Les diplomates en Haïti, mis à part quelques Ambassadeurs qui se sont clairement exprimés sur l'avenir de Jovenel Moïse, semblent jouer double jeu sur le dossier d'Haïti : Garder le Président en place pour forcer les casses et les affrontements et faciliter le retour des casques bleus avec à l’affût des "projets humanitaires" pour sauver la population. Ce serait donc une nouvelle manne pour l'institution onusienne en pleine crise financière.

 

Jamais crise le risque d'un affrontement entre parties rivales n'a été aussi évidente et qui a laissé la Communauté internationale insensible avec un appui inconditionnel à un Président aussi décrié par son peuple et écroué par des rapports de corruption, une bataille que la communauté internationale entend mener dans presque tous les pays du monde pour enrayer l'inégalité.

 

Un rapport de "Transparancy International" publié en 2016 avait souligné ceci : "L’année 2016 a montré que, dans le monde entier, la corruption systémique et l’inégalité sociale se renforcent mutuellement, conduisant à une désillusion populaire vis-à-vis du monde politique et fournissant un terreau fertile à la montée des politiciens populistes". 

 

L'évidence montre que cette communauté a tous les outils pour forcer Jovenel Moïse dont le nom est cité 69 fois dans un rapport publié par la Cour supérieur des comptes et du contentieux administratif(CSC/CA), soit la plus haute instance de vérification sur les dépenses  au niveau du secteur public. La Politique est donc devenue la règle morale et les engagements signés sont devenues de la rigolade diplomatique.

 

 Dans ce même rapport, on lit : La corruption et l’inégalité se nourrissent l’une de l’autre, créant un cercle vicieux entre la corruption, la distribution inégale du pouvoir dans la société et la répartition inégale de la richesse. Comme l’a mis en évidence l’affaire des « Panama Papers », il est encore trop facile pour les riches et les puissants d’exploiter l’opacité du système financier mondial afin de s’enrichir au détriment du bien public.

 

Pourquoi donc continuer à supporter Jovenel Moïse celui que les mandants ne disent plus supporter les mensonges et les actes de corruption facilitant à ses proches amis de s'enrichir au détriment du bien public ? En témoigne sa dernière tentative avec la SOFIDAI et en passant l'affaire DERMALOG impliquant jusqu'au cou la femme du chef de l'Etat. 

 

La question reste entière et fait sérieusement penser à une absence de volonté de la communauté internationale notamment les diplomates en place à Port au Prince de combattre la corruption en Haïti et de  laisser pourrir la situation en laissant les bandes rivales s'affronter et obtenir le chaos. malgré les appels répétés des diplomates étrangers, l'opposition a toujours refusé de s'asseoir avec Jovenel Moïse.

 

Pourquoi dialoguer avec quelqu'un qui ne présente aucune garantie et dans la forme et dans le fond ?  avait lancé le Sénateur Youri Latortue. Et Comment avoir confiance en quelqu'un qui n'a fait que mentir à sa population sur des promesses non tenues ? a renchéri le sénateur Antonio Chéramy.

La lutte des Petrochallengers pour obtenir des explications sur les 4.2 milliards de dollars dilapidés et les manœuvres de l'Administration de Jovenel Moïse pour empêcher la tenue du procès témoignent d'une réelle volonté du chef de l'Etat de maintenir le statu quo de l'impunité et d'encourager davantage la corruption dans le pays.

 

Certains signaux aussi clairs et visibles envoyés  par l'Administration de Jovenel Moïse auraient dû mettre des puces à l'oreille des diplomates en Haïti. Mais Le président de la République semble être la garantie des diplomates américains dans leur bataille contre le Venezuela.

 

Mais pour l'histoire, le Président de Transparancy International en 2016 José Ugaz avait terminé ce rapport sur la corruption en ces termes: " Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe d’attendre. La corruption doit être combattue d’urgence, afin que la vie des gens s’améliore dans le monde entier". Fin de citation.

