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Haïti-Elections-Rétrospectives: Une longue période électorale à l’issue incertaine

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Issu de l’accord de KINAM du 11 janvier, le CEP a été installé le 23 janvier par Evans Paul, premier ministre sorti de cette même entente. Composé de neuf membres venus d’horizon divers, le conseil électoral fait quasiment l’unanimité puisque l’article 289 de la constitution a été respecté. Après avoir multiplié les rencontres avec les acteurs politiques, le jeudi 12 mars le conseil électoral provisoire transmet finalement au président de la République le calendrier électoral définitif aux fins de convocation du peuple en ses comices. Le train électoral démarre !

Comme prévu dans le calendrier, le 16 Mars marque le début de la période consacrée  à l’inscription des partis et regroupements politiques au Conseil électoral provisoire. Pour le premier jour, au siège de l’organisme électoral, à Pétion-Ville, plusieurs représentants d’organismes politiques se présentent  pour confirmer la participation de leurs partis ou regroupements  politiques respectifs aux prochaines joutes électorales.

Munis des pièces exigées, dont les fameux actes de reconnaissance décernés par le ministère de la Justice, près d’une dizaine de responsables de partis politiques ont défilé devant les comptoirs du CEP pour faire inscrire leurs partis au processus électoral.

Ayant pris fin le 20 mars comme convenu, plus d’une centaine de partis et regroupements politiques se sont fait inscrire.

La ruée vers les BEDs

Après le défilement des représentants de partis politiques au CEP, l’institution électorale ouvre l’inscription en ligne des candidats à la députation et au sénat. Cet exercice a duré plusieurs semaines.  Hommes et femmes, candidats de tout bord politique et de tout acabit s’inscrivent pour concourir aux élections.

Quelques jours après, le conseil électoral provisoire (CEP) a publié la liste des candidats inscrits pour les élections législatives qui se dérouleront le 9 août (premier tour) et le 25 octobre 2015 (second tour). Au total, 2029 candidats ont été enregistrés aux postes législatifs.

262 candidats sont inscrits au Sénat (pour un total de 20 postes) et 1767 à la députation (pour un total de 119 postes à la chambre basse) parmi eux, la femme du président de la République, Sophia Martelly.

Contestations aux BCED et BCEN, Sophia Martelly évincée

Plus d’une centaine de contestation de candidature sont recensées par le CEP sur l’ensemble du territoire. Ces plaintes contre des candidats au Sénat et à la députation sont déposées pour cause de double nationalité ou touchent également des anciens fonctionnaires de l’Etat qui n’ont pas reçu décharge de leurs gestions.

Le lundi 27 avril, l’ancien sénateur de l’organisation politique Fanmi Lavalas, Louis Gérald Gilles, produit une contestation à l’encontre de l’épouse du président, Sophia Martelly, candidat au Sénat pour le département de l’Ouest. Le responsable du parti de Jean-Bertrand Aristide a affirmé détenir des preuves tangibles sur la double nationalité de Mme Martelly.

Après débats  et confrontations entre les deux parties : accusatrice et défenderesse, le bureau du contentieux électoral départemental de l'Ouest 1(BCED) a maintenu la candidature de Sophia Martelly au poste de sénateur pour le département de l'ouest. Ainsi, jugeant infondées les accusations portées contre la première dame, le tribunal électoral les a rejetées.

Le Mardi 12 mai au soir, le Bureau du Contentieux Electoral National (BCEN) a rendu les résultats des dossiers de contestations. Selon la délibération, la candidature au sénat de la première Dame Sophia St Remy Martelly a été rejetée. Le CEP de Pierre Louis Opont semble s’offrir une dose de crédibilité. Des acteurs rentrent en confiance.

Durant la même semaine du mois de mai, soit Jeudi 14 mai,  le Conseil électoral Provisoire (CEP) publie la liste définitive des candidats habilités à participer aux prochaines législatives. Sur les 2039 candidats enregistrés aux postes législatifs, la candidature de 1517 est acceptée par le CEP.

Sur 262 candidats qui s’étaient fait inscrire au poste de sénateur, 186 sont habilités à prendre part aux prochains scrutins ;  la candidature de 76 a été rejetée. Alors que 1777 prétendants au poste de député figuraient sur la première liste des inscrits, seulement 1331 ont été retenus sur la liste définitive. Au total, 446 candidats à la députation ont été écartés.

