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Plus d'une centaine de jeunes de ce quartier réputé sensible ont participé à cette célébration sous le thème « Connais ton statut » retenu par les nations unies pour sensibiliser les populations en particulier les jeunes à se faire dépister du VIH. Les chiffres sont révélateurs puisque plus de 36 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, plus de 26 millions sont sous antirétroviraux et l’année  2017 a été marquée par 1,8 million nouvelles infections. D’où l’importance de continuer à mettre l’accent sur la nécessité de connaitre son statut sérologique pour mieux se protéger et protéger son partenaire comme l’a rappelé le directeur exécutif de l’ONUSIDA Michel Sidibé.

L’institut de santé préventive, environnementale et communautaire(SPEC) a aussi dans cette perspective réalisé en prélude à la journée mondiale du SIDA une journée de dépistage le vendredi 30 Novembre pour les jeunes de plus de vingt(20) écoles classiques et professionnelles de la zone de fontamara 27, 29, 31 et 33 en partenariat avec l’hôpital adventiste d’Haïti, la ADRA-Haïti l’ONUSIDA, le RMF, l’UNICEF et la FOSREF.

Quelques minutes avant la séance de dépistage, Dr Franck Geneus, membre fondateur de l’Institut SPEC et directeur médical de l’hôpital adventiste d’Haïti(HAH) a indiqué que cet institut qui travaille sous l’auspice de l’HAH est un centre médical, de recherche et de formation qui propose toute une gamme de services pouvant donner accès aux soins de santé à toutes les couches de la population.

Dr Géneus qui est également Président de l’association des hôpitaux privés d’Haïti a rappelé que le slogan de l’institut-SPEC est significatif : « Bienvenue en démocratie sanitaire ». A travers ce slogan les patients prennent eux-mêmes leur santé en charge grâce à des informations pertinentes disponibles 24 heures sur 24 et pouvant aider la personne à vivre mieux grâce à une alimentation saine et des pratiques de santé adaptées. Des produits comme le SEMOST permettent aux gens d’avoir des informations disponibles en ligne ; des causeries sur la santé sont aussi disponibles(CES), une carte d’assurance santé(DST) sera bientôt sur le marché ; sans oublier le DREAM qui est un autre produit du SPEC.

Au cours de cette journée l’institut SPEC a également profité pour lancer son programme « Santé pour la paix » dans les quartiers de Fontamara et de martissant. Ce projet vise à sensibiliser les habitants de ces zones à vivre dans l’entente et l’harmonie à travers des pratiques saines mais encore des messages bien élaborés par le service de communication de l’institut. Dans ce sens, deux artistes de renommée internationale Roosevelt Saillant dit BIC et Tamara Suffren ont été choisis pour porter ces messages par des jingles et des spots sur des sujets couvrant les droits de l’enfant, la grossesse et d’autres sujets.

BIC se dit fier de s’engager dans ce projet à caractère social. « Dès qu’il s’agit d’apporter ma participation à une cause en faveur de la population je réponds toujours présent » a souligné l’artiste. Pour Tamara Suffren qui  chante pour les femmes enceintes, elle souligne que les mères doivent être fières de porter leur bébé car la grossesse n’est pas une maladie mais un événement  heureux dans la vie de toute femme.

M. Fritz Bissereth, Directeur de la ADRA-Haïti a rappelé que son institution travaille dans le domaine du VIH depuis plusieurs années et qu’il est heureux de se joindre au Staff de l’institut –SPEC pour continuer à apporter son soutien dans la lutte contre la pandémie du Sida. «  Actuellement, la ADRA-Haïti travaille dans le Nord’Ouest pour aider les communautés à se relever après le tremblement de terre mais nous serons toujours avec l’institut SPEC dans cette lutte » a rassuré M. Bissereth.

Cette journée de dépistage a permis au personnel et Staff de l’institut-SPEC de démarrer une nouvelle expérience dans la zone de Fontamara 27 où le besoin en soins de santé est énorme. L’institut-SPEC a seulement cinq(5) ans de fonctionnement dans la communauté. Il a déjà formé plusieurs professionnels de la santé qui constituent aujourd’hui des cadres du SPEC. L’institut réalise des cliniques mobiles grâce à une trentaine de clubs de santé constitués dans plusieurs zones de la région métropolitaine.

ET/HPN

Le personnel du centre ambulancier national agressé, son directeur appelle au respect de la neutralité des ambulanciers. Ce ne sont pas moins de trois ambulances qui ont été attaquées en une seule journée dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, a déploré le directeur du CAN, Dr Didier Hérold Louis.

Ces attaques ont eu lieu à Bon Repos et dans le quartier de La Saline notamment. Au Cap-Haïtien, dans la 2e ville du pays, une ambulance a été attaquée et son chauffeur blessé a du être hospitalisé. Il est anormal, dit Dr Louis, que les ambulanciers soient agressés alors qu'ils font un travail difficile consistant à apporter assistance aux personnes en danger. 

Aussi, il invite les protagonistes à respecter la neutralité des ambulanciers et en profite pour saluer la disponibilité du personnel du CAN qui a été renforcé à la veille du 18 novembre.

Le Samedi 3 novembre 2018 a marqué la 3e célébration de la journée internationale de l’approche "One Health". Cet anglicisme prend en compte la gestion des maladies d'origine animale encore appelées les "zoonoses" et environnementales. Dans le cadre de la célébration de cette journée, l’Institut en Santé Préventive, Environnement et Communautaire (Institut-SPEC), à travers sa structure « One Health Action International » travaille à la vulgarisation de cette approche en mettant l’accent sur la problématique des bactéries résistantes aux antimicrobiens (RAM) en Haïti.

Dr Louis Vanel Généus responsable de cette entité à l'Institut-SPEC fait remarquer que les épidémies des dix dernières années ont mis en lumière l’importance de la relation homme-animal-écosystème dans l’évolution et l’émergence de plusieurs pathogènes, sachant qu’environ 60 à 70% des maladies infectieuses reconnues aujourd'hui chez l’homme sont causées par des agents pathogènes transmissibles à travers les animaux. C’est dans ce cadre qu’émerge l’approche « One Health » (une seule santé), afin de dépasser les approches sectorielles et restrictives des maladies infectieuses. 

Dans ce sens, l’application de l’approche  "One Health" fait intervenir  plusieurs catégories de compétences comme la médecine humaine, la médecine vétérinaire, les sciences de l’environnement et les sciences sociales, travaillant alors en interdisciplinarité en vue de déterminer les causes profondes d’un problème sanitaire. Aussi, la collaboration des experts en communication et autres professionnels, sur le terrain et dans les administrations, s’ajoute-t-elle en appui de la gestion du problème sanitaire à gérer.

