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Littérature: Billet à Wébert Charles, "Moi, ivre des mers et des solitudes" (Dominique Batraville)

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Billet à Wébert Charles,

Moi, ivre des mers et des solitudes

Cher ami,

J’ai lu ton article publié récemment dans Le Nouvelliste sur mon recueil de poèmes intitulé  La mer et autres solitudes, édité par C3 Editions.

 

Le titre de ton article a créé un long suspense chez les lecteurs du Nouvelliste : Dominique Batraville a-t-il plagié Émmelie Prophète ? Que Dieu, les anges, les saints et les autres mystères sacrés m’éloignent d’une telle offense !

 

J’ai remarqué le soin avec lequel tu  as mentionné les mondes d’influence et d’intertextualité qui apparaissent dans le livre. Entre nous soi dit, dans les livres de poèmes  ces  choses peuvent arriver pour l’étonnement des lecteurs ou  la révolte des critiques.

Mes procédés d’écriture poétique dans ce livre renverraient  généralement à l’inconscient de lecteur –producteur de textes que je suis dès l’âge de 15 ans. Pourtant je n’ai pas encore une production littéraire colossale comme celle de Frankétienne.  Chez moi on ne peut pas parler d’abus dans le sens comparatif entre Testament de solitudes, un roman  et La mer et autres solitudes, un recueil de poèmes. J’aime trop le langage littéraire autonome pour devenir l’esclave des auteurs qui m’ont marqué. A commencer par Paul Eluard-en passant par Rimbaud-  pour aboutir à John Steinbeck.

J’aimerais dire encore une vérité, une vérité que j’ai déjà dite au téléphone à  Emmelie Prophète : « entre  poésie et roman, il y a une somme de différences. » Je peux même avouer que la poésie est surtout faite de jets, d’éclats, de clins d’œil tandis que le roman nécessite structuration, organisation et ensemble de péripéties.

Je crois que mon recueil de poèmes n’a absolument rien à voir avec le roman  Testament de solitudes. N’oublions pas que j’ai intitulé mon cahier de poèmes  La mer et autres solitudes.  Les thèmes qui ont nourri le livre proviennent des quatre éléments  de l’alchimiste grec Empédocle : la terre, l’eau, l’air, le feu »

Pour commencer, nul auteur n’a le monopole exclusif du mot mer encore moins de celui de solitude. Des romans comme  « Cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marque, La Mulâtresse Solitude d’André Swart- Bart et  Mère-solitude d’Emile Ollivier n’ont presque rien en commun.

Alors Webert, en quoi mon poème baptisé  Testament de solitudes  est-il une réplique exacte du roman Testament de solitudes ? Ce n’est ni la même matière, ni le même usage qui sont en cause ici..

J’ai constaté que toi-même Webert, tu as relevé d’autres titres de livres qui deviennent effets de sens et glissements de sens chez moi. Je dois préciser que ta note de lecture s’est attardée sur ce jeu littéraire, cher à d’autres écrivains. Les titres d’emprunt, tu le sais mieux que moi, deviennent chose courante dans la littérature moderne.Les domestiquer  dans un vers ou titre de poème est-ce la fin des temps ? On n’aurait plus le droit de faire des variations sur un thème.

Webert, ta note de lecture n’a révélé que mon livre n’est qu’une apologie indécente de mon érudition littéraire. Tu t’es repris dans ta note en citant Borgès dont les textes étaient volontairement chargés de référents.

Mon livre qui compte des poèmes majeurs. Le livre en ce sens n’a pas été passé au peigne fin. Tu n’as pas mentionné par exemple mon rapport lyrique intense avec le poète québécois Saint-Denis Garneau à qui j’ai rendu hommage dans « Eloges de Saint-Denis Garneau ». Là encore il existe une étroite relation avec éléments. Le texte  L’arbre déchaussé  n’a pas été mentionné. On s’y perd finalement. Et –puis le poème fleuve  La mer comme solitude n’a pas été signalé. C’est regrettable !

Le roman sur lequel je travaille actuellement aura un titre d’emprunt : Paradis bordels. Ce roman qui allait devenir le tout premier de Dany Laferrière. Mon ami Dany accepte de me céder seulement le titre de ce roman que j’ai lu à 16 ans, roman égaré par l’auteur au Canada. Il ne s’agira pas  même de la réécriture du roman de Dany .Laferrière. Mon histoire est   différente de la sienne.

Pourrait-on reprocher au célèbre romancier Lyonet Trouillot d’avoir donné comme titre à l’un de ses romans puissants : La belle amour humaine qui peut-être pris seulement comme un clin d’œil à Jacques Stephen Alexis.

Mon cher Wébert, je me suis déjà expliqué à Emmelie Prophète qui s’était mise en colère contre moi sur Radio Magik. Lorsque le livre sera réédité, Testament de la solitude, le poème conflictuel de mon livre deviendra Testament de moi-même. Je pense que pour moi, ivre des mers et des solitudes l’incident est pratiquement clos.

Mes amitiés à toi Wébert, fin et juste dans ta mise en question de mon ivresse des mers et des  solitudes. Je tiens à garantir une fois encore l’autonomie de mon livre : La mer et autres solitudes. Je n’ai jamais peur et de la solitude et des textes de qualité .Un poète  peut-il plagier réellement  Cent ans de solitude ?Cela reste une énigme…

Tiens bon !

Dominique Batraville

 

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