Haïti-Séisme 2010 : La famille Petit-Homme s’en souvient

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Andrémène J. Petit-Homme, son fils Marquez et sa fille Angeline, sont encore hantés par les souvenirs du séisme majeur de magnitude 7, 3 ayant frappé Haïti le 12 janvier 2010 et plongé la capitale Port-au-Prince dans le chaos. À l’occasion du 7e anniversaire de la commémoration de cette catastrophe épouvantable, cette famille disloquée nous raconte sa souffrance, mais aussi son désir de reprendre goût à la vie.

Avant cette catastrophe du 12 janvier 2010 qui a causé la mort à quelque 300 000 personnes, la modeste famille Petit-Homme, composée de six personnes, vivait paisiblement dans le quartier de Morne Lazare (Pétion-Ville). Après le cataclysme, cette famille unie s’est vue réduire à seulement trois personnes.

Les corps de trois membres de cette famille n’ont jamais été retrouvés sous les décombres de la maison où ils vivaient. Et c’est-ce qui attriste le plus Andrémène, marchande de produits alimentaires au marché de Pétion-Ville qui essaie, 7 ans après, de se relever, suite à la perte tragique et regrettable de son conjoint, Guerlentz Petit-Homme et deux de ses quatre enfants légitimes, Clarel et Ambroise.

Dans l’esprit de ceux-là qui ont survécu, restent gravés, 7 années après, les souvenirs de ceux-là qui sont partis brutalement, les corps fracassés et écrasés sous des masses de béton.  Mélangés à la terre, ils ont été ramassés par les pelleteuses mécaniques plusieurs jours après le drame, nous témoigne Andrémène qui ne pouvait plus contenir ses larmes.

« Ce jour-là, j’étais encore au marché. En dépit d’une mauvaise vente, je n’avais pas envie de rentrer tôt chez moi. Il y avait également Angeline qui n'était pas encore revenue de l’école. C’est-ce qui nous a sauvées. Sinon, on aurait pu se retrouver tous à l’intérieur de la maison », nous explique-t-elle.

Aussi, poursuit-elle que : « Marquez qui était dans le voisinage a bien failli perdre lui aussi sa vie. La maison voisine où il se retrouvait s’est écroulée comme la nôtre...», nous siffle plus loin notre interlocutrice, un peu déboussolée. 

Angeline elle, a encore de grandes difficultés à parler de son père et de ses frères enterrés sous les décombres. Un passé tragique qu'elle n'arrive toujours pas à oublier. Elle préfère plutôt ne pas en parler.

« Désolée monsieur le journaliste! J’ai encore la tête ailleurs. Mon papa et mes frangins me manquent. Je ne les reverrai jamais. Je n’ai même pas eu l’occasion de leur rendre un dernier hommage. Je ne peux vraiment pas vous en parler. Le séisme m’a privé de ces êtres les plus chers. C’est douloureux », nous lâche épuisée, Angeline Petit-Homme,  disant se rappeler de cette masse de poussière qui plongea Port-au-Prince dans un bouleversement total.

Aujourd’hui, Andrémène essaie de se consoler un peu avec le sourire mignon et le babillage innocent de son petit-fils Babas. Ce poupon a seulement deux ans. C’est l'enfant de son fils Marquez qui, lui aussi, digère encore très mal la perte terrible de son papa et de ses deux petits frères.

« Je ne peux effacer de ma mémoire les souvenirs de mes proches ainsi que celui de tous les décédés que j’ai vus défiler devant moi, lors de cette catastrophe naturelle qui hante encore les esprits. Nous n’avons malheureusement pas le contrôle total de la nature », se lamente Marquez coopérant et jovial. Il projette d’aller se recueillir en mémoire de toutes les victimes à Saint-Christophe, où seraient enterrés plus de 250 000 morts dans des fosses communes.    

Toutefois, pour ce qui reste de cette famille, la vie continue tant bien que mal quoiqu’il soit très difficile pour eux comme tant d’autres qui l’ont vécu, d’oublier cette catastrophe sans précédente. Mais ils ne sombrent pas totalement dans la paranoïa.

Andrémène occupe toujours une place au marché informel de Pétion-Ville. Marquez qui travaille dans un hôtel de la capitale, va bientôt quitter l'inconfort de cet abri provisoire qu’une ONG avait construit pour lui. Quant à Angeline, elle se prépare à faire sa vie sous peu avec son petit ami qui, lui aussi, avait vécu le pire moment de sa vie lors de ce tremblement de terre meurtrier.

Alix Laroche

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