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Haïti-Peinture : les couleurs de l’âme!

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Thierry Barthole et Philippe Attié exposent du 8 au 13 décembre 2014 à l’hôtel Best Western à Pétion-Ville. J’ai eu le privilège de fréquenter leur atelier et de les voir au travail… Une expérience tout simplement inoubliable !

 

Thierry et Philippe, dont je connais pourtant les œuvres, m’ont réellement surpris.  Ils sont même parvenus à tarir mon verbe.

Grande gueule que je suis, cela me dérange de ne pouvoir trouver les mots qui pourraient tenter d’exprimer ce que je ressens devant tant de talent, tant de sensibilité. Je ne trouve que des à-peu-près qui sont loin de pouvoir transmettre, comme il le faudrait, la charge émotionnelle que j’aimerais partager.

Avec une maitrise, extraordinaire pour Thierry et étonnamment surprenante pour Philippe, vu sa jeunesse (il n’a que 28 ans), ils ont extrait ce qu’il y a de plus beau de ce qu’il y a de plus ordinaire. Ils ont su puiser en eux cet enchantement qui décarcasse les âmes des gens et des scènes les plus ordinaires pour en retirer toute l’essence, toute la magie.

Avec une maitrise technique, frisant la perfection, qui ne nuit aucunement à la profondeur émotionnelle transmise, Thierry et Philippe explorent l’âme humaine dans toutes ses nuances, sublimant les émanations de l’essence même de l’être à travers son enveloppe corporelle et sa gestuelle routinière du quotidien.

Délaissant les sentiers battus, ils osent capter, à travers leur hyperréalisme, l’aura de leurs sujets. Transcendant leurs émotions personnelles, ils les décarcassent objectivement, les dépouillant de toute laideur, leur rendant toute leur pureté.

Philippe, par exemple, a su saisir le moment magique, l’expression de sérénité, de satisfaction de soi de son grand-père, un homme avec qui, depuis son enfance, il partage un quotidien dont il connait presque tous les détours. Et, dans « Endormie », il recrée l’innocence dans toute sa plénitude sans faire abstraction de la subtile sensualité de son modèle.

Thierry, beaucoup moins émotionnel, tout en s’investissant totalement dans ses créations, donne l’impression de s’en détacher pour mieux les pénétrer, en saisir l’émotion. Avec une patience et une douceur frisant l’érotisme, il a, comme un écolier studieux, crayonné, pendant des semaines, les plus belles émanations de l’âme humaine dans toute leur simplicité du quotidien.

Dans un environnement où le mercantilisme crée, sans scrupule aucun, des mythes et des légendes à des fins inavouables, l’hyperréalisme perçu par certains comme une simple reproduction photographique est souvent dénigré par des soi-disant critiques qui oublient très souvent que les artistes hyperréalistes ont, la plupart du temps, pris eux-mêmes les photos de leurs modèles et qu’ils ont patiemment attendu le moment idéal pour immortaliser l’instant magique à travers lequel transpire leur émotion.

Thierry et Philippe, dans leur démarche, sont une réaction, ainsi que l’ont été des artistes haïtiens, tels Franck Louissaint et Richard Barbot, contre le « rien » abstractif de nombreux  peintres contemporains  minimalistes dont les taches blanches sur des fonds blancs, si elles constituent une manifestation de leur imagination créative débordante sont l’antithèse du travail assidu et, parfois même le déni d’un talent et d’une technique que seuls voient ce qui s’érigent en connaisseurs et en critiques, pour des raisons inavouables.

Chacune de leurs œuvres est le résultat d’un travail minutieux étalé sur de longues semaines au cours des quelles ils l’imprègnent de leur émotion, leur sensibilité et de leur perception du sujet, mettant en relief ce qui touche leur sensibilité et qui, malheureusement, échappe au commun des mortels.

Apparemment impersonnelle, cette peinture, contrairement à la peinture réaliste traditionnelle, n’oriente pas la perception du spectateur et le laisse libre de ressentir ses propres émotions devant une reproduction aussi parfaite que possible, sans démesure aucune, de ce qui a été ou de ce qui est.

Libre à chacun d’aimer ou de ne pas aimer. Moi, devant un talent d’une telle pureté et une telle somme de travail, je leur dis simplement que pour décrire le sublime, il n’existe que le mot « sublime » !

Patrice-Manuel Lerebours

 

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