Quelques jours après que la combustion des pneus et les débris des véhicules utilisés par les manifestants pour bloquer les rues de la capitale aient amoché l'infrastructure de la ville, les mairies de Port-au Prince et de Delmas ont entamé hier dans la matinée des travaux de nettoyage des rues les plus touchées par l’événement.
 
Sur l'autoroute de delmas, le maire Wilson Jeudy a été aperçu supervisant les travaux d'assainissement menés par les agents de la mairie et quelques bénévoles aidés par des sapeurs pompiers qui aspergeaient le sol d'eau dans le souci de nettoyer les rues  et par de là, assurer la prévention de certaines maladies que les poussières nocives nées des vestiges des caoutchoucs auraient pu transmettre à la population.
 
Le maire Wilson Jeudy qui s'exprimait au cours de cette situation a dévoilé avec brio ses intentions de s'occuper des conditions hygiéniques de la commune de delmas afin qu'elle demeure propre et exemplaire.
 
"La lutte contre l'insalubrité est un combat perpétuel. Les détritus causent autant de tort à notre santé qu'à notre image. Tant que je possède la force, les citoyens peuvent compter sur moi pour leur donner une ville propre et bien entretenue" a t-il confié aux citoyens de la commune.
 
Rappelons que cette même activité a été observée au bicentenaire où la mairie de Port-au Prince,  munie de camions et d'excavatrices s'évertuait à extirper de la rue les fragments poussiéreuses des pneus  confondus aux tas d'immondices jonchant sur le sol.
 
Par Noada Batista Aimé

 

 
Le Groupe de Recherche et d’Action Sociale (GRASO), créé en avril 2015 dans le contexte des mécontentements ayant marqué la fin du mandat de l’ancien Président Joseph Michel Martelly teintée de déceptions pour certaines couches de la population, s’est donné pour objectif d’amener les citoyens à prendre en main leur destin. Dans cette perspective, la structure est sur le point de clôturer la deuxième édition de la quinzaine de l’environnement sur les changements climatiques.
 
Haïti face aux changements climatiques, tel est le thème retenu par le GRASO au cours de cette quinzaine de l’environnement lancée le 22 mai dernier, nous confie Berlony Jules, président du comité exécutif. Cette initiative vise particulièrement le renforcement de la résilience des communautés locales et leur capacité d’adaptation face aux changements climatiques, affirme-t-il.
 
Pour mener à terme ce projet, le GRASO met l’accent sur une stratégie d’exécution double et complémentaire, lit-on dans le document cadre préposé à cette fin.  
 
Comme précisé dans ce même document, dans un premier temps, une campagne de sensibilisation a été lancée à travers les écoles, les espaces publiques, les associations communautaires de base, les médias et quartiers précaires par le biais de conférences-débat, de projection, journée écologique, d’exposition, de porte à porte, des formations, des affiches de sensibilisation et des causeries avec les paysans, etc. Dans un deuxième temps, il est prévu que des comités de suivi devront être mis en place de concert avec les organisations communautaires de base dans chaque localité pour continuer le travail de prévention et de support techniques aux populations les plus vulnérables .
 
Il est à noter que les interventions du GRASO au cours de cette quinzaine s’étendent sur les départements de l’Ouest, du Sud, du Sud Est, de l’Artibonite, du Centre et des Nippes.
Pour concrétiser sa devise "Agissons autrement ", selon Jonathan Jean, conseiller au comité exécutif, depuis sa création, le GRASO compte déjà à son actif une campagne d’hygiène publique, plusieurs séances de formation sur les maladies sexuellement transmissibles et sur le traitement de l’eau, entre autres.
 
En effet, constituée d’un arsenal de professionnels diversifiés conscients de la responsabilité citoyenne qui leur incombe, la structure assure particulièrement l’ensemble de ses interventions dans les domaines de la santé, de la jeunesse, de l’éducation et de l’environnement.
 
Pour clore la quinzaine, ce mardi 5 juin, une conférence a été présentée par Jean Frantzky Calixte, licencié en sociologie, autour du thème « Gestion des risques et catastrophes : défis et perspectives pour les autorités locales ». Ce 5 juin marquait également la journée mondiale de l’environnement.
 
 
 
Wadner Voltaire
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 Après que la semence de riz "Jasmine 85"  avec un arôme particulier a été introduite au pays par la compagnie téléphonique vietnamienne ‘’Natcom’’, les plantations de riz dans la vallée de l’Artibonite sont sérieusement menacées. Cette semence attire les rats par son arôme. Les rongeurs envahissent les plantations et ravagent ces dernières. L’État promet de dératiser, tandis que les cultivateurs exigent réparation et dédommagement.

La ferme MAUGER se situant dans la petite rivière de l’Artibonite est sous la direction de l'organisme de développement  de la vallée de l’Artibonite(ODVA). Sa vocation est d’expérimenter les nouvelles semences avant qu’elles soient considérées comme cultivables dans la région.  C'est cette institution d'expérimentation agricole qui a révélé la présence "Jasmine 85" dans la Vallée.

