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Haïti-Province : Fond-des-Blancs, vierge et inexploré

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Parmi les endroits négligés d’Haïti par les décideurs politiques, Fond-des-Blancs, section communale du département du Sud en est un. Cette contrée vierge, inexploitée et inexplorée souffre d’un déficit énorme d’infrastructures à tous les niveaux. Sinon, elle aurait été un petit joyau compte tenu de son calme et de sa splendeur verdoyante, a constaté un reporter de Haiti Press Network, de passage dans la région durant le week-end pascal.



Reportage

 

Située dans les confins du département Sud d’Haïti, la nature est encore verdoyante à Fond-des-Blancs, 9e section communale de la commune d’Aquin. Mais pour s’y rendre, il faut difficilement parcourir 18 kilomètres de route en terre battue et rocailleuse.

 

Y vivre quotidiennement demeure chose difficile, particulièrement du point de vue socio-économique. Les activités économiques sont rares là-bas. Il existe deux lieux d’échanges: marchés de Saint-Thon et de Lhomond qui fonctionnent respectivement les lundi, vendredi et mercredi. Les conditions d’existence sont difficiles dans cette zone secondaire du pays.

 

D’ailleurs, les paysans s’adonnent  très peu à la culture de la terre, à cause des parcelles de terre dont ils disposent et l’absence totale de canaux d’irrigation dans la région. Pourtant, la rivière de « Lhomond » qui traverse la route menant au quartier central de Fond-des-Blancs et qui représente un véritable obstacle aux véhicules et aux piétons lorsqu’elle est en crue, offre de nombreuses potentialités devant permettre d’irriguer la terre.

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L’agriculture est très peu remarquée à plusieurs endroits de Fond-des-Blancs. Découragés, les cultivateurs semblent avoir définitivement déposé les outils. Sauf les machettes et les haches qui représentent encore de véritables ennemis pour les arbres, abattus pour la fabrication du charbon de bois et/ou pour utiliser à la cuisson des aliments de survie.    

 

« Nous avons de sérieux problèmes ici, notamment au niveau de l’agriculture. Il n’y a pas de canaux d’irrigation. Nous cultivons la terre en espérant que la pluie vienne à notre secours. Mais la nature n’est pas toujours clémente », se plaint Tido, un paysan cultivateur qui nourrit encore un peu de foi dans le sol aride.  

 

Le marasme économique constitue une véritable entrave à la vie communautaire. Nombreux sont les adultes qui vivent au chômage. Les jeunes, pour la plupart, sont livrés à eux-mêmes. Certains tombent facilement dans l'oisiveté quand ils ne peuvent pas s’adonner au taxi-moto. Quant à l’éducation, elle n’est pas de qualité à Fond-des-Blancs.

 

Privé d’électricité, Fond-des-Blancs où les colons blancs se refugièrent du temps de la colonie pour échapper à l’assaut « Koupe tèt, boule kay » de l’Empereur Jean-Jacques Dessalines, sombre jour et nuit dans le noir depuis son existence. Côté sécurité, la situation est très précaire. Aucune présence de la police nationale n’est remarquée à Fond-des-Blancs. Pas même un petit commissariat.

 

En matière de soin de santé, la situation est aussi très morose. Un habitant qui veut avoir accès à un minimum de soin, est obligé de se rendre à Port-au-Prince ou d’aller à l’unique hôpital Saint-Boniface de Fond-des-Blancs, Œuvre  de  Père Gouello, ancien prête de la paroisse Saint-François-Xavier. Ce centre hospitalier accueille annuellement environ 30.000 patients venant de partout d’Haïti, selon ce qu’a indiqué un notable de la zone.

 

Néanmoins, cette section communale offre, en dépit de tout, de nombreuses potentialités et pourrait faire l’objet de grandes curiosités. Les gens sont très hospitaliers et prêts à accueillir les étrangers avec manière. Il faut dire que tout n’est pas perdu. Il y a une lueur d’espoir dans l’ombre.

 

Grâce au dévouement et la bonne volonté des natifs de Fond-des-Blancs éparpillés aux États-Unis, au Canada, en France, en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane, des projets sont en cours d’exécution. Des fils et des filles de la diaspora, principaux fer de lance de la communauté, s’activent inlassablement à relever le niveau de leur localité.

 

Parmi les projets, on peut citer entre autres, un grand établissement scolaire du niveau secondaire, un marché public moderne et un pont métallique préfabriqué qui doit être jeté sur la rivière de Lhomond. Grâce à une assistance de la Minustah, on est en train également, à l’aide des containers, d’y mettre en place un Tribunal de paix, symbolisant la Justice haïtienne. 

 

Les infrastructures routières et un réseau d’électricité constituent les grands besoins de Fond-des-Blancs qui nécessite des investissements sérieux dans ces domaines précis, en production de biens et de services mais également en formation technique et supérieure pour les jeunes.

 

Texte et photos : Alix Laroche
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