, mettre l’accent sur la réflexion et la recherche, organiser des publications comportant de contenu pertinent et rigoureux et les diffuser auprès des autorités. Pour qu’elle soit utile au développement, l’activité de la recherche doit nécessairement prendre la forme d’une activité de grande importance sociale et non celle d’une activité individuelle.

A côté de l’élaboration et la mise en application de cette stratégie nationale de développement, l’Etat comme superstructure doit investir massivement dans la construction des infrastructures et dans l'éducation. Ces biens non marchands, comme l’a fait remarquer Adams Smith dans son essai sur la cause de la richesse des nations, sont tout aussi importants pour le développement et le progrès économique. 

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Haïti a besoin de se redresser. Elle doit valoriser ses compétences, consolider son capital humain, améliorer ses infrastructures. Bref, l’équation à laquelle les élites d’Haïti se doivent efforcer de résoudre se résume en quatre mots : rendre le pays vivable. C’est ainsi qu’elles redonneront au pays sa fierté. Ce faisant, les Haïtiens se sentiront bien chez eux et auront le gout d’y rester. Sans cet effort, nous continuerons d’envoyer cette image négative et avilissante d’un pays banni et rejeté même par ses propres ressortissants. Et Haïti continuera d’exister parce qu’il y aura toujours des désastres.

 

Moise Jean

Doctorant en droit

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Photo: CNews

Le sociologue Fritz Dorvilier, conseiller technique au secrétariat technique des Etats Généraux sectoriels  de la nation, assimile à de la gesticulation, la façon dont les forces armées ont été remobilisées alors que la question va être débattue dans le chapitre traitant de la gouvernance politique dans le cadre des EGSN.

Pour le professeur Fritz Dorvilier, la population peut encore donner son opinion sur le genre d’armée qu’elle veut pour le pays et elle peut le faire à travers les états généraux sectoriels de la nation. 

Fritz Dorvilier soutient qu’il n’y a pas d’armée sans la constitution de la super structure, c’est-a-dire, une loi cadre votée par le parlement, des règlements internes et des infrastructures que sont entre autres les casernes.

La procédure qui a été utilisée n’est pas la bonne. C’est un grain de sable dans le moteur de la machine, c’est un élément qui gène, a-t-il dit.

Tout ce qu’on fait aujourd’hui, qu’il s’agisse des rencontres entre les autorités haïtiennes et mexicaines autour des forces armées, ne s’apparente qu’a des gesticulations, selon le sociologue. 

S’il affirme prendre acte de la volonté affichée par le président Jovenel Moise, le professeur Dorvilier pense que ce dernier aura la possibilité d’en donner la preuve en mettant en application les recommandations faites par la population à travers les Etats généraux sectoriels de la nation, notamment au sujet de l’armée.

Par Dodeley Orélus

Photos : LeNouvelliste

 

Yves Roblin est responsable de la Direction de la planification et de la Coopération externe (DPCE) du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). Comme tous ceux-là qui s’expriment suite au départ éternel du feu écrivain et éducateur, Jean Claude Fignolé, Yves Roblin s’est accroché aussi à la plume pour esquisser ses propres mots. Mais des mots qui mettent un accent particulier sur la magnanimité du Collège Jean Price-Mars qu’il considère comme un patrimoine, dont Fignolé a été membre fondateur. Yves Roblin a choisi de partager ses lignes aux lecteurs de HPN.

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"Moi-même, dans mon métier de journaliste, j'ai été victime de grandes menaces pour avoir osé parler de la question", a martelé, l'air affligé, ce dimanche 13 mai, l'historien Georges Michel, en intervenant sur un point ayant rapport à l'annonce par le gouvernement de l'augmentation  prochaine des prix de l'essence, lors d'une conférence organisée par le Centre de Recherche, de Réflexion et d'Action Sociale (CERFAS).

"Je me garde de continuer à en parler", a-t-il ajouté.

"Le sous-sol haïtien contient du pétrole. Pourquoi ne pas faire l'effort nécessaire pour l'exploiter?" se demande l'historien.

L'on préfère le faire venir de l'extérieur parce que ce serait plus facile, regrette le Professeur.

Georges Michel en a profité, malgré tout,  pour revenir sur un article publié depuis 1958 dans un journal de Caracas dans lequel les lieux et les valeurs économiques des gisements de pétroles se trouvant sous le sol d'Haïti ont été précisés.

Cette conférence présentée par le Docteur Georges Michel et le Professeur Wesner Emmanuel, en prélude à la célébration du 215ème anniversaire du drapeau haïtien, a été réalisée autour du thème " Le drapeau national et les idéaux des pères de la révolution haïtienne à la source de notre fièreté nationale".

Dans le cadre de ses rendez-vous mensuels dénommés les dimanches du CERFAS, la structure se donne pour mission de créer un espace de dialogue sur les grandes questions nationales, selon son directeur, le Père Kawas François.

 

 

Wadner VOLTAIRE

Un sommet sur l’apprentissage mobile se tient cette semaine à Paris, du 20 au 24 mars 2017, en vue d’échanger sur ce point essentiel de l’utilisation du mobile comme outil devant faciliter la poursuite des services éducatifs même dans un contexte difficile d’urgence et de crise. Haïti prend part à ces assises par le biais d’une délégation du ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP).

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