Haïti-Crise Politique : Grave crise alimentaire à La Gonâve, les bateaux ne voyagent presque plus

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Située dans le Golfe de La Gonâve, l'île de tous les défis, négligée par le pouvoir central, se trouve confrontée depuis quelques jours à une situation de crise alimentaire. Elle est prise dans l’antichambre de la crise socio-politique et économique généralisée qui embrase le pays. La Gonâve, selon le maire de l’Anse-à-Galets, ne produit presque rien. Le premier citoyen de l'Anse-à-Galets appelle à l’aide et demande l'intervention des autorités de Port-au-Prince.

Les habitants de La Gonâve ne savent à quel saint se vouer depuis déjà plusieurs semaines face à une grave crise alimentaire, à laquelle ils font face. En plus des difficultés chroniques de l’île, notamment l’absence totale d’infrastructures routières, scolaires, sanitaires, d’adductions d’eau potable, d’électricité pour ne citer que ces services, cette crise humanitaire vient aggraver la situation.

En quête de secours, la population de cette partie de la République qui se trouve pourtant dans le département de l’Ouest, lance un appel pressant à l’État central.

D’après l’édile de l’Anse-à-Galets, Ernso Louissaint, joint au téléphone par l’Agence d’informations HPN, les habitants des deux communes (Anse-à-Galets et Pointe-à-Raquette) ne peuvent pas se déplacer de l’île vers Port-au-Prince et vice versa, à cause de l’indisponibilité depuis environ quatre semaines, des deux bateaux qui voyageaient par alternance 7 jours sur 7.

Les troubles socio-politiques que connaît la capitale depuis déjà plusieurs semaines sont la principale cause de ce ralentissement des activités de cabotage de l’île qui n’a pourtant que deux voies d’accès : maritime et aérienne, a indiqué le maire qui avoue son impuissance face à la situation qui prévaut.

« Même si un bateau arrive à Carriès (lieu d’embarquement et de débarquement), les gens ne peuvent pas se rendre à Port-au-Prince pour s’approvisionner en marchandises et autres besoins primaires, à cause des barricades dressées sur les routes », a expliqué le magistrat Louissaint, lequel dit avoir assisté péniblement sa population dans ses tourments quotidiens. 

Cette crise alimentaire, apprend-il, rend la vie encore plus ardue dans cette contrée située à environ 12 minutes de vol d’avion de la capitale.

Vient s’ajouter à la crise alimentaire, l’inondation de la commune de l’Anse-à-Galets, lors des pluies diluviennes du vendredi 18 octobre 2019,  nous  indique le maire qui dénonce en passant l’absence totale des Travaux publics sur l’île, anciennement appelée l’île de la Gonaïve.

Le premier responsable de la municipalité de l’Anse-à-Galets déplore, dit-il, cette volonté manifeste de l’État central qui, considérant sa mairie comme faisant partie de la 3e catégorie, traite La Gonâve en parent pauvre.

« Tenant compte de la misère déshumanisante qui gangrène le milieu, la mairie de l’Anse-à-Galets n’a pas suffisamment d’autorité pour percevoir des taxes (CFPB) de la population désœuvrée. Ce qui cause que nous n’avons même pas un véhicule disponible, voire un camion et des matériels lourds devant nous permettre d’assainir la commune et d’effectuer des travaux d'infrastructures nécessaires », se plaint Ernso Louissaint.

Il informe au passage avoir reçu de Port-au-Prince pour la municipalité, 509 mille gourdes tous les 7 mois en guise d’allocation du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales. Alors que, poursuit-il, cette institution devait fournir cette somme régulièrement chaque mois.  

La population de La Gonâve est d’autant plus aux abois, avec le problème récurent d’eau potable. Près de 30 mille personnes à Anse-à-Galets souffrent quotidiennement du manque de cet élément essentiel à la vie. La DINEPA est bel et bien sur place, mais une présence insignifiante, informe plus loin le maire Ernso Louissaint qui se montre d’ailleurs très préoccupé.

Tout comme la population, il souhaite que des mesures d’urgence puissent être prises afin d’éviter le pire par rapport à cette situation intenable qui ne facilite pas d’un point à un autre, le transport de marchandises, particulièrement des aliments qui puissent permettre à la population de trouver à manger.

Ces problèmes auxquels fait face l'île entière n'épargnent non plus Pointe-à-Raquette, d'après des informations obtenues. Haiti Press Network a essayé en vain de joindre le maire de cette seconde commune de La Gonâve également en grande difficulté.

Alix Laroche

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