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Haïti-Fin d’année: Des Haïtiens à New-York ont peur d’aller en Haïti pour insécurité

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Pour des raisons liées au climat de l’insécurité qui continue de régner d’aube en aube, de crépuscule en crépuscule en Haïti, ils sont légion les Haïtiens vivant dans l’État de New-York, plus particulièrement dans les villes de Spring-Valley, de New-Jersey, de Bronx et de Manhattan, à avoir confié à Haiti Press Network, leur désintéressement de se rendre en Haïti pour la fin d’année, dans le souci de revoir des proches parents longtemps perdus de vue.

 

Reportage : Par Alix Laroche

Depuis New-York

Au cours de sa visite à New-York, Haiti Press Network (HPN) a rencontré quelques Haïtiens qui n’ont pas hésité à nous faire part de leur méfiance d’Haïti, faute des problèmes de l’insécurité, engendrés par les marasmes socioéconomiques et les dilemmes politiques auxquels fait face le pays.

« Je n’avais jamais pensé que la situation de l’insécurité qu’endeuille constamment des familles haïtiennes allait finir avec la montée de la nouvelle équipe dirigeante au pouvoir en Haïti. Au contraire ! Quand un gouvernement s’amuse à faire du populisme honteux, ça engendre l’insécurité », opine une compatriote qui laisse le pays pour les États-Unis depuis 2008.

« C’est dommage ! J’avais bien l’intention de rentrer dans mon pays pour les fêtes de fin d’année, mais les dernières nouvelles de manifestations en série, mêlées de brigandages des forces de l’ordre, des alertes d’enlèvement et de séquestration en plein jour…que j’ai apprises me font vraiment douter », déclare notre interlocutrice.

Par ailleurs, cette gentille compatriote rencontrée à sa sortie d’une église protestante haïtienne en plein cœur de Spring-Valley, n’est pas la seule personne à avoir redouté la situation sécuritaire qui n’offre aucune garantie en Haïti.

Plusieurs membres de cette communauté chrétienne interrogés spontanément par un reporter de Haiti Press Network à ce sujet, se sont exprimés de façon similaire. Ils ont laissé percevoir la même hésitation à l’intérieur d’eux. Celle de fouler le sol haïtien en cette fin d’année pour des raisons, disent-ils, particulièrement d’insécurité. Une peur bleue s’empare même ceux qui vivent loin d’Haïti.

« L’année dernière je me rendais en Haïti pour aller voir mes parents à Fonds-des-Blancs que j’ai pas vu depuis 12 ans. Je ne cache de vous dire qu’à l’intérieur même de l’aéroport le stress commençait à m’emparer, tellement des gens m’agressent. Tout le monde veut s’emparer de mes bagages dans le souci de me soutirer un peu de frics. Dehors du bâtiment, c’était encore pire. J’ai vu des visages un peu pas catholiques qui me fixaient des yeux et qui, sans retenu, me demandaient de l’argent. Simultanément, j’ai pris peur. C’était vraiment douloureux », nous raconte sœur Josette d’une voix flageolante sous l’effet du froid de l’hiver.

Pierrot qui vit à Manhattan depuis sept ans, n’entend pas non plus être pris pour cible des bandits de Port-au-Prince qui sèment le deuil au sein des familles paisibles en Haïti. Il est obligé de renvoyer son voyage à une date ultérieure.

« Effectivement, je nourrissais l’idée d’aller dans mon pays avec ma femme et ma fille prendre des vacances pour le mois de décembre. J’avais même fait la réservation de mes tickets de voyage. Mais ma mère qui vit en Haïti m’a déconseillé. Elle m’a dit d’attendre que la tension soit un peu baissée. Je ne fais pas de tête, quoique j’aie vraiment envie de revoir ma terre natale », confie Pierrot, un frêle jeune-homme portant un grand t-shirt numéroté 56 et son pantalon Jeans penché sous ses fesses.

C’est pratiquement les mêmes préoccupations pour des Haïtiens qui vivent à Bronx et à New-Jersey. Cependant, il faut le dire, si certains se montrent très indécis, il y en a d’autres qui disent vouloir de toute façon braver le danger.

« J’ai trop envie de voir mes enfants. D’ailleurs ma maman ne se porte pas trop bien. J’ai envie de la voir en chair et en os. Je rentre en Haïti quand même à la fin de l’année », dit Gerda, employée depuis 5 ans dans un hôtel de luxe à New-York.

C’est souvent avec beaucoup de fierté et d’émotion que les Haïtiens parlent et constatent la réussite sociale, économique et culturelle de leurs frères et sœurs en terre étrangère. Ils constituent de véritables pourvoyeurs de fonds à des proches déshérités restés au pays.

Mais un pays comme Haïti, où les mauvaises nouvelles telles que : insécurité, gabegie de toutes sortes, corruption, cataclysme, barbarie sont la norme et où les bonnes nouvelles sont des exceptions, on comprend fort bien l’esprit douteux qui anime certains de nos compatriotes à ne pas vouloir retourner facilement au bercail.

 

Texte et photo : Alix Laroche

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New-York

 

 

7/7 Hebdo

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