 

Aujourd'hui, Haïti est au bord d'une crise humanitaire. Une économie qui se détériore de jour de jour avec un taux d'inflation de 19.5% , des bandes armées qui font la Loi et qui empêchent les activités économiques, plus de 2 millions de personnes menacées par la famine et le dysfonctionnement des hôpitaux. Comment faut-il comprendre l'urgence et le combat contre la corruption dont parle l'International avec autant d'indices dans le rouge?

 

HPN 

 

 

 

Les positions se radicalisent et les citoyens attendent de manière déterminée le dernier geste de Jovenel Moïse. Avec la paralysie totale des activités dans le pays, la population Haïtienne montre le visage des années 80 notamment l'année phare de 1986 où Jean Claude Duvalier avait enfin compris qu'il devait partir.

 

Les rues sont bondées de tonnes de détritus, les carcasses de voiture font bon ménage avec les carbones de pneus enflammés, des pierres, des tessons de bouteilles : C'est franchement le chaos. Jovenel Moïse joue ses dernières cartes et attend les résultats d'une éventuelle rencontre entre la délégation conduit par Edmond Bocchit et le Président Donald Trump.

 

Des changements effectués à l'emporte pièce par le Président témoigne d'un malaise de dernière minute. C'est également le signal d'une tourmente à l'interne entre les pro-Jovenel et les pro-Martelly. Bref, Le parti Tet Kale implose et tôt ou tard Le chef de l'Etat finira par tirer les conséquences.

 

Les Médias se positionnent 

Rares sont les médias qui gardent leur neutralité dans cette lutte acharnée pour ou contre le départ de Jovenel Moïse. Pour certains des médias, ;les chiffres et les faits montrent bien l'incapacité de Jovenel Moïse de mener à bien la barque de la nation. Taux d'inflation 19.2%, la pauvreté des petites bourses, la mauvaise gestion des collectivités, les dépenses pour la caravane sans résultat, les actes de corruption enregistrés et les scandales à répétition dans lesquels le Président lui-même est impliqué.

 

D'autres médias, pour justifier les dérives du pouvoir accusent les accusateurs comme pour dire : "Chère population je vous demande d'accepter la corruption parce que nous sommes corrompus". Une attitude que l'on peut remarquer dans le comportement de certains journalistes qui caressent certains invités au micro avec des questions proposées alors qu'ils s'acharnent  sur d'autres invités de l'opposition.

 

Ce positionnement peut être compris et Haïti n'est pas le seul cas. On l'avait vu lors des dernières élections aux Etats unis entre CNN et FOX NEWS. Mais, il faut le comprendre, le contexte n'est pas le même. Nous sommes dans une situation explosive et chaotique où la moindre étincelle peut provoquer une guerre civile.

 

Les médias, de l'un ou de l'autre coté, n'ont pas joué la carte de l'apaisement. Même si les chiffres paraissent donner raison, l'incitation à la violence est dangereuse et pourrait déboucher sur un véritable massacre de clan et faciliter le retour des américains sur le sol haïtien.  Tout compte fait, la nation aura payé d'avoir accepté l'inacceptable. Le choix de Jovenel Moïse précédé de Joseph Michel Martelly comme chef d'Etat a été la pire erreur de nos élites qui savent bien que les mêmes erreurs produisent les mêmes effets. 

 

 

Les dés sont pratiquement jetés et la population a reconnu ses erreurs et elle demande un geste patriotique à Jovenel Moïse après un énième discours qui n'a pas convaincu. Monsieur le Président, il n'y a plus rien à faire que le geste demandé par la population car malgré ses bêtises à la tête de l'Etat français, Jacques Chirac est honoré à sa mort parce qu'il était un visionnaire politique et un patriote pur sang. Chirac c'est celui là qui avait accepté la cohabitation avec le socialiste Lionel Jospin pour sauver la Patrie.

 

 

Quelques heures après l'annonce de la mort de jacques Chirac, voici le témoignage de Lionel Jospin : "C’était une période politiquement complexe parce que c’était la cohabitation, j’ai sûrement conduit une politique intérieure différente de celle qui aurait été la sienne. Mais en politique étrangère, nous avons veillé tous deux à ce que la France parle d’une seule voix et soit respectée sur la scène internationale", estime l'ancien Premier ministre socialiste, retiré de la vie politique depuis l'élection présidentielle de 2002.