Si l’idée d’un lien profond entre santé de l’homme, de l’animal et de leur environnement est très ancienne, ce n’est que plus récemment qu’elleest devenue une approche officiellement recommandée par les plus hautes institutions et qu’elle est en passe de devenir une réalité politique et pratique.Cette prise de conscience nouvelle a notamment fait suite aux crises sanitaires du SARS et de la Grippe aviaire hautement pathogène en Asie du Sud-Est, faisant toutes deux craindre un risque pandémique. Ainsi en 2010, une note conceptuelle tripartite de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), de l’Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l’Agriculture(FAO) et l'Organisation Mondiale pour la Santé Animale (OIE) proposait une orientation stratégique à long terme pour une collaboration internationale visant à partager les responsabilités et à coordonner les activités mondiales de surveillance et de lutte contre les maladies émergentes.

Dr Louis Vanel Généus souligne que nombre des défis sanitaires rencontrés en Haïti gagneraient à être relevé par l’approche "One Health".En particulier, le chercheur de l’Institut SPEC souligne : « un défi sous-estimé et représentant pourtant une menace dramatique est l’émergence et la diffusion des bactéries résistantesaux antimicrobiens », précisant que « la résistance aux antimicrobiens est l’aptitude d’un micro-organisme, comme des bactéries, virus, parasites ou champignons, à stopper l’action des traitements curatifs disponibles ». Ce phénomène est dû entre autres à des facteurs déterminants comme le mésusage des antibiotiques et la mauvaise qualité de certains médicaments (par exemple sous-dosés en principes actifs).Le récent rapport de Jim O'Neill, Président de la "Review on AntimicrobialResistance", estime que 10 millions de décès par an dans le monde en 2050 seront attribuables à la résistance aux antibiotiques, et le coût d'ici à 2050 pourrait atteindre le niveau impressionnant de 100 000 milliards de dollars. D’après les estimations, 700 000 personnes meurent chaque année d’infections résistantes aux antimicrobiens. Ces infections résistantes aux antibiotiquesaccroissent la probabilité de décès et, dans tous les cas, prolongent la durée de l’hospitalisation et accroissent les coût de son traitement, regrette-t-il.

« Quoique désuet, l’article 6 de la loi du 10 août 1955, interdit à quiconque n’est pas muni d’un diplôme de pharmacien de vendre des médicaments », rappelle le Dr Vanel, constatant néanmoins que "Acheter un médicament en Haïti semble exposer un patient beaucoup plus au risque de maladie au lieu de garantir sa guérison". Parlant des médicaments contrefaits, « ceux qui sont périmés, jusqu'à ceux prescrits par des profanes, des pharmaciens ambulants et pharmacies illégales,… les risques encourus sont innombrables ! » rapporte le Dr Vanel, reprenant en cela les propos des responsables de l’Association des Pharmaciens d’Haïti.

En outre, le responsable de l'unité One Health Action International  de l'Institut SPEC dit constater que les Haïtiens vivent essentiellement de produits importés de l’étranger. Le Ministère indique que la production avicole actuelle est trop faible pour satisfaire la demande locale et le marché est depuis longtemps envahi par des produits importés soit 30 à 40 millions d’œufs par mois représentant 50 millions de dollars américains par an, et 65 millions de dollars américains en morceaux de poulets congelés par an. Or, les antibiotiques sont utilisés dans l’élevage de volailles comme facteur de croissance. Cette pratique, présente dans les industries fournissant les produits importés, est également partagée par les producteurs locaux de viandes pour rester  compétitif face aux entreprises dominicaines. La résistance aux antimicrobiens est ainsi une importante menace mondiale pour la santé publique, mais elle est également « liée aux enjeux de sécurité alimentaire et de salubrité des aliments, ainsi qu’à notre développement économique et agricole », relève le médecin vétérinaire. Ainsi, les pays à faibles et moyens revenus comme Haïti sont les plus touchés par la résistance en raison d'une charge élevée de maladies infectieuses, d'un accès limité à des antibiotiques de qualité et efficaces ainsi qu’à une mauvaise utilisation d'antibiotiques.

Le Dr Vanel fait remarquer que jusqu’à présent, les multiples actions posées dans le cadre de la gestion de la résistance aux antimicrobiens viennent du Ministère de la Santé Publique. Or, il rappelle que la RAM requiert une approche One Health dans sa gestion et une contribution des différents secteurs impliqués aux efforts à fournir. Travailler en interdisciplinarité est l’occasion d’une valeur ajoutée, par exemple au niveau  du partage de coût de gestion et de la complémentarité des compétences techniques et professionnelles,termine-t-il. 

ET/HPN

Source : Institut-SPEC

 

Le directeur général du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), Dr Meniol Jeune a fait le point, le jeudi 13 décembre 2018, sur la tenue de la première session des examens du bac permanent de l’année académique 2018-2019, prévus du 17 au 20 décembre en cours.

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Le baccalauréat haïtien, sa représentation sociale et sa professionnalisation

La représentation est une forme de connaissance, socialement élaborée et partagée, ayant une visée pratique et concourant à la construction d’une réalité commune à un ensemble social. En fait, la représentation est une réalité imposée, elle est donc construite socialement et a un impact sur le psychique des gens. Ainsi le Baccalauréat haïtien en tant qu'objet social d’investissement, n'est pas tombé du ciel, il est construit socialement, autour de lui, il y a un ensemble de représentations (prestige, valeur, croyance, idéologie …). C'est pour cela que, de manière consciente ou inconsciente, les élèves investissent le Baccalauréat haïtien.

 Autrement dit, il existe des représentations sociales autour du baccalauréat haïtien. Selon Moscovici, une représentation sociale comporte trois dimensions: L’attitude, l'information et le champ de représentation. Nous élaborons autour des deux premiers.

 L'attitude pour lui, elle exprime un positionnement, une orientation générale, positive ou négative par rapport à l'objet de la représentation. Chaque individu incorpore ou intériorise le Baccalauréat de manière différente. En Haïti, il y a une catégorie d’élèves qui considère le baccalauréat comme une « étape » et une autre catégorie le considère comme une « fin en soi »,  pour ces deux catégories d’élèves, le baccalauréat est donc « un passage obligé ».

 L’information, quant à elle, renvoie à la somme et à l’organisation des connaissances sur l’objet de la représentation. Elles peuvent être plus ou moins nombreuses, variées, précises ou stéréotypées. Les organes qui véhiculent les idées sur l'objet de la représentation, particulièrement le baccalauréat haïtien, ce sont : la famille, le groupe de pairs, les medias et le reste de la société. L'individu est donc influencé par ces composantes.

