Haïti-Péligre : Cette baisse inquiétante du fleuve de l’Artibonite

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Exposé en contrebas de la route qui conduit à Hinche (Plateau central), le fleuve de l’Artibonite au niveau de Péligre, semble avoir subi l’effet de la sècheresse ou encore d’un phénomène ésotérique difficile pour le moment à expliquer. Lors de notre passage au Plateau central, vendredi 20 juillet, Haiti Press Network n’a constaté qu’un filet d’eau mince et de vastes espaces laissant entrevoir le sol à l’œil nu ; au point tel qu’on se demande si ce qui reste de ce grand fleuve peut atteindre la mer où il est censé se jeter.

Que s’est-il passé au fleuve ? Pourquoi le niveau de l’eau est aussi bas? N’a-t-il pas une conséquence néfaste sur le barrage hydroélectrique de Péligre qui produit de l’électricité ? C’est, entre autres, autant de questions formulées par des observateurs qui empruntent la route de Hinche, en constatant ébahis, les eaux qui se muent presqu’en un simple ruisseau, même plus capables d'atteindre la mer où elles sont censées se jeter.

Alors que les turbines du barrage hydroélectrique de Péligre (54 Mw disponibles maintenant), un ouvrage d'art construit sur le fleuve de l’Artibonite, situé dans le département du Centre, à 52 km de Port-au-Prince, ne fonctionne efficacement que lorsque le niveau de l’eau est élevé, nous laisse comprendre Geurlentz qui a une expertise en génie électrique.

« Je ne comprends pas encore ce qui arrive au fleuve. Le déficit de pluie ces derniers temps ne peut pas forcément expliquer cela. Généralement, l’eau baisse au niveau de Péligre aux mois de janvier et de février, mais pas à ce point-là », nous témoigne Joram Moncher, un habitant du Plateau central et journaliste correspondant du quotidien Le Nouvelliste.

Interrogée à ce sujet, une autorité locale qui a requis l’anonymat, ne pouvait lui non plus, nous fournir une explication censée à ce fait. « Je ne fais que constater la baisse du niveau de l’eau comme tout le monde. C’est inquiétant même pour l’irrigation », nous balance notre interlocuteur, décontenancé.  

« Est-ce une mauvaise gestion de l’eau comme tant d’autres ressources naturelles du pays ? » C’est l’interrogation d’un autre citoyen avisé à qui nous avons eu une petite conversation amicale qui essaie de comprendre le mystère après le constat. 

Dans un contexte de sécheresse persistante et de bouleversements climatiques, la surexploitation de l’eau pour alimenter les aires agricoles de la région, pourrait faire fluctuer le niveau du fleuve. Ce qui pourrait en être bien une explication un peu judicieuse de l’avis de plus d’un.

Néanmoins, constatons-nous, partiellement asséché, ce fleuve qui s’étirait comme un géant serpent le long de l’Artibonite et du Centre pour rejoindre les eaux de la République voisine, présente aujourd’hui un aspect inquiétant, tenant compte de sa baisse vertigineuse et dilettante. 

Quid du barrage de Péligre

Le barrage hydroélectrique de Péligre à contrefort a été créé afin, dans un premier temps, de protéger les populations contre les inondations en contrôlant le flux de l'Artibonite, puis il a servi de réserve d'eau pour l'irrigation. Une vingtaine d’années plus tard après sa construction, une centrale électrique a été ajoutée pour apporter de l'énergie électrique. La réalisation de cet ouvrage entrait dans le cadre du projet agricole de la vallée de l'Artibonite qui fut lancé dans les années 1930.

Il fut construit par le Corps des ingénieurs de l'armée des États-Unis et financé par la banque d'import-export américaine Eximbank.

Texte : Alix Laroche

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Photo : Sadrac Théodore

Recherche : Wikipédia

 

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