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Haïti-Culture : HPN rencontre le peintre Rénold Laurent, revenu de Cuba

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Le peintre  Rénold Laurent revient de Santiago de Cuba où il a exposé ses œuvres à la Casa del Joven Creador. Haiti press network  l’a rencontré pour vous.

Haïti press network : Renold Laurent, vous êtres à Cuba et vous exposez vos toiles à Santiago. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

 

Rénold Laurent :     « Les différences culturelles sont en art, sources de connaissance et de questionnement. »

 

En effet, j’ai été invité par la Casa del caribe, à exposer mes œuvres durant ce festival. L’exposition réunissait mes  peintures et travaux sur papier pour offrir un éclairage concentré et précieux sur mes expériences. Une opportunité magnifique pour montrer au monde le dynamisme de mon travail…

 

FORME, COULEUR, MATIÈRE, LUMIÈRE et ESPACE-TEMPS à la croisée du sensible et de l’intelligible sont des notions continuellement travaillées dans mes pratiques d'expressions plastiques. Ça me faisait tout de suite réfléchir sur cette période où j’ai beaucoup mis accent sur des scènes de vie quotidienne. Mes toiles évoquent très souvent, un événement, une histoire, un personnage ou un lieu. Je travaille d’après l’impression que me laisse le réel.

"Là ou n'y a pas de dialogue, c'est au peintre de tout faire... "

J’ai commencé à dessiner et à peindre très tôt, soit en 1988, sous la direction de mon père Maccène, qui est un peintre naïf. Je suis né le 15 juillet 1978 à Jacmel, dans une famille de peintres à Lafond, l’un des rares villages de peintres du pays.

 

HPN : Quelle lecture faites –vous de la peinture cubaine contemporaine?

RL : contemporain cubain fait son chemin dans l’espace contemporain mondial. J’ai l’impression que la peinture contemporaine cubaine reste toujours sur le piédestal que l’avait placé Wilfredo Lam.

C’est la principale thérapie de ce peuple qui me semble de nature très pacifique. On peut facilement faire ce constat. C’est visible dans tous les quartiers, sur les murs géants des logements… Ils sont tous colorés : graffitis, affiches et décoration, variés en couleurs, ses muraux  me semblent, silencieusement, porteurs de promesse et d’obsession.  Ils habitent une force d’imagination extraordinaire.

 

HPN : Quelle sont vos impressions de la ville de Santiago ?

R.L :      On a souvent besoin de références. Santiago  résulte d’une remarquable fusion culturelle. J’ai été baignée dans cette ambiance sociale culturelle.

En me procurant des outils pour décoder et interpréter les univers visuels qui se manifestent dans l’environnement de Santiago de Cuba, ville de culture diversifiée, tant sur les aspects conceptuels que sur les aspects historiques, géographiques et sociologiques, me conduisent en cela à une autre éducation du regard, les arts plastiques contribuent aux acquis de langage en même temps, m’apportent les moyens de comprendre la nature des faits artistiques repérables dans la création en arts plastiques, en architecture et dans tous les domaines des images et me développent un esprit d’ouverture concourant à tisser un lien social fondé sur des références communes.

Le témoignage doit aller au-delà   de la simple valeur documentaire. Je vais choisir le chemin de la couleur pour transcrire au plus juste ce climat émotionnel des scènes de vie.

J'avais une certaine tranquillité d'esprit et un certain confort pour continuer ma consécration à ma passion.

Maintenant je me sens imprégner par tous ces beaux souvenirs et que ce gout pour la culture m’a totalement envahie.

 

HPN : Comment vous vivez la création picturale haïtienne ?

R.L :     Je respecte mon travail et celui des autres. Je consens des sacrifices, et chaque jour apporte son lot de préoccupations.  Depuis que je me suis inscrit à l’école de ce peuple qui me transmet de valeur simple et essentielle, l’esprit de tolérance, l’amour pour mes semblables et un attachement profond pour la culture haïtienne. Mon inspiration me vient de mon amour pour la vie et de ma passion pour la culture.

La production artistique s’est diminuée en Haïti depuis plus de deux décennies. La grande difficulté de l’artiste est de ne pas pouvoir vivre de son art, comme c’est le cas pour Cuba et tous  autres pays du monde.

Il n’y a pas d’école d’art dans les provinces haïtiennes. L’accès à l’éducation artistique y est donc exceptionnel.

La vie en Haïti se dégrade de plus en plus et il va de même pour moi comme pour tous les artistes qui choisissent de rester… Ce que je ressens autant que ce je vois s’imprime dans mon œuvre. Je suis témoin de la souffrance de mon peuple. J’ai vécu de moment noir dans ma vie et je les reproduis avec humilité. Cette humilité, je la traduis par la blancheur de mes surfaces.

 

 

Propos recueillis par Dominique Batraville

 

 

 

7/7 Hebdo

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