 En dépit de tout, il faut constater que le baccalauréat haïtien,  n’offre que peu de débouché aux bacheliers haïtiens.  D’où l’importance de ces interrogations suivantes : pourquoi les élèves s’investissent le baccalauréat ?  et Qu’est ce qui fait que cette institution du bac soit maintenue en Haïti ?

 

L’intérêt de cet article consiste à montrer comment il existe une forte  représentation sociale autour du baccalauréat haïtien et pourquoi le système éducatif haïtien n’accorde pas d’importance aux filières professionnelles. Il faut signaler que nous décidons d’écrire cet article suite à plusieurs entretiens avec plus d’une vingtaine d’élèves et  parents haïtiens qui ont une approche subjective du bac.

 

Approche subjective du bac

 

Le baccalauréat est un diplôme du système éducatif  haïtien qui a la double particularité de marquer la fin des études secondaires et d'ouvrir l'accès à l'enseignement supérieur et professionnel.  L’obtention de ce diplôme du baccalauréat, la société haïtienne la considère comme une réalisation de soi, une réussite scolaire … le bachelier est donc considéré aussi comme un «philosophe », le bac suscite la joie, le contentement  ... Mais il ne suscite pas que ces éléments, il est aussi source du stress, d’émotion, de souffrance et de solitude.

 

Avant l’épreuve du bac le candidat est dans l’angoisse, le doute, la réflexion, tout cela engendre le stress qui symbolise par la peur de l’échec. Après l’épreuve du bac quand l’élève est en attente du résultat, cela augmente le stress chez  lui. Une fois qu’il a eu le résultat et qu’il a réussi, cela diminue le stress chez lui. Cependant, pour celui qui n’a pas eu son bac, la souffrance s’installe au point de faire surgir la solitude. Cet échec au bac produit dans bien des cas chez le non-bachelier un sentiment d’impuissance, de manque de confiance, de déception, de découragement, de colère, de haine de soi, de haine de l’autre …

 

La société haïtienne est très sévère contre l’élève qui n’a pas eu son bac, on le considère comme un « crétin », un « nul » … Etc. 

 

En fait, l’échec au bac peut résulter de multiples causes, comme par exemple : le stress, la peur de l’échec, le sentiment de réussir etc. Il revient à la société haïtienne de relativiser les jugements après l’échec d’un élève au bac, ce dernier pouvant être intelligent, mais juste une erreur au bac peut engendrer son échec et du coup, il devient le crétin par excellence pour sa famille, ses amis, sa promotion, et pour l’ensemble de la société. Il devient un rejet de la société. Tandis que, ce dernier a besoin de soutien de la société et dans beaucoup de cas l’intervention d’un psychologue ou d’un psychosociologue est la bienvenue afin de l’aider à surmonter cette souffrance. En fait, les représentations sociales autour du bac doivent être repensées, parce qu’elles font surgir chez les non-bacheliers des émotions pénibles.

 

Au final, l’échec au bac, c’est une situation qui est émotionnellement difficile à surmonter chez les non-bacheliers haïtiens, c’est la raison pour laquelle qu’il faut une autre perception face aux non-bacheliers. Pour ainsi dire, les chiffres peuvent en témoigner d’année en d’année un bon nombre d’élèves qui sont dans cette situation. Cependant, il faut signaler la perception d’une bonne école  et du baccalauréat en Haïti jouent un rôle primordial sur les élèves haïtiens et le reste de la société.

 

La perception d’une bonne école  et du baccalauréat en Haïti

 

 

 

La perception d’une bonne école  en Haïti

 

La subjectivité individuelle et la subjectivité sociale ont des sens.  Les sens  subjectifs ne viennent pas seulement d’une pratique individuelle, ils particularisent des fois, dans des interactions variées qui se créent dans plusieurs univers de vie du sujet. Il faut dire que la subjectivité sociale intériorise les sens subjectifs et les dispositions subjectives de chaque univers social créent une réelle organisation. En outre, ce qui se déroule dans chaque univers social réel comme par exemple : la famille, le groupe formel et informel, l’école … etc. sont approvisionnés par des fabrications subjectives d’autres espaces sociaux. C’est ainsi que la  perception des écoles  en terme du taux de réussite au bac constitue en Haïti le critère d’appréciation d’une école,  autrement dit, une bonne école en Haïti  se symbolise : « par le taux de réussite au bac », « quand un élève d’une école donnée parle français », « quand les parents  parlent beaucoup d’une école donnée », « quand une école est chère en écolage », « quand une école à belle architecture », « quand un enfant d’un sénateur ou d’un maire … etc fréquente une école », ces idées subjectives sont socialement élaborées et partagées par les groupes sociaux (formels ou informels) et même des fois, par  l’ensemble de la société. Autrement dit, le choix d’une école n’est pas un hasard, il est calculé par des critères subjectifs, il dépend d’une fabrication de la subjectivité sociale, cette idée est vraiment  présente dans l’esprit des écoliers et des parents haïtiens. Ainsi,  une enquêtée souligne que  «Je  dois te dire que ma mère m’a mis dans ce collège pour moi  parce qu’elle a une amie qui lui avait dit que ce collège est un « bon collège » bon pour ma mère parce que la fille de son amie parle « français » et le taux de réussite au bac était élevé ».

 

Qui plus est, le plus souvent, ils ne savent même pas  si « l’école choisie » répond aux normes académiques et disciplinaires : « Je ne pense pas qu’elle était informée du respect des normes académiques. Généralement le choix de l’école est subjectif », selon cette même enquêtée.

 

La subjectivité sociale n’est pas une « instance supra-individuelle » qui subsiste en dehors des personnes. Il est un assemblage de sens subjectifs et de systèmes subjectifs qui s’établit dans une forme de lien ou d’appartenance sociale, « ma fille fréquente une école où fréquentent les gens aisés ». Cela a un sens pour la personne quand elle répète et donne cette information , elle envoie une double résonance : « j’ai de l’argent » et « j’ai fait beaucoup d’efforts pour ma fille pour qu’elle  appartienne à la même classe sociale que moi », ce choix a un sens pour la personne, et cela tisse de nouveau lien social pour sa fille. Ce type de valeurs dominantes, est le plus souvent véhiculé par la classe moyenne en Haïti.

 

Enfin, la subjectivité sociale dégage et provoque des émotions, c’est un processus symbolique qui alimente la subjectivité individuelle, un ou plusieurs individus peuvent être porteur (s) d’une subjectivité sociale une fois,  qu’elle influence le choix ou l’action des individus.

