Haïti-Police : SPNH-17 se démarque du « Fantom 509 », la PNH est-elle divisée ?

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C’est en tout cas, la question que se posent de nombreuses personnes qui constatent tristement des affrontements répétés entre policiers et leurs collègues ces derniers temps, pendant que la police devrait redoubler d’efforts pour combattre les gangs armés qui sèment la panique et le deuil dans le pays, constate Haiti Press Network.

Si les événements du 5 février 2021 au Canapé-Vert, rappelons-le, où un agent du SWAT a été tué dans le cadre des échauffourées entre la police et des membres du groupe de policiers dénommé « Fantom 509 », ont été considérés comme un incident, les grognes une fois de plus du lundi 22 mars à Delmas entre la police et « Fantom 509 », ayant abouti à la mort d’un agent du CIMO et un blessé grave dans le rang de la PNH, montrent clairement qu’il y a un sérieux problème au sein de cette force armée qui risque d’être empiré dans un avenir pas trop lointain.

Et, la principale victime dans tout ça, reste et demeure la population haïtienne, déjà dans la tourmente d’une vie chère, ponctuée d’un climat d’insécurité grandissante qui est dans l’expectative, ne sachant à quel saint se vouer.     

Lors d’une rencontre avec la presse, ce mardi 23 mars, Sincy Domond, porte-parole du Syndicat de la Police Nationale d’Haïti (SPNH-17), a fait savoir que le groupe « Fantom 509 » n’est pas SPNH-17 et vice-versa. Il demande au haut-commandement de la PNH d’éviter de les confondre. 

« SPNH-17 ne s’identifie pas à Fantom 509. Il n’est pas Fantom 509. C’est une structure syndicale organisée reconnue légalement par l’État. En plus, nous ne sommes pas des fantômes, mais des vivants regroupés au sein de cette structure de défense des intérêts des policiers de la PNH et ayant une adresse bien précise », a déclaré le porte-parole du SPNH-17.

Il en a profité de l’occasion pour dénoncer le haut-commandement de l’institution policière qui, dit-il, révoque n’importe comment et émet des avis de recherche contre 7 policiers qui seraient membres du Fantom 509.

Par ailleurs, au nom du SPNH-17, Sincy Domond appelle tous les syndicats du monde entier à se solidariser avec cette structure syndicale de la PNH. « La vie de plusieurs policiers est en danger. Mais nous n’avons pas peur. Un policier n’a jamais peur. Nous nous battons jusqu’au bout pour nos droits », a soutenu Domond, lequel dit avoir compté sur les pays amis de la République qui reconnaissent qu’Haïti a signé des conventions et accords, auxquels les structures syndicales sont reconnues.         

Nonobstant, quoique le groupe Fantom 509 se montre généralement plus violent lorsque les policiers qui s’y regroupent gagnent les rues, les deux structures syndicales disent pourtant vouloir défendre, tout au moins,  la même cause, à savoir les intérêts de la PNH et de tous les policiers.

À côté du Fantom 509 et du SPNH-17, ces derniers jours, on parle également de l’équipe de Léon Charles, directeur général de la PNH, de All Black au sein de la PNH, de l’équipe du palais national avec l’USGPN dirigé par Dimitri Hérard.

Une crise sans précédent ronge à répétition la PNH depuis quelque temps. La population qui paie ce corps armé légal par le biais de ses taxes ne pipe encore mot dans cette situation qui tend à perdurer. Toutefois, beaucoup de gens disent ne pas comprendre ce qui se passe au sein de cette institution placée pourtant pour protéger et servir, maintenant au bord de l'explosion. 

Alix Laroche

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