 

Monsieur le Président, votre geste dans ce chaos ne passera pas inaperçu. Le peuple vous sera reconnaissant ! 

 

HPN

 

 

 

Les  démarches du président Jovenel Moïse  de faire venir des experts de l'organisation des Etats américains révélées par le Miami Herald ne sera certainement pas la dernière goutte pour renverser le vase. La situation renverse tout le monde face à cette stupidité  qui alimente le débat depuis ces deux dernières semaines dans le pays. 

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Par Pierre Raymond DUMAS

 

 

 

Ancien Directeur du Département d’Administration et des Politiques Scolaires de la Faculté des Sciences de l’Education de l’Université Laval, membre fondateur de l’Université Quisqueya et ancien Directeur de Cabinet du Premier ministre Jacques Edouard Alexis, Antoine Ambroise, le professeur engagé dans la bataille d’une autre Haïti, a effectué entre 1971 et 2016 un survol édifiant de la Réforme Administrative en Haïti. Ceux qui le liront trouveront des informations de premier plan, à l’époque des réseaux sociaux. Pontifier occulte réformer dans un pays où le pouvoir classe et déclasse sans changer quoi que ce soit. Sa démarche mélange la recherche, la réflexion, le doute, l’archivage et la critique. Difficile, sans nul doute, de résumer rapidement un bouquin pareil, préfacé par le recteur de l’Université Quisqueya Jacky Lumarque. Et finalement non.

 

Tomber dans le bavardage, cette catégorie vague, chicanière et médiatique, est pour certaines raisons un risque à l’époque actuelle. Un risque à éviter. Ça l’est toujours dans quelques cercles pseudo-intellectuels, du pays et ça semble le redevenir pour des raisons apparemment plus politiciennes ; des institutions et des figures connues ne cessent de lancer des injonctions à penser et à vivre dans l’intérêt de tous. Remplacer une chose par une autre sans se soucier du risque pris reste une excellente façon de se tromper, et c’est pourquoi ce travail de mémoire écrit avec rigueur allant du président « à vie » Jean-Claude Duvalier au président « démocratiquement » élu Michel Joseph Martelly, porte sa charge insolente, sa limpide et récalcitrante positivité.

 

Antoine Ambroise, depuis toujours, est un technicien. Avec une intégrité exemplaire et un grand dévouement, il avait participé aux côtés du Premier ministre Jacques Edouard Alexis aux nombreuses tentatives de réformes initiées sous le président René Préval, réformes aujourd’hui oubliées dont ce livre est un exemple palpitant qui a beaucoup à nous apprendre. Sans relâche, avec la même foi en l’avenir de la patrie commune, il continue d’écrire et d’être, à sa façon, un patriote avisé qui n’est pas un réformateur spécialiste en droit administratif pour rien : le concept, ici, n’éteint jamais sous le discours, la littérature y afférente qu’il remet en cause. Tantôt descriptif tantôt explicatif, il la magnifie en la déboîtant, en systématisant. Avec un luxe de détails et de rappels, il la fait vivre en la plongeant dans le flux du réel (société civile, communauté internationale, acteurs étatiques).

 

Le grand problème auquel il s’attèle, c’est l’opposition, qui lui semble dévastatrice, pour l’avenir du pays entre le néo-patrimonialisme et la modernisation institutionnelle. D’un côté, le Commissariat national à l’administration et à la fonction publique (en lieu et place de la Commission administrative) avec Gérard Dorcély, Jacques Lorthé et Rémy Mathieu sous Jean-Claude Duvalier, mais qui s’et épanouie surtout au siècle suivant sous la forme de l’Office de management et des ressources humaines (OMRH) créé par arrête en date du 4 juin 2009. De l’autre, une sorte de stagnation et d’immobilisme sans fin. Ce sont d’abord des réformes élaborées par des experts tant nationaux qu’internationaux, inabouties, comme il y a des traces de réformes détournées, mal adaptées, incapables de se substituer véritablement à cette culture politico administrative hostile au changement visant à faire perdurer notre pays tel qu’il est depuis si longtemps. Ces informations sont assemblées et retraitées, comme dans certaines sonates, selon d’infinies variations. On baigne dans ces projets de renouveau imposés par toutes sortes de pouvoirs, de motifs, de blocages, de malheurs, et c’est ainsi, par une série d’« habitus » rétrogrades, qu’on s’en attache : La Réforme Administrative en Haïti (Survol et bilan d’une politique publique 1971 – 2016) d’Antoine Ambroise est hélas une leçon de mauvaise gouvernance, disons-le comme ça, mais sans humour.