 

La perception du baccalauréat en Haïti

 

L’élément déterminant, dans cet article, est la perception sociale du baccalauréat par les élèves, comme un besoin nécessaire pour eux. Ils considèrent le bac comme une « étape » et  une « fin en soi ». Il faut signaler que ces deux catégories d’élèves n’ont pas le même objectif. Par contre, ils ont une seule chose en commun, c’est de concevoir le bac comme un « passage obligé ».

 

Pour les élèves, le passage du baccalauréat est tellement « obligé » qu’ ils n’ont pas le droit à l’échec, la réussite étant indispensable et paraissant comme une évidence pour eux. Pour une catégorie d’élèves c’est parce qu’après l’obtention du bac, ils vont s’inscrire dans une formation supérieure : « je suis obligé de réussir, si on ne réussit pas cela risque de perturber mon parcours universitaire, je dois dépasser mon père, cela veut dire qu’il faut accéder à l’Université et avoir une licence au moins ».  Et pour une autre catégorie d’élèves ils vont arrêter leur formation, parfois, il y a des bacheliers qui ne font rien après le bac, comme exemple, « je connais un jeune homme qui termine son bac, ses parents vivent aux États unis,  un élève moyen je pense, faire une formation professionnelle ou une étude supérieure, cela ne  l’intéressait pas, tandis que, ses parents pouvaient financer une formation pour lui, tout simplement il n’avait pas envie de continuer ses études » et même prendre un congé sabbatique afin de s’inscrire dans une formation professionnelle même après deux ans ou trois ans, cela dépend de la force des choses. Ainsi témoigne  un élève « après ma réussite au bac, c’était un ouf,  j’ai pris un an de congé, et juste après que j’ai été  dans une formation professionnelle ».  Il faut signaler qu’en dépit de la perception d’une bonne école  et du baccalauréat en Haïti, il n’en demeure pas moins qu’il y a aussi une portée symbolique du baccalauréat haïtien.

 

La portée symbolique du baccalauréat haïtien

 

La portée symbolique renvoie à un symbole, le bac est donc pour les élèves et même pour l’ensemble de la société une valeur symbolique. Si on se réfère à Jacques Lacan (« le symbolique, l’imaginaire et le réel »), qui parle de : « le symbolique » qui est un registre de l'ordre de l'inconscient, celui des signifiants. Il concerne la capacité de représentation. Le bac est dans l’inconscient et représente beaucoup de choses pour les élèves. C’est pour cela, qu’ils se sentent la nécessité de ce « rite de passage » (Marcel Mauss, utilité sociale et efficacité) chaque année. Le bac est donc une action symbolique qui est liée à un rite, et ce rite à un impact sur le corps social. Mlle  A. « Le bac c’est le stress pour moi, c’est une grande épreuve, la façon dont les gens parlent du baccalauréat, j’ai l’impression qu’on ne va pas réussir au bac, il y a tension comme ça, dans la sphère familiale c’est une fierté lorsqu’on voit qu’un membre de la famille va passer le bac, il y a toujours une préparation pour cet événement. Dans les quartiers on forme un groupe de travail avec les élèves tout horizon, il reste très tard la nuit pour qu’on puisse travailler ». Cette influence suscite le consentement du plus grand nombre de la société et aussi donnent aux individus la capacité de tirer profit de ce rite de passage, tout en allant vers le résultat attendu, qui est la réussite au bac. Dans ce même d’ordre d’idée, Mr K souligne « Le bac était un carrefour décisif pour moi, il était comme un passage obligé, le premier jour du bac, j’étais stressé, pourquoi ? Parce qu’on est obligé de réussir, si on n’a pas réussi cela risque de perturber mon parcours universitaire ».

 

Parmi nos enquêtés, même pour celui qui n’a pas vécu cette épreuve du bac,  tous sentent l’obligation de passer le bac,  Mr L « même si mon fils benjamin termine son bac à 25  ou 27 ans, j’aimerais qu’il termine pour qu’il puisse aller apprendre un métier ».

 

Pareil pour l’appareil étatique et le gouvernement, c’est une énorme exigence d’organiser les examens du bac. Pour ainsi dire, le bac est une, des obligations politiques. Imaginons par exemple que le baccalauréat n’ait pas  lieu soit en Haïti soit en France. Il constitue un bon indicateur de la stabilité et le bon fonctionnement d’un pays, même si, parfois, dans la réalité ce n’est pas le cas. Prenons quelques exemples historiques pour élucider cette nécessité d’organiser le baccalauréat par le Ministère de l’Éducation Nationale en France et en Haïti. Après la Seconde Guerre Mondiale en 1943, les mouvements de mai 1968 la France a quand même organisé le baccalauréat, cela témoigne  la nécessité de  préserver au baccalauréat son statut du système de « chef de voûte du système ».

 

Après le départ du président de Jean Claude DUVALIER en 1986, l’armée sous le commandement d’un général a pris le pouvoir, et jusqu’après Haïti a connu une crise politique et une instabilité sans précédent. Malgré ces successions  de coups d’état, et de mouvements sociaux, cela n’empêche pas l’organisation du baccalauréat par le Ministère de l’Éducation Nationale, « la crise politique a perturbé le lycée, absence de professeur, manque de motivation pour certains élèves, malgré la crise l'examen du bac a été organisé ». L’organisation du baccalauréat comporte une ambivalence : tout d’abord, montrer à la face du monde, même si, c’est un gouvernement putschiste, qu’ils ont la capacité d’organiser l’épreuve. Ensuite, le baccalauréat est également un rite de passage pour le Ministre de l’Éducation Nationale, l’organisation du bac est donc une épreuve pour le ministre, si le ministre ne réussit pas cet examen de passage, il pourrait être destitué de son poste et très critiqué par la presse et par le reste de la société en Haïti.

 

En effet, l'organisation du baccalauréat symbolise une société qui fonctionne ou qui connaît le retour à la normale, le maintien et le rétablissement d’un ordre social, même si c’était un ordre apparent. Le baccalauréat rassure les gouvernements, c'est un élément de la permanence et de l'identité du corps social. Il ne suffit pas d’organiser le baccalauréat mais il faut tenir compte du taux d’échec au bac et un bac qui répond aux besoins de la société (bac professionnel).

 

 La massification de l’échec scolaire   et la professionnalisation du baccalauréat haïtien

 

Chaque année on assiste à de nombreux élèves qui sont en échec scolaire. C’est pour cela qu’il faut prendre des décisions en vue de solutionner ce problème en Haïti. Un ministre qui a eu le courage d’élaborer une réforme en 1979 pour le système éducatif haïtien se nomme « Joseph Bernard ». Sa réforme porte son nom la « reforme de Bernard », celle-ci a suggéré une réorganisation du système éducatif reposant sur la professionnalisation du secondaire.