Depuis plus de 7 mois, les planteurs dans les fermes sont aux abois. Les plantules de riz sont sectionnées ensuite séchées, C'est un vrai désastre. Ce phénomène est dû aux rats envahisseurs, attirés par la semence du riz Jasmine en provenance du Vietnam. la Compagnie de téléphonie vient de révéler le nom de deux sénateurs impliqués dans la distribution de "Jasmine 85" dans l'artibonite.

On n’aurait pas beaucoup à craindre si ce phénomène se limitait uniquement au ferme MAUGER. Là-bas, la culture est de nature strictement expérimentale mais dans le cas du riz "Jasmine" les envahisseurs sont partout. Environ 8 communes sont touchées par le phénomène des rats.  Ces rongeurs s'attaquent même aux fermiers.

C'est le député Samuel d'Haïti Président de la commission agriculture qui a décidé de rendre public ce désastre agricole et social dans l'artibonite.  Pour lutter contre les rats, l’Etat promet 3 millions de gourdes en terme d'accompagnement aux planteurs pour opérer la dératisation dans la vallée. Les planteurs ne voient pas les choses de cet œil, la dératisation, selon eux, n'est pas la solution. Il faut dédommager les victimes selon Louisseul François, coordonnateur de l'association des planteurs de l'artibonite.

 Pour le moment c'est la technique d'élimination physique que les fermiers utilisent pour détruire les rats. Dans la vallée de l’Artibonite si le riz Jasmine 85 attire les rats, il excite aussi ces petits malfaiteurs à s'attaquer aux autres types de riz comme le TCS, la crête et le "madan gougousse" que l’on cultive dans la région.  Et les fermiers sont les premiers à faire les frais de ce don empoisonné venu du Vietnam.

Naomie Olivier

Photos : Fortuné Nelson

 

Il a fallu 20 minutes à motocyclette de Petite rivière pour atteindre la localité de Canneau, 2e section de la commune de Verettes dans l'artibonite. Nous sommes quatre reporters de Haïti Press Network accompagnés du coordonnateur de l'association des planteurs de la vallée de l'artibonite Louisseul François.

Ce sont des paysans roue à la main qui nous accueillent, le visage inquiétant mais mobilisés pour une cause qu'ils n'entendent pas lâcher. Le 11 Janvier 2017, plusieurs jardins ont été inondés par les eaux du fleuve venant de Péligre.  Aujourd'hui, ils demandent à l'Etat haïtien de les dédommager. Plusieurs millions de gourdes ont disparu dans l'espace d'une journée après plusieurs mois de travail, c'est inadmissible explique Alexandre Gillet de VIA(valorisation Intensification de l'artibonite). 

 

A la question, comment cela a t-il pu se produire? Les paysans nous accompagnent à 200 mètres plus loin pour nous faire découvrir leur casse-tête : Le barrage de Canneau.  

Cette oeuvre de 32 mètres de long a été inaugurée sous le gouvernement de Paul Eugène Magloire en 1954 nous explique Augustin Oneck pour contrôler le mouvement de l'eau et régulariser son passage dans la vallée. 

Cet opérateur qui travaille au barrage depuis 1976 assure le contrôle du système. M. Augustin a indiqué aux reporters de HPN sur les lieux que l'ancien système comprenait une seule vanne pour stopper et contrôler le passage de l'eau. En 1998 et en 2008, le barrage avait subi de sérieux dommage lors du passage des cyclones Georges et Anna.

Ce barrage géré par l'organisme de développement de la Vallée de l'artibonite(ODVA) a été réhabilité en 2009 sous le gouvernement de René Préval avec 4 nouvelles vannes pouvant canaliser 1000 m3 d'eau à la seconde selon les explications de Augustin Oneck.  pendant notre visite seulement une vanne fonctionnait normalement et les autres étaient déjà en panne remplis de fatras de toute sorte. Ce qui cause son dysfonctionnement. C'est donc là le mal des planteurs. L'eau n'est pas contrôler, elle envahit toute la vallée et le reste vous pouvez l'imaginer. 

 

Des jardins d'haricots évalués à des millions de gourdes sont perdus; des bétails emportés. Ophin Vilaire du mouvement des jeunes de l'Artibonite(MJL) a confié aux reporters de HPN avoir perdu entre 300 à 500 mille gourdes d'investissements.

En outre, plusieurs dizaines de planteurs vivent dans le marronnage ne pouvant plus rembourser leurs dettes auprès des caisses agricoles de la zone. D'autres sont parvenus à subsister grâce à des transferts venant de la diaspora des Etats Unis et du Canada. Ces planteurs nous expliquent que des plantations de tomate, de petit mil, des pompes d'irrigation installées ont été emportées par les eaux. 

 Environ 350 paysans sont victimes de cette mésaventure en Janvier 2017 et 6 localités sont directement touchées par l'inondation. Un dossier sera déposé sous peu au parquet de St Marc pour forcer l'Etat haïtien à dédommager les victimes. Seul le député Samuel d'Haïti a visité les victimes nous ont-ils confiés. La voiture du président de la commission agriculture à la chambre basse a essuyé des tirs mercredi alors qu'il s’apprêtait à participer à une émission dans une Station de radio de la ville de St marc a appris HPN. 

ET/HPN

 

 

 

 

Plus d'articles...

Inscrivez-vous via notre service gratuit de courriel d'abonnement pour recevoir des notifications lorsque de nouvelles informations sont disponibles .

HPN Sondages