 

Bref, il trace là l’un des portraits structurels les plus perspicaces d’Haïti au-delà des années 70. Portrait qui n’a pas tellement vieilli. Portrait d’apocalypse, pourrait-on dire, puisqu’il problématise les échecs, les causes de l’archaïsme. On trouve d’ailleurs des échos des idées et des conclusions de son auteur haïtiano-canadien chez nombre de nos contemporains, à commencer par Cary Hector. Il est vrai que la lecture de ce livre-bilan, sans précédent, est tellement stimulante qu’elle donne l’envie d’en découvrir davantage sur notre compatriote, esprit méthodique, un peu costaud, mais tellement lucide, enrichissant. Dans ce conscient aller-retour entre passé et histoire récente, il ne recherche pas à faire système, mais c’est bourré d’analyses pertinentes éclairées par une bibliographie fort instructive et des sources relatives au Cadre légal/réglementaire de la réforme administrative. Par exemple, lorsqu’il oppose les politiques dans leurs différentes étapes du processus de réforme et les ressources dont les acteurs disposent. Celles dont la pensée s’appuie, globalement, sur celles liées au manque de leadership et d’engagement des acteurs politiques de l’Exécutif, à la trop grande influence des acteurs externes, à l’inefficacité des acteurs du cadre institutionnel de réforme, etc. Et qui aspirent, au contraire, à détruire l’œuvre de leurs devanciers. C’est un réflexe nocif, mais aussi glacial et désert, suspicieux envers toute forme de continuité.

 

Et surtout incapable de penser l’historicité ou la contingence : l’Administration publique est apolitique et intemporelle, répète-t-on. Elle ne connaît pas la différence entre les gouvernements, les expériences particulières, des individus ou des partis. Investie dans le domaine politique, en continu, l’instabilité mène aux tables rases ‘‘révolutionnaires’’. Quant à la culture administrative placée sous le signe de la seule raison, elle se résume à la bureaucratie et évolue constamment dans les sociétés modernes. Pour être vivante, une administration d’Etat doit être vécue sur le mode des fonctions organiques, dédiée au bien commun. On doit réformer comme on digère, comme on s’accouple. Sans l’intervention du rationalisme, l’Administration publique se coupe du monde et devient contre-productive. Cette conception de l’Etat, garant de la concorde sociale et de la paix publique, est fortement reprise par Antoine Ambroise qui, s’il convenait qu’elle était une étape primordiale dans la modernisation du pays en lien avec le développement et la croissance, n’explique pas tout.

 

Toutefois, il a mis l’accent sur la temporalité de la maladministration et, de là, il s’est interrogé sur la place et l’utilité de cette dernière dans les différents temps forts de notre vie publique, et c’est ici ce qui nous importe. D’échec en échec, de pouvoir en pouvoir, avec minutie, il montre combien la sous-administration est au cœur du déclin national. Elle est liée à la mauvaise gestion des structures étatiques. Ce qui est en jeu dans la poursuite de la mise en œuvre de la politique de réforme administrative en Haïti, ce sont les facteurs de blocage : la volonté politique qui implique forcément l’appropriation de la réforme par la population elle-même. Cette diversité d’objets de recherche s’articulait cependant à une colonne véritable : la réflexion sur l’avenir du pays et son agir dans le monde, avec et pour la collectivité. Réduire le travail d’Antoine Ambroise à ses trouvailles historiques serait une bien criante injustice, et nous empêcherait absolument de comprendre pourquoi et comment celles-ci sont décrites.