 

Cette vision de l’éducation pourrait conduire à un bac général, technologique et un bac professionnel.

 

Cette réforme est bloquée, elle ne fait pas partie de la priorité politique, chaque ministre de l’Éducation Nationale n’ose pas tenter de reformer ou de ressusciter la reforme de Bernard.

 

Après Bernard, il y a eu à peu près une trentaine de ministres de l’Éducation Nationale qui se sont succédé. Rien n’a été fait en matière de réforme moderne dans le système éducatif haïtien. En dehors du Ministère de l’éducation nationale, les syndicats d’enseignants doivent être porteurs d’un vrai « projet éducatif » aussi.

 

Le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) en Haïti, malgré le nom qu’il porte ignore cependant la « formation professionnelle », la réforme du système éducatif haïtien semblant plus politique qu’éducative. Haïti n’est pas le seul pays qui va innover par rapport à son système éducatif, des pays comme les États -Unis, le Canada, l’Allemagne, la Chine, et la France intègrent dans leurs corpus scolaires des filières technologiques et professionnelles. Le système éducatif haïtien doit faire face aux grands défis qui attendent Haïti au 21ème siècle, il est avéré que la structuration des cycles du système scolaire haïtien en application dévoile une désadaptation avec les grands enjeux de développement politique, social, économique, culturel auxquels Haïti est confrontée. Il faut dire qu’en Haïti les secteurs professionnels sont négligés sur le plan pratique, autrement dit, il y a donc un mépris pour ces secteurs. Le système éducatif haïtien instruit une grande partie des élèves à orientation générale, c’est pour cette raison que la majorité des bacheliers veulent aller à l’Université. En quelque sorte, cela suscite l’échec scolaire de nombreux jeunes, parce que tout le monde n’a pas la même capacité, et ne peut pas donc aller à l’Université. L’étude supérieure  demande beaucoup de ressources cognitives … du coup, il faut une vision plus large de l’éducation, celle-ci doit être adaptée aux aptitudes des élèves.  La naissance d’une ou plusieurs filière (s) professionnelle (s) doit aboutir à un bac professionnel pour une catégorie d’élève qui  ne peut pas ou ne veut pas aller à l’Université.

 

L’objectif du bac professionnel est de permettre aux élèves d’acquérir des connaissances et des compétences dans un domaine professionnel. Les élèves peuvent se diriger particulièrement vers la vie active ou sur le marché du travail. Le baccalauréat professionnel permet l'insertion dans la vie active ou la poursuite d'études en section de technicien supérieur.

 

Enfin , Le baccalauréat haïtien a une représentation sociale qui est forte en Haïti, c’est pour cela que la réussite au bac prouve qu’on n’est pas « crétin », « nul », « imbécile », « idiot » … cela donne un certain prestige social, la société haïtienne a un regard valorisant des bacheliers.

 

Psychologiquement la réussite au bac donne une assurance et montre que le bachelier a une capacité d’apprentissage, cognitive réelle, une valeur intellectuelle reconnue, une reconnaissance sociale, comme quoi  il peut accéder à l’Université même s’il n’y est pas, tout cela constitue des facteurs qui poussent les élèves haïtiens à investir le Bac.

 

Et cette institution comme le baccalauréat est maintenue en Haïti parce qu’il est avéré que chez les élèves et le reste de la société haïtienne prédominent l’opinion selon laquelle l’obtention du baccalauréat constitue la seule et unique voie de la réussite scolaire. Cette opinion est d’autant plus ancrée dans l’imaginaire collectif que le système éducatif n’accorde guère d’importance à la création de filières professionnelles. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DEJEAN Jean Dario,

 

Sociologue, diplômé en Economie et en Psychosociologie. Spécialiste en Education et en Prévention contre la délinquance juvénile ; en Médiation sociale et familiale ; Expert en Criminologie et en Sureté aéroportuaire.

 

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Dans le souci d’une meilleure gestion des ressources humaines et en vue de résoudre définitivement le problème des personnels en situation irrégulière dans le système éducatif, le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), a mis sur pied une commission d’enquête. Les enquêteurs qui se trouvent déjà sur le terrain dans les dix départements scolaires ont pour mission de recueillir les informations afin de procéder, après traitement des données collectées, à la nomination de tous ceux et de toutes celles qui le méritent, constate Haiti Press Network.

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Il est coutume chez nous en Haïti de débuter l'année avec une bonne soupe au giraumon. Symbole de notre indépendance du 1er janvier 1804, la soupe au giraumon est plus connue dans notre pays sous le nom de Soup Joumou. Qu'on la prépare soi-même ou qu'on aille la déguster chez des parents, voisins et amis, pas question pour les haïtiens d'ici et d'ailleurs de rater la fameuse soupe joumou sous aucun prétexte ce 1er janvier. Tout en vous souhaitant nos vœux les meilleurs pour l'année 2017, HPN vous propose la recette de la Soupe au Giraumon/ Soup Joumou.

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Connu sous le nom de Malanga en Haïti, le chou dur est un légume d’Amérique du Sud. Le chou dur (malanga) est l’un des aliments les moins allergéniques. Riches en fibres, potassium, hydrate de carbone, glucides, il  aide à contrôler la pression artérielle, aide à maintenir les niveaux de sucre dans le sang, contribue à améliorer la constipation et réduit le risque de maladie cardiaque. 

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La tomate est un légume-fruit important pour la santé. Consommée crue ou cuite, en plus d’apporter un peu de couleur rouge à nos plats, la tomate apporte également de l’énergie à notre corps. Cet aliment sain, rafraîchissant, peut être mangé chaque jour.   

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La République d'Haïti a fait l'émerveillement des barbadiens, des internautes du monde entier, notamment, de tous ceux qui suivaient le défilé qu'a organisé la Barbade, dimanche 21 Août, à l'occasion de l'ouverture officielle de la 13è édition du plus grand événement interculturel régional, Carifesta, réunissant les pays membres du Marché Commun de la Caraïbe (CARICOM).

"Parade citoyenne", c'est le nom de la présentation qu'Haïti a exposée sur le parcours. Une idée du Directeur Artistique de l'événement, Erol Josué, aussi Directeur Général du Bureau National d'Ethnologie d'Haïti (BNE).

Mais à côté de tout ce succès, il y a la main de l'humble styliste et modiste haïtienne, Arnelle Laguerre.

Née le 17 avril 1962, à Jérémie, dans le Département de la Grand'Anse, Arnelle Laguerre a fait la haute couture et travaille dans ce domaine depuis plus de 25 ans.

Sans trop le dire, elle a déjà habillé beaucoup de personnalités haïtiennes et d'artistes de renommée internationale, jusqu'à vêtir des familles présidentielles et des membres de Gouvernements.

