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Haïti-Agriculture : Renforcer l’agriculture familiale par l’implication des jeunes

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PROMODEV / CTA / MARNDR / FAO-Briefing no. 8 sur le développement en Haïti- Dans le cadre de la célébration de la Journée Mondiale de l’Alimentation-Renforcer l’agriculture familiale par l’implication des jeunes et l’utilisation des technologies

 

 

 

1.- Contexte

L’agriculture haïtienne  est généralement  pénalisée par une image peu valorisante au regard des jeunes générations, ce qui a eu pour conséquence au cours de ces dernières années d’accélérer le processus d’exode rural des jeunes vers les grands centres urbains pour bien souvent n’occuper que des emplois non agricoles peu rémunérateurs et précaires. Selon les données du RGA 2008, les jeunes agriculteurs de moins de 30 ans représentent environ 12% du total des exploitants agricoles du pays contre 19.3% qui ont plus de 60 ans.  Le chômage global frappe environ 60 pour cent de la population et affecte surtout les jeunes et les femmes des zones marginalisées urbaines et les zones rurales. En tenant compte que les jeunes haïtiens et haïtiennes sont largement affectés par les phénomènes de pauvreté et d’exclusion économique et sociale, un développement agricole durable est essentiel pour améliorer les perspectives du pays vers une sécurité économique et alimentaire pérenne . Dans ce contexte, l’emploi et la promotion d’opportunités économiques pour les jeunes et les femmes dans les zones rurales font appel à une stratégie novatrice en se basant sur l’agriculture familiale en vue de trouver des solutions durables face à ce grand défi.

L’agriculture familiale est liée de façon indissociable à la sécurité alimentaire nationale et mondiale et représente en Haïti 25% au PIB du pays. Dans les pays en développement comme dans les pays développés, c’est la principale forme d’agriculture dans le secteur de la production alimentaire. L’agriculture familiale englobe toutes les activités agricoles reposant sur la famille, en relation avec de nombreux aspects du développement rural. Elle constitue l’une des plus grandes sources d’emploi en milieu rural et le premier fournisseur de biens alimentaires. Pour l’année 2014, cette agriculture est à l’honneur sur la scène internationale avec la proclamation par l’Organisation des Nations Unies de l’année 2014 « Année internationale de l'agriculture familiale » ; c’est l’occasion pour la PROMODEV et le CTA de témoigner de leur fort engagement, depuis de nombreuses années, en matière de recherche et de vulgarisation agricole « sur » et « pour » l’agriculture familiale qui occupe jusqu’à 90 % de la production nationale. Il est à noter que le recensement général de l’agriculture (MARNDR, 2008) a fait ressortir que :

L’agriculture haïtienne est essentiellement familiale : 98% de la main d’œuvre est familiale (57.7% de MOF permanent et 40.3% d’aides familiales), L’agriculture familiale est pratiquée sur des exploitations agricoles de moins de deux carreaux de SAU soit près de 90% des exploitations pour 80% de la SAU totale du pays.

Il y a plus de 800 mille exploitations agricoles familiales en Haiti

L’agriculture familiale crée 54% des emplois disponibles dans l’économie (90% de 60%)

Par ailleurs, l’agriculture familiale joue un rôle important au niveau socio-économique, environnemental et culturel. Elle promeut  les produits alimentaires traditionnels, tout en contribuant à une alimentation saine et équilibrée, à la conservation de la biodiversité agricole et à l’utilisation durable des ressources naturelles. Cependant, les menaces qui pèsent sur l’agriculture familiale dans le pays sont de taille. C’est d’abord l’émiettement des parcelles cultivées, compte tenu de la loi successorale qui  exige le partage égal de l’exploitation entre les héritiers et le manque de services d’appui tel l’encadrement technique, la vulgarisation agricole et l’accès aux intrants.

Les enjeux et les défis agricoles et alimentaires dépassent largement les frontières. En fait,  l’AIAF doit se traduire en « année internationale des agriculteurs familiaux ». C’est dans ce contexte que la PROMODEV, avec le support du CTA et en lien avec le Ministère de l’Agriculture et la FAO se propose de réaliser le Briefing no.8  sur le développement en Haïti autour du thème : Renforcer l’agriculture familiale par l’implication des jeunes et l’utilisation des technologies.

 

 

2.- Vers l’implication des jeunes, agriculteurs et entrepreneurs en Haïti

La population haïtienne présente une structure jeune. Plus de la moitié de la population ont moins de vingt et un (21) ans. Les personnes âgées de moins de quinze (15) ans représentent 36,5 % de la population, celles de 15 à 64 ans 58,3 %, tandis que la population âgée de 65 ans et plus est de 5,1 % d’après les chiffres publiés par l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI) .