 

L’administration d’Etat, par son lien au pouvoir, au bien-être général et au progrès économique, contribue à l’identité sociale de l’individu ; elle participe à son épanouissement ou à l’échec de la société. L’autorité publique est un « point frontière », à la croisée d’une enveloppe individualisée et d’une expérience collective, à la fois récepteur et acteur de normes intériorisées. Enfin, avec quelle clé méthodologique expliquer cette expérience malheureuse ? Pour Antoine Ambroise, la réponse était évidente : la pluridisciplinarité, « l’interdisciplinarité », « l’interpénétration », qui englobe politique, relations internationales, aide au développement, statistiques, sociologie, histoire, économie, gestion, en somme, toute l’infinie panoplie du savoir humain. Qui affine les analyses et prépare les décisions. Cette pluralité d’intérêt et sa pensée résolument non dogmatique – qui ne se laisse donc pas résumer en quelques formules – expliquent qu’il soit encore méconnu en Haïti.

 

 

 

Pierre-Raymond DUMAS

 

 

 

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Antoine Ambroise, La Réforme Administrative en Haïti. Survol et bilan d’une politique publique (1971 – 2016). PressUniq, L’Imprimeur, Port-au-Prince, Haïti, s.d. (2019)

 

 

 

 
 
C’est autour de cette question que s’est tenue, le samedi 22 juin 2019, une édition philosophique de l’émission hebdomadaire TOP HAITI diffusée sur les ondes de la Radio D’S FM 104.7 (sur tunein Radio D’S et sur impartialnews.info). En effet, Ralph Jean-Baptiste Philosophe et Membre de l’Association Culturelle Café Philo d’Haïti, Jehufendy Joseph, Avocat,  Philosophe et le Professeur d’histoire à l’Ecole Normale Supérieure (ENS), Roger Petit-Frère ont débattu de ce sujet suivant les animateurs de ce show radiophonique.
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La détention préventive prolongée a fait couler beaucoup de salive de discours intempestifs de toutes parts. En dépit des dispositions prévues pour enrayer ce problème, celui ci ne fait que s'empirer. Depuis seulement six mois, la nouvelle administration du parquet de Port-au-Prince a renversé la tendance en ramenant la détention préventive prolongée  à 69% par rapport à 96% et 92% qui correspondent respectivement à l'administration de 2006-2009  et celle de 2016-2017 selon les sources de la Commission Interaméricaine des Droits Humains (2009) dans le premier cas  et les organisations des Droits Humains, dans le second.
 
Des progrès sont enregistrés, malgré les paralysies causées par la conjoncture actuelle d'instabilité politique. Le parquet de Croix-Des- Bouquets a tenté de timides efforts ponctuels pour pallier ce problème,  dans le même contexte. Sous le coup des luttes sociales, le principe de liberté était garanti. Ainsi a-t-il été promulgué la loi du 6 mai 1927 relative à la comparution immédiate. Ce, en pleine occupation étasunienne d’Haïti. Il est écœurant que cette loi ne peut être appliquée jusqu'à date dans le pays de  Dessalines .Le  laxisme des agents de la chaine de justice et l'effritement de l'appareil judiciaire sont préjudiciables au respect des libertés dans un pays qui a banni l'esclavage et promu l'humanité.
 
Le Pénitencier national, le principal centre de détention du pays, conçu pour un effectif de 800 détenus est engorgé entre 4,000 et 4,900 pour connaitre une baisse considérable avec un effectif actuel de 3,352 (Vant Bef Info, 5 juin 2019) détenus pour un total, au niveau national, de l'ordre de 11,600 (Source, Organisations des Droits Humains). Les enfants en situation d’enfermement, particulièrement au Centre de Rééducation Pour Mineurs en Conflit avec la loi, sont passés de 88% a 40% (Source du Parquet de Port-au-Prince) Pour le Commissaire Paul Eronce Villard, la détention préventive prolongée s'apparente à une nouvelle forme d'esclavage. Ce qui complète la nouvelle typologie qui rattache à l'esclavage moderne: le sort des ouvriers sous payés dans nos usines de sous traitance, celui des braceros haïtiens dans les bateys de la République Dominicaine, des travailleurs dans les champs de tomates et d'agrumes en Floride, les enfants en domesticité, les personnes ayant subi la zombification et les esclaves sexuels.
 