"J'ai habillé l'ancienne première-Dame haïtienne de la République, Sophia Martelly, pendant 4 ans. J'ai fait des costumes de circonstances pour l'ancien Président Michel Martelly, notamment, pour le bal des reines organisé dans le Nord du pays, au Palais Sans Souci, à l'occasion du Carnaval tenu au Cap-Haïtien.", a confié Arnelle Laguerre, discrète, sans vouloir citer les noms des grandes familles de la Capitale qu'elle a déjà costumées.

"C'est avec un grand plaisir que j'ai répondu à l'invitation de l'Artiste, Érol Josué, pour confectionner ces costumes symbolisant les différentes périodes de l'histoire d'Haïti", a dit Arnelle Laguerre, expliquant qu'elle a fait de son mieux pour représenter les diverses périodes haïtiennes.

De la robe de la Reine Anacaona, pionnière du leadership féminin de la terre d'Haïti Quisqueya ou Boyo, la perle des Antilles, en passant par les costumes des Généraux, héros de la guerre de l'Indépendance d'Haïti, tout a été confectionné sur mesure afin de vendre la culture du pays aux étrangers et de faire la promotion du patrimoine culturel et de susciter la curiosité des touristes", a expliqué Mme Laguerre.

"J'ai voulu, par ces costumes, faire la promotion d'Haïti et présenter la culture nationale au monde entier. C'est la satisfaction des Haïtiens et l'effet que tout cela fait à l'étranger qui me rendent heureuse", a confié Arnelle Laguerre.

Notons qu'Arnelle Laguerre a été honorée par la Première-Dame haïtienne, Martine Moïse, et le Directeur Général du Bureau National d'Ethnologie (BNE),  Érol Josué, en reconnaissance de ses œuvres.

Jean Jul Désauguste
HPN, depuis Barbade

Haïti a marqué les esprits lors de la parade artistique marquant l’ouverture officielle de la 13ème édition de la plus grande manifestation interculturelle de la Caraïbe, dimanche 20 Août 2017, à la Barbade. C'est avec une "parade citoyenne" relatant toute l'histoire d'Haïti que le pays s'est fait représenter au défilé officiel de l'événement.

Une palette de stars, d'artistes de génie, de danseurs, de chanteurs à talents et en herbes et de personnalités publiques haitiennes, a composé le défilé d'Haïti qui a fait revivre toutes les périodes ayant jalonné l’évolution du premier peuple noir à proclamer son indépendance le premier Janvier 1804.

De l'âge des  taïnos, au triomphe des Généraux les plus légendaires de l'histoire militaire de l'humanité, jusqu'à la nation nègre, effrontée, maître du rythme et aussi têtue que le soleil, Haïti a brillé de mille feux à la parade internationale de Carifesta 2017, à la Barbade.

Ce que les officiels Barbadiens n'ont pas manqué de souligner à vive voix, lors de leurs interventions en la circonstance.

La participation d'Haïti à cette manifestation culturelle de portée régionale et internationale vient réaffirmer l'imagination créatrice de nos artistes et créateurs de génie et confirmer la dimension expressive de notre art et de notre culture.

Au cours de la même soirée des cérémonies officielles d’ouverture, le quartier touristique d’Oistin’s Park avait rendez-vous avec le ténor Haïtien de la Musique Racine, Boukman Eksperyans. La bande à Lòlò et Manzè a bien assuré, comme d'habitude.

Ces illustres spectateurs, notamment le Premier Ministre Barbadien, Freundel Stuart; le Secrétaire Général du CARICOM, Irwin Laroque et l’écrivaine américaine d’origine haïtienne, Edwige Danticat, se sont bien régalés de la performance d’une heure et demie du groupe haïtien.

Rappelons que la 12e édition de Carifesta a été organisée en Haïti, en Août 2015 et l'édition de cette année se déroule à la Barbade du 17 au 29 Août.

Jean Jul Désauguste
Hpn, depuis Barbade

Les entreprises juvéniles spécialisées dans la mode sont peu courantes dans le pays. Comme pour défier cette tendance, Calubu  Collections, depuis quatre années s’initient dans la mode en confectionnant des objets de tout genre. Nombreux sont ceux qui portent ces derniers jours les créations de Calubu.

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Au moins trois personnes ont été blessées vendredi lors du braquage d’une succursale de la caisse populaire FONKOZE à Gros-Morne, dans le département de l’Artibonite. Les bandits ont tout emporté sur leur passage avant de prendre la fuite. Trois employés de l’institution ont été interpellés.

La police de Gros-Mors a interpellé 3 individus après le cambriolage d’une succursale de la caisse populaire FONKOZE dans cette ville du département de l’Artibonite. Il s’agit de deux agents de sécurité de l’institution ainsi que son responsable de développement.

L’attaque, perpétrée par plusieurs bandits armés, a également fait trois blessés parmi les employés. Avant de prendre la fuite, les malfrats ont tout emporté sur leur passage: argent et autres objets de valeurs dont des téléphones portables des clients et membres du personnel.

Ils ont échangé des tirs avec une patrouille de police au moment de fuir, selon ce que rapporte un témoin faisant état d’impacts de projectiles sur la voiture de police et les murs de maisons aux alentours.

 

Lors d’une altercation lundi 19 février, Gabriel Macaronne (VERITE), Coordonnateur CASEC première section Dumas dans la commune de Fort-Liberté, aurait été bastonné par un agent de sécurité de la Mairie de Ouanaminthe dans la zone de « Morne casse ». Le CASEC voulait  s’opposer au chauffeur de camion berne de la Mairie de Ouanaminthe qui venait déverser des fatras dans sa juridiction, a appris HPN.

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Si la trace de ces anciens modèles de téléviseur n’est plus remarquée dans de nombreux magasins à Port-au-Prince, dans les rues par contre, notamment au centre-ville et à Pétion-Ville, on en trouve exposés au soleil et à la poussière à profusion. Mais les acheteurs semblent en faire cas de moins en moins. Une attitude qui est loin de plaire les revendeurs, constate Haiti Press Network.

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L’organisation Internationale de la Francophonie (OIF) lors d’une conférence mardi, a lancé la quatrième édition du prix du jeune journaliste. Cette conférence présentée conjointement avec les partenaires du Centre PEN Haïti et Surtab a eu lieu à la salle polyvalente Fokal-Unesco, dans les locaux de la « Fondasyon Konesansak Libète » (Fokal)sis à l’avenue Christophe, Port-au-Prince.

