Haïti-Politique : Céant est-il pris dans l’entonnoir de l’océan politique ?

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Lâché comme une patate chaude dans l’abime infernal des tractations et des chantages des uns et des autres par le président de la République qui, visiblement, n’entend pas tenir sa main comme il l’avait fait pour Jack Guy Lafontant, le Premier ministre nommé, Jean Henry Céant parait confronté à une opacité politique des plus sombres. Céant qui est censé venir nous sauver des eaux puantes, semble être en train de patauger difficilement dans l’océan des plus profonds, constate Haiti Press Network. 

Pour preuve, même le nouveau cabinet ministériel n’est toujours pas communiqué, plus d’une semaine après la présentation par le chef de l’État du notaire qui, malheureusement,  n’a pas encore la latitude de s’adresser à la nation. Les tractations et les chantages politiques ne manquent pas pourtant.

D’abord, les observateurs avaient entendu la semaine dernière les déclarations fracassantes, à l’instar de l’homme de la rue, du président de la Chambre des députés, Gary Bodeau, concernant la ratification de la déclaration de politique générale de Me Jean Henry Céant.

Quoique en crise, on entend ensuite les autres députés de l’Alliance Parlementaire pour Haïti (APH), bloc majoritaire à la Chambre basse qui, chacun de son côté, tempête par-ci et par-là sur le cas de Céant à travers les ondes. Il ne faut pas non plus oublier les préoccupations du secteur des affaires avec la fameuse lettre ouverte de mise en garde du Dr Réginald Boulos publiée dans les colonnes du journal Le Nouvelliste dernièrement. 

Entre-temps, la population qui avait fait les événements des 6, 7, et 8 juillet 2018 pour exprimer son ras-le-bol de l’ordre des choses, reste dans l’expectative. Elle se replie en simple spectateur, pendant que partis politiques, organisations de droits humains et autres disent prendre note de l’évolution de la situation politique qui chevauche vachement sur la vie économique et sociale.

Députés et sénateurs budgétivores qui avaient hier un langage doux et modéré par crainte d’un nouveau réveil de la populace qui les indexe parmi les rapaces du Trésor public, brandissent aujourd’hui la question du partage des responsabilités. Ce qui reste dans les caisses de l’État ne cesse de hanter les pourvoyeurs du peuple. 

Aussi constate-t-on, la table des négociations est déjà dressée. L’heure arrive. Les votes parlementaires en échange de postes ministériels, directions générales et autres sont pratiquement dans les poches. Les mêmes refrains d’hier résonnent encore dans les tympans aujourd’hui. Les discours ne changent point. Les mauvaises pratiques non plus.

La majorité de la population qui croupit dans la misère la plus abjecte observe la dépréciation accélérée de la monnaie locale qui passe à 70 gourdes pour 1 dollar américain. Ce qui n’est pas sans conséquence sur les prix des produits. Le panier des ménagères devient de plus en plus léger. Tout semble s’arranger pour enfoncer davantage Céant dans l’océan.    

Par ailleurs, le leader du parti Renmen Ayiti, vieux louveteau de la scène politique certes, mais stagiaire dans le domaine de l’administration publique, bute déjà sur le rideau opaque de gros nuages gris de la politique politicienne et du jeu honteux des faquins.

Déjà procédé au dépôt de ses pièces au Parlement, Jean Henry Céant semble, tout compte fait, en plus de la bouche cousue, avoir les mains liées face aux chantages de certains parlementaires qui, usant de leurs pouvoirs d’élus, croient fermement qu’ils dressent un mur incontournable devant le nouveau PM, dont la déclaration de sa politique générale devrait être ratifiée dans les jours qui viennent au Bicentenaire.

Alix Laroche

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