Le magistrat Villard clame que la détention préventive prolongée est une forme d'esclavage moderne. C'est une thèse qu'il convient de développer dans nos facultés de sciences juridiques aussi bien que dans les sciences humaines et sociales. En effet, la prison devrait être l'exception dans la famille des sanctions. Le projet de code pénal haïtien envisagerait plusieurs alternatives.  Selon Goffman,  la prison  relève de l'ordre des institutions totalitaires. C'est de l'illégalisme institutionnalisé. « Peu importe la durée de la détention  celle- ci imprime sur le détenu la marque de stigmate ». La personne peut être réduite dans ses facultés au stade de quelqu'un qui perd son identité et connait une dégradation de l'image de soi. Il perd aussi des liens significatifs. La prison réunit des conditions pour stimuler l'instinct de délinquance quand elle provoque la récidive des détenus et la fabrication de délinquants, ce qu'ont rapporté Jean Almando François et Maurice Marquis dans leur mémoire de licence en Service Social sous la direction du professeur Hancy Pierre.
 
Il est bien pertinent de considérer la détention préventive prolongée comme une forme d'esclavage vu ses conséquences en termes de déshumanisation.
 
Le nouveau titulaire du parquet de Port-au-Prince vient se faire une nouvelle approche de la question de la détention préventive prolongée qu'il se propose d'attaquer en optant pour une gestion célère des dossiers au regard de la loi du 6 mai 1927. 
 
 
La nouvelle administration du parquet de Port au Prince fait aussi la promotion des valeurs liées à l'intégrité, la compétence,l'honnêteté, l’assiduité dans le travail et l'engagement citoyen. Voila un modèle de magistrat à répliquer dans un pays dans lequel les valeurs éthiques sont en pleine déliquescence.
 
 
Référence bibliographique-Marquis M. (2019), problématique de la prise en charge des mineurs en conflit avec la loi en Haïti. Etude de cas faite sur le modèle de prise en charge du Centre de Rééducation pour Mineurs en Conflits avec la loi. (CERMICOL) de 2010 à 2015, Faculté des Sciences Humaines, UEH. Haïti, Mémoire non publié.
 
Hancy Pierre Professeur à l'Université, 21 juin 2019
 
 
 

 

 

Le Rapport des États généraux sectoriels de la nation (EGSN) met en évidence les défis de la modernisation de la vie politique, économique et sociale haïtienne. Ces défis concernent principalement la prédominance de certaines pratiques régies par la violence, dans les domaines politique, économique et social : des pratiques qui utilisent la force ou des stratagèmes multiformes pour soumettre, contraindre autrui, ou pour obtenir un gain sans contrepartie ; et donc en contradiction avec les principes de légalité, de souveraineté populaire, de liberté et de justice consacrés par la Constitution.

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Depuis plus d'une quinzaine d'années, disons mieux après le départ de l'ex-président Jean-Bertrand Aristide le 29 février 2004, le quartier de Martissant est devenu sur presque tous les plans, un véritable défi pour les autorités constituées, notamment en ce qui concerne la sécurité. Un avis partagé d’ailleurs par de nombreux résidents, avides d’un minimum de tranquillité et de paix dans ce quartier misérable mais bondé aussi de gens honnêtes en dépit de toutes les difficultés.

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Des milliards de dollars disparus, personne n'est responsable; des rapports sortis des mandats émis, aucun des convoqués ne s'est présenté au tribunal. Un gouvernement démissionnaire liquide les affaires mourantes pardon... courantes cela ne semble déranger personne; pas de budget mais des millions de dollars sont dépensés au nom de quelle loi; des parlementaires sont chèrement payés pour ne rien foutre comme législateurs sinon vendre leur vote à prix fort pour un éventuel vote de confiance.

 

 

Nos parlementaires n'ont rien voté pour nous protéger des ordures  envoyés dans la République pour être consommées malgré la caravane de Jovenel Moïse qui nous promettait monts et merveilles avec en passant des millions de dollars gaspillés. Et comme cadeau, l'inflation est passée de 14 à 18.7%. La cerise sur le gâteau, des millions de dollars injectés dans l'économie pour pallier le problème de la gourde. Mais pour qui on nous prend ? On fait payer à cette population le prix de la sous-production, une population qui n'a même pas accès aux soins de santé parce les hôpitaux ne fonctionnent plus et les rues couvertes d'ordures et qui ne semble déranger personne.  On a tout compris parce qu'on n'est pas dupes.