C’est sous le thème « jeunesse en action » que cette quatrième édition sera réalisée, a fait savoir Emmanuel V. Adjovi, Direceteur du Bureau Régional de l’OIF qui présidait la conférence. Le thème retenu se veut une occasion de "mieux faire connaitre cette jeunesse qui façonne la société haïtienne", déclarait-il.

Le concours s’adresse aux personnes résidant en Haïti  âgées entre 18 à 35 ans  et qui ont déjà publié des travaux journalistiques. Deux catégories sont concernées, presse écrite, presse radiophonique, et trois participants sortiront gagnants pour chacune des deux catégories. La réception des candidatures (reportage audio ou articles de journal en langue française) ouverte du même coup se fera en ligne sur le site www.prixdujeunejournalistehaiti.wordpress.com et prendra fin le  16 novembre 2018.

"Un journaliste est avant tout un écrivain" a déclaré Kettly Mars, romancière, présidente du Centre PEN Haïti qui a pris part à cette conférence. Quant à Diderot Musset, manager de Surtab, qui partageait le panel, il a invité les journalistes à surprendre les lecteurs.

Ce concours lancé pour la première fois en 2015, compte offrir, entre autres prix, pour la quatrième édition, des stages à l’étranger, des cours a l’Institut français en Haïti, une collection de la revue Conjonction. Les premiers lauréats, Luckson Sain-Vil, catégorie radiophonique de l’édition 2016 et Hadson Archange Albert, catégorie presse écrite de l’édition 2017 ont témoigné de leur expérience lors de cette conférence.

Sabry ICCENAT

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Photos : Sabry Iccenat

 

 

 

Le Collectif Défenseur Plus dénonce les actes d’agression dont ont été victimes des journalistes, lundi dernier au Parlement. Le co-directeur de cette structure de défense de droits humains qualifie d’indigne le comportement des agents de sécurité du Palais législatif impliqués dans cette affaire. Antonal Mortimé qui exprime sa solidarité avec tous les journalistes, appelle les patrons de presse à sortir de leur mutisme, ce, afin d’éviter que de tels actes se multiplient.

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Notre vieux routier du journalisme Marc Aurèle Garcia dit Marcus Garcia, coéditeur du journal hebdomadaire « Haïti en Marche » et PDG de Radio Mélodie FM, fête cette année, 40 ans de vie active comme journaliste.

Cet Homme de science et de sagesse connu pour sa verve humoristique, a vendu la mèche, ce dimanche 19 Août 2018, en répondant aux questions de notre consœur Elsie Ethéart pendant deux heures affilées. Ses débuts à la radio, ses parcours à Radio Haïti Inter et à Radio Métropole,ses démêlés avec le régime de Jean Claude Duvalier et l’avenir de la Presse en Haïti.

Cet icône qui a gravi tous les échelons dans la presse haïtienne  avant d’être ministre de la culture et de la communication en 2016 sous le gouvernement de transition de JocelermePrivert, explique que ses débuts étaient très difficiles. Il rappelle que tout jeune, il lui a été refusé l’entrée à la Faculté de médecine de l’Université d’État d’Haïti, ayant considéré comme un petit bourgeois par les sbires du régime.

Ce refus l’a poussé à fréquenter Maurice Duviquet, Jean Dominique et Ricot Jean Baptiste qui étaient des modèles à la radio. Marcus, comme ses amis l’avaient appelé sous les bancs de l’institution Saint Louis de Gonzague, raconte un autre fait qui a marqué sa jeunesse, c'est ayant obtenu une bourse d’étude pour la France,il devait rencontrer un ministre d’alors sous Duvalier, la secrétaire, sans le ménager, lui a gentiment asséné : « Le ministre n’accepte de voir que des blancs ». Marcus Garcia a mis en péril sa vie et celle de sa famille dont Josseline Garcia née Dominique. Exilé en 1980, il a dû travailler comme un bénédictin pour implanter le journal « Haïti en Marche » qui résiste encore à l’usure du temps.

Cet homme courageux lors du séisme du 12 janvier 2010, quoiqu’ayant perdu sa femme, n’a pas baissé les bras. Il a choisi de prendre le micro pour informer la population,tout en cachant sa tristesse, ses larmes qui continuent de couler à flots pour cette femme aimable qui planifiait tout pour Monsieur. Quand on cite Marcus en Haïti, c’est d’abord sa voix, sa diction, son humour,son rendez-vous matinal « mélodie matin » avec ses éditoriaux. Il aborde tous les sujets d’actualité avec une touche magique en dénonçant les dérives des gouvernements. Titulaire du MCC, il ne voulait pas abandonner le micro. Tous les matins avant de se rendre au ministère, Il présentait son journal avec tout le recul possible et n’hésitait pas à critiquer son propre gouvernement.

40 ans de vie active comme journaliste mais aussi 40 ans d’engagement en faveur de la liberté de la presse, de l'expression pluraliste et la permanence de l'éthique professionnelle. Quand on dit Marcus Garcia c’est aussi le lauréat du Prix Jean Dominique en 2002, journaliste distingué en 2012 par l’université quisqueya et le centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ) de Paris.40 ans de partage  en acceptant de former des jeunes dont Evans Hilaire, Dischler Marcelin, Serge César, Roosevelt Jean François, Yves Paul Léandre, Ruth Occéan, Villette Hertelou, Micheline Ulysse Mathieu , Michèle Kerlegrand pour ne citer que ceux-là.Chapeau Marcus ! Et travaillons pour le 50ème anniversaire.

 

 Yves Paul LEANDRE

 

 

 

 

 
 
Les vendredi 14, samedi 15 et dimanche 16 décembre, les habitants de Carrefour seront autorisés à tout mettre dans un coin accessible: ordures de toute sorte ou tout autre objet dont ils veulent se débarrasser. C’est le week-end du citoyen, un vaste programme d’assainissement et de ramassage d’ordures instauré par le maire Jude Édouard Pierre, il y a six ans de cela.
 
Ce ne sont pas moins de 90 camions et engins lourds qui vont sillonner la ville ce weekend, a promis le maire Jude Édouard Pierre. De manière exceptionnelle, les carrefourois et les carrefouroises peuvent tout mettre sur la chaussée mais dans un espace accessible aux bénévoles.
 
Ces derniers ont pour mission de les ramasser et les acheminer dans un centre de décharge. C’est la 6e édition du weekend du citoyen. Trois jours de mobilisation, de collecte et de ramassage d’ordures de toute sorte. Une activité réalisée depuis 6 ans et qui participe d’un vaste programme de ramassage d’ordures.
 
Tous les fonctionnaires de la mairie, environ 450 personnes, sont attendus, affirme Jude Édouard Pierre qui dit attendre la participation de plus de 4 mille personnes.
 