Des candidats à la présidence se bousculent au BED

Ouverte le lundi 11 mai, l’inscription des candidats à la présidence s’est étendue sur deux semaines environ. Au total 70 candidats à la présidence ont fait le dépôt de leurs pièces au BED de l’Ouest 1, parmi eux, l’ancien Premier ministre, Laurent Lamothe et Moise Jean Charles de Pitit Dessalines qui se sont fait inscrire le dernier jour, le mercredi 20 mai.

Laurent Lamothe, Jacky Lumarque..., écartés de la course

Sur les 70 prétendants à la magistrature suprême inscrits, la candidature de neuf a été contestée. En effet, tard dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 juin, le BCEN a rendus son verdict sur les différents cas de contestations qui lui ont été adressés.  Pour la même cause : absence de décharge, Laurent Lamothe, Josepha Gauthier, Thierry Mayard Paul et Anthony Benneth ont été écartés.

Offusqué, le candidat à la présidence Laurent Lamothe dénonce le caractère arbitraire de la décision du BCEN et menace d’user de la ‘’force populaire’’. Ses nombreuses démarches n’ont pas porté les autorités électorales à revenir sur sa décision.

Vendredi 19 juin 2015, le Conseil électoral Provisoire (CEP) informe, via un communiqué le retrait du candidat à la présidence Jacky Lumarque à la course électorale. Contesté notamment par l’ancien député Jonas Coffy, Jacky Lumarque a été retiré de la liste des candidats agréés à participer aux élections présidentielles des 25 octobre et 27 décembre 2015, pour absence de décharge, de sa gestion comme Coordonnateur du Groupe de travail sur l’éducation et la formation (GTEF).

Campagne électorale, résultats des législatives : le CEP est décrié

Le jeudi 9 juillet, le Conseil électoral provisoire lance officiellement la campagne électorale pour le premier tour des législatives prévu le 9 aout. Sous le regard du ministre chargé des questions électorales, celui de la communication, du directeur de la PNH et certains partenaires du CEP, le président de l’institution, Pierre Louis Opont, appelle les candidats et partis politiques au fair play.

La campagne électorale débute timidement, seuls quelques partis affichent de grands posters et billboards de leurs candidats. L’argent décaissé par l’Etat pour les partis n’est pas suffisant.

Dimanche 9 aout, les électeurs peu nombreux prennent le chemin des urnes. Violences, bourrages d’urnes, tirs d’arme à feu, des morts et des blessés sont recensées. Pierre Louis Opont se dit satisfait en dépit du fait que les élections aient été annulées dans des plusieurs circonscriptions. Qui pis est, le CEP n’a pas fourni de mandat à certains partis politiques.

Une partie de l’opposition qui avait pris le train électoral se retire de la course, appelant ainsi à l’annulation pure et simple du scrutin. Des groupes et coalitions se forment, des manifestations s’organisent dans les rues,  le CEP garde la tête froide et se propose de corriger ses erreurs le 25 octobre.

54 candidats à la présidence agréés, la campagne débute

Du 9 septembre au 23 octobre 2015, un mois et demi pour les 54 prétendants à la magistrature suprême de l’Etat de séduire l’électorat. La campagne débute sans grand charme. Presqu’à la fin, les candidats les plus en vue et les mieux placés dans les sondages sortent le grand jeu. Multiplication des rassemblements publics à travers le pays, pollution murale par des affiches de toute couleur, la campagne électorale bat son plein.

Jovenel Moise, Jude Célestin, Maryse Narcisse, Eric Jean Baptiste, Moise Jean Charles, Clarens Renois sont parmi les candidats les plus visibles sur les grands billboards à travers les rues.

A mesure que la date fatidique du 25 octobre approche, le CEP multiplie les notes et rencontres avec les acteurs pour tenter de rassurer les acteurs sur les mesures correctives que l’institution électorale entend appliquer. Dans l’intervalle, "la formule rotative" a été trouvée pour gérer les mandataires de partis politiques au centre de votes.

Une journée globalement réussie mais… ?

