Faut-il changer de régime politique en Haïti  pour résoudre les problèmes de fond ?

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Cette question est revenue dans toutes les discussions politiques de 2000 à nos jours et récemment lors de la tenue des Etats généraux sectoriels de la Nation dans le Nord, Le Nord Ouest et le Nord Est du pays.

C'est un régime hybride qui accorde trop de privilèges aux parlementaires qui n'en font qu'à leur tête a souligné le délégué de Ouanaminthe Armand Baptiste. Le constat est pareil pour le représentant de Caracol Wagnex Etienne qui fustige ce régime qui offre trop de possibilités et d'opportunités aux députés et aux sénateurs de faire du marchandage qui, à son avis, est une forme de corruption.

Certains préféreraient un régime politique présidentiel où le Président choisirait de faire campagne avec son vice Président qui se chargerait d'appliquer sa politique  en coordination avec les parlementaires.

Toutes ces propositions viennent au moment les groupes politiques sollicitent une refonte du système politique qui depuis plus de 30 ans ne donne pas le résultats attendus. Le délégué de Pilate lors des assises des EGSN a parlé de dictature parlementaire avec des parlementaires qui se croient tout permis. 

Le constat est si désolant que l'on assiste à un déséquilibre des trois pouvoirs. Un exécutif à la merci du législatif et un judiciaire trop affaibli n'ayant donc pas droit de citer. Les derniers événements l'ont une fois de plus prouvé.

Aucune consultation entre le pouvoir Judiciaire et les deux autres et dans le choix du Premier ministre, il ne faut pas s'attendre que le Président du CSPJ sera consulté. La constitution n'a rien dit dans ce sens. On comprend bien les propos du feux René Préval ancien Président d'Haïti qui attribuait le mal du pays à la constitution de 1987.

Mais ce n'est pas l'avis du constituant Georges Michel qui préfère voir le mal dans la mauvaise application de cette constitution. Il rappelle que le document adopté par plus de 90% de la population d'alors montrait la nécessité de réduire les marges de manœuvres du chef de l'Etat, trop souvent enclin à s’ériger en dictateur.

Des deux cotés, le mal est infini. Faut-il s'attendre lors du prochain amendement de la constitution à une dictature du judiciaire. Ce serait une belle expérience de voir la dictature des lois comme dans les grandes sociétés. Bon ce n'est qu'une gestation en mode " i have a Dream" de Martin Luther king.

Tout compte fait, les dernières émeutes enregistrées les 6 et 7 juillet dernier devraient ouvrir les yeux des membres de la commission chargée d'amender la constitution et présidée par le député Jerry Tardieu de comprendre quand la loi mère ne donne pas les moyens de trouver l’équilibre social, elle ouvre donc la porte à la loi de l'anarchie populaire. Et ce n'est une vérité nouvelle puisque les sans-culottes de la révolution française avaient déjà confirmé cette hypothèse.

Les nombreuses réflexions produites sur le système politique montrent l’urgence de changer de cap politique dans le pays. Mais, elles seraient plus intéressantes si les réflexions étaient accompagnées de la profondeur du sens civique chez chaque haïtien aujourd'hui qui laisse trop de place à l'individualiste au détriment du collectif.

Changer ou pas changer ce n'est pas réellement le plus important. L'essentiel c'est de trouver un terrain d'entente sur notre vivre ensemble avec une culture de tolérance à tous les niveaux de la société. Pourquoi refuser de dialoguer  avec votre opposant ? Pourquoi mettre son échec sur le compte des hommes de pétion ville ou de Kenskoff ? Pourquoi vouloir tout posséder alors le risque de tout perdre nous côtoie ?  

L'histoire est un perpétuel recommencement dit le vieux proverbes. Pourquoi prendre le risque de le revivre ? Et Si l'on essayait de  ressusciter un homme pour une fois au moins sans le zombifier : Dr Turnep Delpé. Mais  avec une conférence nationale  inclusive, simple et sincère sans gueule de bois.

HPN