Le porte-parole de la police nationale d’Haïti (PNH) le commissaire  Michel-Ange Louis jeune, a rencontré la presse  Lundi 5 novembre. L’intervention policière au village de Dieu et le débarquement des policiers au centre hospitalier Bernard Mevs le week-end écoulé etaient au centre de cette conférence.

C’est une police consciente du climat d’insécurité dans lequel vit la population et qui veut assumer ses responsabilités a rappelé le commissaire dans ses propos d’introduction. "Nous connaissons tous la terreur que sème les bandits à l’entrée sud de la capitale; la police ne peut pas se croiser les bras et nous avons planifié une opération" a informé le porte-parole de la PNH. Cette intervention  a été lancée dans un premier temps samedi dernier, n’a pas abouti à l’objectif premier qui était la capture du puissant chef de gang Arnel Joseph, a reconnu Michel-Ange Louis jeune.

"Toutefois le porte parole a indiqué que la PNH  a procédé à l'interpellation de 80 personnes, la perquisition d’environ d’une centaine de maisons et la saisie de 3 motocyclettes dans la maison même d’Arnel’’ a t-il fait savoir. En soulignant l’une des personnes interpellées était recherchée par la police. 

Au cours de son intervention le commissaire Louis jeune est revenu aussi sur la journée de tension  au centre hospitalier Bernard Mevs, le vendredi 2 novembre avec le débarquement d’une véhicule de la police sur les lieux.

"Ils étaient  deux à impliquer dans une échange de tirs avec la police, l’un a été  tué, l’autre blessé a été conduit à l’hôpital" a expliqué le porte parole.  "Le chef de gang décédé est connu sur le sobriquet de ‘’Kiki’’ et l’autre activement cherché par la police est à l’hopital avec l’accord de l’administration de Bernard Mevs et dénommé  "bout Janjan" a précisé la voix de la PNH. 

"Si la police fait  des opérations sur le terrain  pour arrêter les bandits, parallèlement elle mène une enquête pour savoir qui  leur fournissent les armes et  les munitions’’  a informé le porte-parole invitant la population à la collaboration.

Kervens Olivier

 

l'Hôpital Bernard Mevs dans la commune de Delmas est sous forte tension depuis ce vendredi matin. La Police serait à la recherche d'un individu qui recevrait des soins à cet hôpital sur la route de l'Aéroport. Des dizaines de manifestants se seraient opposés à cette arrestation qu'ils jugent illégale et inopportune.

Cet individu dont l'identité n'a pas été révélée aurait reçu une balle lors des manifestations au Bel Air. Une patrouille de la policie nationale se trouve pour le moment devant l'hôpital pour procéder à l'arrestation du fugitif. Des pneus enflammés etaient remarqués un peu partout dans la zone de sans-fil et de st Martin. La Police est sur le qui-vive et les autorités  extremement preoccupées par le développement de la situation.

Cette Semaine de la Toussaint est peut être l'une des plus laborieuses pour les agents de la PNH. Hier jeudi, des tirs nourris ont été entendus dans plusieurs endroits de la region métropolitaine. Ce vendredi 2 Novembre très tôt, une situation de tension régnait au marché de la Croix des bossales au boulevard Lasaline, à quelques dizaines de mètres du parlement haïtien. Certains commerçants parlent de l'assassinat du Directeur du marché et de personnes décapitées.

Dans la zone du bicentenaire, c'est le désert. Trois groupes de gangs s'affrontaient pour le contrôle de la zone. Pour le moment, la police aurait déployé plusieurs de ces hommes aux villages de Dieu et solidarité pour essayer de mettre hors d'etat de nuire les bandits qui controlent la zone depuis quelque temps. 

Tout au cours de cette semaine, des armes automatiques étaient entendus dans le quartier de martissant, du bicentenaire et à Bolosse. Des  traces de pneus enflammés etaient encore visibles sur toute la chaussée au Portail Léogâne. Certains mecaniciens de la zone parlent de cadavres abandonnés et qui ont ete brulés pour proteger les riverains de la rue du magasin de l'Etat. 

 Le directeur exécutif du réseau national se défense des droits humains, Pierre Espérance, appelle à une synergie entre la police et la justice pour neutraliser les bandits qui sèment le deuil dans les familles haïtiennes notamment dans la zone du Bicentenaire et à Grand-Ravine.           

Il  est anormal, dit le militant des droits humains, que des individus armés défient la police en plein cœur de la capitale. 

La police a elle seule, ne peut rétablir un climat sécuritaire dans la zone de Grand-Ravine, a dit Pierre Espérance, mettant l’accent sur la nécessité de la mise en oeuvre  des programmes d’apaisement social  en faveur des citoyens vivant dans ces communautés réputées sensibles. 

Actuellement, déplore-t-il, ce sont uniquement des organisations internationales qui interviennent dans ces quartiers difficiles.

Lundi, des affrontements ont eu lieu entre une patrouille policière et un groupe de bandits à Martissant. Plusieurs civils armés ont été blessés et il y aurait des morts dans leur camp. Jusqu'à présent aucune victime n’a été enregistrée dans les rangs des forces de l’ordre. Ces bandits feraient partie du gang dirigé par le très connu Arnel qui a promis, sur une station de radio de la Capitale, des actes de représailles estimant que la police aurait bénéficié de l’appui d’un gang rival.               

Pierre Espérance du RNDDH dénonce également l’attitude de certains acteurs de la chaîne pénale et de quelques hauts fonctionnaires qui ont l’habitude d’intervenir pour obtenir, sans aucune forme de procès, des bandits appréhendés par les agents de la PNH ce qui, affirme-t-il, met en danger la vie des policiers.

Pierre Espérance juge inopportun que des bandits s’expriment librement dans les médias. "Il ne faut pas leur tendre vos micros pour qu’ils crachent leurs menaces", lance Pierre Espérance, qui invite à une meilleure synergie entre la police et la justice.    

HPN

Plus d'articles...

Inscrivez-vous via notre service gratuit de courriel d'abonnement pour recevoir des notifications lorsque de nouvelles informations sont disponibles .

HPN Sondages