25 octobre. Les portes des bureaux de votes s’ouvrent après l’heure fixée, ce qui n’aura aucune vraie influence sur la journée. Contrairement au 9 aout, aucune scène de violence majeure n’a été enregistrée. Sur l’ensemble du pays, le scrutin présidentiel s’est bien déroulé. Le CEP et le gouvernement se décernent un satisfecit. Les observateurs nationaux et internationaux parlent le même langage.

Prévus pour le 2 novembre, les résultats préliminaires ont été reportés. Dans un communiqué le CEP explique : "cette décision a été prise suite aux conclusions de la commission de doléances  qui, dans son rapport sur les 162 plaintes reçues, en a acheminé 43  d’entre elles au conseil, et transmises par la suite, le lundi 2 novembre,  au centre de tabulation pour vérification et correction éventuelle".

Jeudi 5 novembre. Le Conseil électoral provisoire rend publics les résultats préliminaires de l’élection présidentielle du 25 octobre. Les candidats Jovenel Moise et Jude Célestin arrivent en tête à l'issue du premier tour de scrutin. Jean-Charles Moïse et Maryse Narcisse arrivent respectivement en troisième et quatrième position.

Entre contestations, suspicions et manifestations, le CEP résiste

Alors que la période des 72 heures des contestations s’ouvre, des candidats, des observateurs nationaux dénoncent à longueur de journée une vaste opération de fraudes planifiés le 25 octobre par le pouvoir en place en faveur de Jovenel Moise. Le CEP se serait fait complice.

Maryse Narcisse empruntent la voix légale. Mais Jude Célestin, Moise Jean Charles et les autres candidats en tête se regroupent autour du G-8. Les manifestations s’enchainent. Fanmi Lavalas perd par devant le BCEN.  Les rues de Port-au-Prince et de quelques villes de provinces sont occupées par des protestataires.

Mardi 24 novembre, le CEP publie les résultats du premier tour. Rien n’a changé. Jovenel Moise et Jude Célestin restent en tête et sont qualifiés pour le second tour.

La rue ne décolère pas.

Vingt quatre heures (24) après la publication des résultats définitifs du premier tour des élections présidentielles, le Conseil Électoral Provisoire (CEP)  lance officiellement la campagne électorale du deuxième tour  qui s'étend du 26 novembre au 22 décembre 2015.

"Les élections de 2015 sont un voyage dans la tempête", déclare Pierre louis Opont le lundi 30 novembre en disant reconnaître l’ampleur du défi à relever. "Des conseillers électoraux se mettent à couvert à cause des menaces dont ils son l’objet", révèle le président du CEP qui  se dit prêt à mener à terme les élections en dépit des critiques qui fusent de partout.

Jovenel Moise est en campagne. Jude Célestin signe les notes du G-8 pour encourager la mobilisation. Le CEP joue au dur malgré les voix concordantes de plusieurs secteurs qui s’élèvent pour dire "NON" à la poursuite du processus sans une vérification des procès-verbaux au centre de tabulation.

Fléchissement du CEP, formation d’une commission indépendante

Après une longue période de raidissement, le conseil électoral cède. A l’insu du public, Pierre Louis Opont écrit au Premier ministre pour demander la formation d’une commission, telle que réclamer par Jude Célestin qui décline toutes les invitations du CEP.

Une commission présidentielle est établie le 16 décembre par arrêté présidentiel. Des acteurs politiques et de la société civile crient au scandale. L’exécutif se rétracte et forme, le 22 décembre, une commission de consensus avec comme qualificatif "indépendante" qui évalue depuis le processus.

Dans un communiqué en date du lundi 21 décembre le conseil électoral provisoire annonce le report sine die des élections législatives partielles, présidentielles et les collectivités territoriales programmées pour le 27 décembre.

Pierre Louis Opont qui disait ne pas disposer de provisions légales pour mettre en place une commission écrit : "Le conseil, en raison de la formation de la commission nationale d’évaluation électorale et compte tenu des implications éventuelles que pourraient avoir ses recommandations sur la poursuite du calendrier électoral, en a ainsi délibéré", écrit le CEP qui n’a pas fixé de date pour la reprise du processus.

CEP en mode pause, 2016 s’ouvre sur des incertitudes

Le CEP ne sait pas quand les élections seront réalisées, le porte-parole du conseil l’avait confié à HPN récemment. 10, 17, 24 janvier 2016 ou… ! C’est l’incertitude qui prime partout.

 

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