 

La mise en scène continue encore et encore avec de nouvelles têtes inconnues comme si personne ne comprendrait ce petit jeu de coquin avec la nomination de Fritz-William Michel, cet extrémiste rattrapé par les réseaux sociaux; comme si les richesses accumulées ces dix dernières années n'étaient pas suffisantes et comme si la pauvreté des plus vulnérables n'était pas à son comble. Et comme si le cri de la rue n'était qu'un jeu d'enfant. On est bien dans cette République de cons où le peuple est pris pour un idiot comme l'élève "Ducobu". 

 

Mais Ducobu n’était pas si idiot que ça, et on l'a compris à la fin. Puisqu'au fait, il n'était pas si brillant dans la classe c'est vrai, mais dans la pratique du quotidien, c'est lui qui trouvait les solutions pour sortir les autres du pétrin. Le peuple haïtien est pris pour un grand Ducobu. Il est berné à longueur de journée; menti par nos élites corrompues. Ce peuple est oppressé, trahi par ceux-là mêmes à qui il a donnés mandat pour le représenter.

 

Un peuple oppressé et banni par ses dirigeants qui n'en veulent qu'à leurs poches. En moins de 10 ans de pouvoir, des administrateurs publics sont devenus richissimes sans exagération. Des signes de richesse extérieure sont manifestes et personne n'est toujours pas responsable. Des milliards de dollars dépensés malgré la présence de l'ULCC, de l'UCREF et enfin de la cour supérieure des comptes, personne n'est responsable sans parler de jeunes garçons qui n'ont jamais travaillé de leur vie et qui sont devenus  extrêmement riches. Waw !!! The American Dream !!!

 

Aujourd'hui plus de deux millions de personnes sont menacées par la faim, mais l'affaire Arnel Joseph semble préoccuper davantage les médias que cette menace de la famine. Payer des lobbyistes pour refaire l'image du gouvernement que penser à ces milliers de jeunes au chômage, montre le coté fachiste et inhumain de ce gouvernement "bon viveur".

 

Avec un homme d'affaire au pouvoir aucun plan de lutte contre le chômage sinon une loi pour embaucher plus de jeunes filles perdues dans un système éducatif moribond et qui iront remplir les industries d'assemblage. C'est le rêve américain pour nos jeunes ! .... On a tout compris et on n'est pas dupes.

 

Le pire, ces hommes et femmes prennent d'assaut la justice haïtienne utilisant intelligemment la faiblesse des institutions pour imposer leur règle du jeu. La preuve, de hauts responsables sont mis en accusations mais pas d'arrestation; la justice est publiquement vendue aux plus offrants. Les mandats des juges renouvelés mais pas sans conditions; des fonctionnaires de l'état écroués sous pression des organisations de droits humains sont ensuite relâchés sans trop de problème. On est dans une belle République, n'est ce pas ? Mais au fait, on a tout compris, on n'est pas dupes. 

 

C'est donc le secrétaire général des nations Unies qui résume bien la situation dans son rapport au conseil de sécurité des Nations unies : "Haïti est une bombe à retardement." Les jours viendront et l'on comprendra que cette fière nation avait tout compris car les va-nu-pieds qui ont mis en déroute l'Armée Napoléonienne en 1803 connaissent toujours leurs oppresseurs. Et dans cette perspective, on connait toujours la fin dès le commencement.

 

 

HPN

 

Le roi est mort vive le roi! Ce slogan qui a eu cours en Europe, particulièrement à la Cour française, et a traduit non seulement le principe théologico-politique du "double corps du roi" célèbrement étudié par Kantorovitch, en ce que le roi détient à la fois un corps physique (charnel) et un corps mystique qui assure la pérennité de la royauté (liée au sang ou à l'héritage biologico-mystique du lien de sang et de l'origine divine) par-delà la mort,  renferme un autre sens supplémentaire.

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