 

Le métier d’agriculteur n’est pas attractif malgré sa grande importance sur le plan social et économique. Il s’en suit  que l’agriculture ne parvient pas à assurer sa propre relève, avec une population d’agriculteurs de plus en plus vieillissante. Ce mépris vient principalement de ces derniers qui pensent que le métier d’agriculteur est dégradant et ingrat, et font tout pour orienter leurs enfants vers d’autres corps de métiers plus valorisants. C’est pourquoi, plus de 80% des fils et filles d’agriculteurs ne souhaitent pas continuer avec la relève de la production agricole, ce qui a eu pour conséquence au cours de ces dernières années d’accélérer le processus d’exode rural des jeunes vers les grands centres urbains pour bien souvent n’occuper que des emplois non agricoles peu rémunérateurs et précaires. Le chômage équivalent global (sous-emploi et le chômage) frappe le 60 pour cent de la population et affecte surtout les jeunes et les femmes des zones marginalisées urbaines et les zones rurales .

 

Dans l’imaginaire des jeunes, l’agriculture familiale ne correspond guère à leurs aspirations et n’offre pas de perspectives attractives. D’où la nécessité de changer l’image de l’agriculture. Les initiatives dans ce sens se multiplient. Elles empruntent des voies très diverses : le Caribbean Farmers Network (CaFAN) a, par exemple, lancé l’exposition Agrofest à la Barbade qui met en exergue la diversité des opportunités, tout comme la foire agricole de Denbigh en Jamaïque, ou encore Festicoffee et Festicacao au Cameroun. À Sainte Lucie, le renforcement des liens entre agriculture et tourisme permet non seulement de stimuler la production mais aussi de changer l’image de l’agriculture et d’attirer plus de jeunes

En tenant compte que les jeunes haïtiens et haïtiennes sont largement affectés par les phénomènes de pauvreté et d’exclusion économique et sociale, un développement agricole durable est essentiel pour améliorer les perspectives du pays vers une sécurité économique et alimentaire pérenne. Sur ce, l’emploi des jeunes et la promotion d’opportunités économiques pour les jeunes et les femmes dans les zones rurales appelle une réponse urgente et novatrice dans un contexte de l’insécurité alimentaire en Haïti.

Comme fondamentale, il est important de prendre l’« engagement pour le renouvellement des générations en agriculture, pour les filières en Haïti, pour la population haïtienne et pour la promotion du métier de l’entreprise agricole ».

En outre, il est important que le ministère de l’Agriculture mette l’accent sur l’appui à l’entreprenariat des femmes et des jeunes avec le crédit et l’assistance technique pour le montage de l’entreprise agricoles. Un projet d’appui aux jeunes entrepreneurs serait favorable pour faciliter l’agrobusiness et un retour vers les pratiques agricoles par les jeunes en Haïti.

 

3.- L'utilisation des technologies : un pas en avant

Si elles ne peuvent tout palier, les nouvelels technologies de l’information et de la communication (NTIC) sont incontestablement un outil qui favorise les opportunités, les motivations et les capacités des jeunes agriculteurs à s’engager dans l’agriculture. Elles participent à l’amélioration de leurs conditions de vie, à la modernisation de l’activité et à la création de bénéfices tout au long de la chaîne de valeur avec notamment les multiples applications pour Smartphone offrant une meilleure information (cf Spore n°169 dossier TIC : La révolution numérique). En outre, elles renforcent et développent les organisations paysannes via notamment les réseaux sociaux. De nombreuses actions peuvent être menées comme la formation des jeunes aux TIC (notamment en milieu rural), les concours sur l’utilisation des TIC dans l’agriculture, etc. Les jeunes développeurs informatiques devraient être en outre encouragés à développer des applications informatiques ciblant le monde agricole, ce qui peut leur générer des revenus certains et renforcer la modernisation du secteur agricole. Le CTA, dont la jeunesse est au cœur de sa nouvelle stratégie 2013-2017, met en œuvre plusieurs actions dans ce domaine.

Dans certains pays de la Caraïbes, on a pu remarquer comment les producteurs utilisent les téléphones mobiles en vue de vendre leurs produits agricoles. A Saint-Vincent par exemple, l'agricultrice Audrey Walters-Butler envoie un SMS à l'Agence de développement et de commerce agricole des Caraïbes orientales (ECTAD) pour répondre à une commande de taro et de choux caraïbes passée par un acheteur au Royaume-Uni .

L’agriculture est aujourd’hui source de croissance ; son développement est indispensable à l’amélioration de la sécurité alimentaire de la planète. Relever ces défis implique nécessairement les jeunes. Toutefois, comme pour leurs aînés, des contraintes devront être levées, principalement celles liées à l’accès à la terre et au financement, et la formation devra être améliorée. La nécessaire transformation et modernisation de l’agriculture familiale devrait aller de pair avec une plus grande attractivité pour les jeunes mais aussi une plus grande productivité. Comme partout ailleurs, on fera plus avec moins de personne. De même, le devenir de toute société humaine est le développement des villes. Accompagner le développement des villes secondaires dans le monde rural offrira aussi de nouveaux emplois pour les jeunes. En somme, avec une population de plus de 50% de jeunes, Haïti peut utiliser les TIC en faveur des jeunes au profit de l’agriculture familiale.

 

Talot Bertrand, Ing-Agr.

Spécialiste en Education Relative à l’Environnement

Secrétaire Général de la PROMODEV

Phone : (509) 3733-5953

E-mail : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Skype : bertrand.talot

 

 

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