De véritables confusions dans les chiffres du programme de la scolarisation gratuite du Président Martelly. On s’y perd. Certains crient déjà à la manipulation des données.
Selon Michel Martelly, 772 000 élèves doivent bénéficier de l’éducation gratuite dont 120 000 pour les départements de l’Ouest et de l’Artibonite (écoles privées), 490 000 pour les huit autres départements (écoles publiques), 20 000 dans les quartiers difficiles de la zone métropolitaine et les 142 000 enfants n’ayant jamais été à l’école.
Plus d’un font déjà remarquer que 80% des bénéficiaires (490 000) de ce programme sont issus des institutions publiques dont la scolarisation est en principe gratuite. La présidence se propose d’éliminer les 100 gourdes, soit moins de 3 U$, de frais d’inscription annuelle que devaient verser ces écoliers.
Par ailleurs, certains se demandent si les 142 000 nouveaux écoliers ne sont pas à inclure dans les 490 000 enfants scolarisés des écoles nationales et dans les 120 000 accueillis dans les établissements privés. La même question se pose pour les 20 000 futurs scolarisés des quartiers difficiles de Port-au-Prince.
D’autres questions se soulèvent sur l’introduction de 142 000 nouveaux enfants dans le système éducatif haitien alors que l’administration Martelly n’a pas construit de nouvelles écoles, ni agrandi les salles de classe existantes. Ne parlons même pas de la formation de nouveaux professeurs.
Le président Martelly a annoncé lundi la construction de 100 nouveaux établissements scolaires…
Dans son programme de scolarisation gratuite, remarque est aussi faite que l’équipe présidentielle prend en compte des élèves qui bénéficiaient déjà de subventions scolaires à travers des programmes préexistants et financés par des institutions internationales.
Par ailleurs, le président Martelly annonce que près d’un million d’enfants vont grâce à lui bénéficier de cantines ou avoir de kits scolaires. Mais il s’agit là de programmes existant bien avant l’avènement de Michel Martelly, financés par l’Unicef et le PAM.
Des observateurs dénoncent une tendance du président Martelly à s’approprier les réalisations des gouvernements précédents et de magnifier ses « réalisations », présentes ou futures. Pour y arriver, il ne lésine pas sur les moyens et dispose d’une équipe de communication très agressive.
Des nouvelles pancartes vantant les mérites du président Martelly sont visibles dans les rues de la capitale comme s’il était encore en campagne.
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