Ce programme, dit-il, est réalisé avec la participation des secteurs public et privé. Le ministère des travaux publics et le centre national des équipements (CNE) fourniront des matériels.
 
"Le FAES, fonds d’assistance économique et sociale, ainsi que l’ONA - office nationale d’assurance vieillesse- nous aideront également", a indiqué Jude Édouard Pierre, évoquant la participation de plusieurs entreprises privées évoluant dans la commune.
 
73% des ordures produites dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince sont d’origine organique et constituent donc un véritable potentiel jusqu’ici inexploité, affirme l’édile de Carrefour plaidant en faveur de la construction de centres de valorisation des déchets dans le pays.
 
Le député de Carrefour, Jacques Beauvil, qui participait au lancement de la 6e édition du weekend du citoyen, invite tous les carrefourois à y prendre part.  
 
L’assainissement n’est pas une simple question de ramassage d’ordures, rappelle le parlementaire, qui promet de travailler au curage des canaux.
 
Le weekend du citoyen est une vaste campagne de sensibilisation à la participation citoyenne, une véritable corvée citoyenne impliquant tous les secteurs de la vie communale, soutient Jude Édouard Pierre qui invite les entrepreneurs de Carrefour, à faire preuve d’indulgence à l’endroit de tout employé voulant y participer.
 
 

Un ponceau en décrépitude situé exactement à l’entrée de Pèlerin 5, quartier résidentiel du président Jovenel Moïse est, de toute évidence, au bord de l’effondrement. Mais le cortège présidentiel, y compris celui de son épouse, s’y faufilent quotidiennement comme si de rien n’était, constate un reporter de Haiti Press Network.

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24 heures après le séisme de magnitude 5.9 ayant provoqué la mort de douze personnes  dont huit (8) à Port-de Paix, un (1)à Saint-Louis du Nord (Nord-Ouest) et trois (3) à Gros Morne (Artibonite) et fait plus de 188 blesses, le gouvernement par le biais du ministère de la culture et de la communication(MCC) exhorte les  institutions humanitaires à s'adresser à la Direction de Protection Civile (DPC) avant d'intervenir dans les zones affectées. 

Le ministère demande aux institutions nationales et internationales intéressées d'avoir une autorisation formelle de la DPC, en charge des catastrophes naturelles.  

Dans une note rendue publique ce dimanche 7 octobre 2018, le MCC prévient les intervenantes et les intervenants dans ces départements, et toutes initiatives, dans un cadre humanitaire, que la police nationale d'Haiti (PNH) a reçu des instructions pour stopper les véhicules transportant de l'aide humanitaire destinée aux victimes du séisme non munis dune 'autorisation écrite, en bonne et due forme, de la Direction de Protection Civile.

Ce Dimanche 7 octobre, le président de la république, Jovenel Moise  et le premier ministre Jean Henry Ceant etaient à pieds d’œuvre à la Direction de la Protection civile pour s’enquerir de l’état de la situation et prendre des mesures appropriées pour voler au secours des victimes dont leurs maisons sont détruites ou endommagées et d’autres hospitalisées. Le tremblement de terre dans la nuit du 6 octobre 2018, a occasionné la chute de la devanture du commissariat central de Port-de-Paix, qui n’a pas fait de victime parmi les occupants. A Plaisance du Nord, la façade de l’église catholique s’est effondrée.

 

Yves Paul LEANDRE

Le juge Dieunel Luméran a rendu son ordonnance de clôture dans l'affaire des armes illégales saisies sur le port de la commune de St marc le 8 septembre 2016. Les noms des citoyens Ronald Nelson (Roro Nelson), André Jonas Vladimir Paraison, Réginald Delva, Durand Charles, Jimy Joseph, Junior Joël Joseph et Monplaisir Édouard, sont considérés comme des « inculpés fugitifs » dans le dossier de cargaison d’armes illégales de Saint-Marc, selon une ordonnance rendue, le lundi 3 décembre 2018, par le juge d’instruction Dieunel Luméran.

Le juge qui a subi des menaces de la part d'individus qui seraient impliqués dans ce dossier a indiqué que dans le cadre de ce dossier deux individus sont en état de prison dans la ville de St marc; il s'agit de l'ex-directeur de la PNH Godson Orélus et de Sandra Thélusma.

C'est un dossier qui sera transféré au tribunal de droit pour les suites nécessaires car il ne relève plus de l'instruction a fait savoir le juge Dieunel Luméran.

Son corps a été retrouvé dans la zone de Jérusalem dans la plaine du cul de sac portant des gants de sport et des vêtements sportifs. David Pierre est un policier de la 26e promotion. Ce meurtre vient confirmer la thèse que les policiers sont pris pour cibles par des individus non encore identifiés. Des informations feraient croire qu'il aurait ete victime dans une affaire de terrain dans la zone de canaan.

Le Directeur général de la police nationale Michel Ange Gédéon a encore une fois déploré ces pertes dans les rangs de la PNH alors que des hommes au plus haut sphère de l'Etat continuent de protéger les bandits qui circulent dans des voitures officielles.

M. Gédeon a fait savoir que la police continuera à traquer les bandits où ils sont dans le pays. Il promet d'arrêter le fameux "Arnel" en fuite dans le quartier de village de Dieu alors que la police menait une opération.

La Voiture qui aurait emmené le bandit lors de l'opération est identifié au numéro 00090 et appartient au ministère des affaires étrangères. Le Directeur général de la Police a ensuite fait savoir que son informateur lui aurait  donné des informations sur la plaque qui porteraient à confusion.

Pour le moment, le nombre de policiers tués entre Octobre et décembre porterait 10 dans la seule région métropolitaine avec une forte concentration de base de bandits armés et qui sèment la panique en commettant des actes odieux.

La police Nationale D'Haïti(PNH) a mené une importante opération ce dimanche très tôt vers 3h00 AM dans le quartier de Portail St Joseph dans la zone de La saline. Un Gallil, Un Uzi, ainsi qu'un  AK47 et des munitions appartenant à la PNH ont été saisis lors de cette opération ainsi qu'une voiture et des documents.

Les policiers ont procédé à plusieurs arrestations dont des bandits activement recherchés par la PNH dans les quartiers de la Rue Tiremasse, de St Martin, et du boulevard Jean jacques Dessalines. Plus de 60 personnes ont été interpellées . Plusieurs unités spécialisées de la Police nationale dont la BOID, CBIM, UDMO et des policiers de la  MINUJUSTH ont participé à cette grande opération.

Selon des hauts gradés de la PNH  d'autres opérations auront lieu pour traquer les bandits et ramener l'ordre dans la Capitale comme l'avait promis le Directeur général de la police nationale Michel Ange Gedeon.

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