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Haïti-société: Une approche multidisciplinaire de l’enseignement haïtien (insertion demandée)

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L’école est l’affaire des éducateurs formés et expérimentés, qui travaillent avec passion et patriotisme. Les données sur l’enseignement en Haïti démontrent depuis des lustres que ceux qui sont dans nos salles de classes ne sont pas à la hauteur de leurs tâches.

 

 

Depuis son arrivée à la tête du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), le ministre Nesmy MANIGAT ne cesse d’annoncer et/ou de prendre des mesures visant, selon ce qu’on dit souvent, à améliorer les conditions d’apprentissage des apprenants haïtiens.  La dernière en date est celle faite, dans la matinée du vendredi 13 mars 2015, sur les ondes de Radio Méga Star (97.3 FM). D’après ce qu’a annoncé Monsieur MANIGAT, le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle est en passe de signer un protocole d’entente avec la Faculté des Sciences Humaines (FASCH) de l’Université d’État d’Haïti (UEH) visant l’intégration des étudiants finissants des départements de Psychologie et de Service Social, entre autres,  dans les écoles. Si on arrive à matérialiser cette idée, que peut-on espérer dans l’enseignement en Haïti ? Pour combien de temps ce projet, si on peut l’appeler ainsi, sera-t-il de mise ? Cela rentre-t-il dans un plan du ministère, donc de l’État haïtien, ou le projet du ministre Manigat ? Des interrogations qu’on est en droit de poser !

D’après des informations dignes de foi, une rencontre s’est effectivement organisée entre les responsables du MENFP et ceux de la FASCH au début du week-end du 13 mars à cet effet. Les premières informations révèlent que les responsables de la FASCH accueillent favorablement l’idée. D’autres rencontres devraient être organisées pour aboutir à l’engagement des deux parties.

Ces initiatives du ministre de l’Éducation Nationale sont motivées par l’échec de nos écoliers dans les examens officiels particulièrement pour l’année académique 2013-2014. Il faut souligner que cette situation est l’arbre qui cache la forêt quand on sait que ceux qui arrivent dans les universités ne sont pas mieux lotis. Aujourd’hui, il n’est un secret pour personne que beaucoup d’élèves réussissant leurs examens du baccalauréat ne peuvent pas produire cinq phrases cohérentes, voire tenir une discussion sérieuse. Si on est arrivé là, ne pouvons-nous pas dire que l’école haïtienne a échoué ?

L’école est l’affaire des éducateurs formés et expérimentés, qui travaillent avec passion et patriotisme. Les données sur l’enseignement en Haïti démontrent depuis des lustres que ceux qui sont dans nos salles de classes ne sont pas à la hauteur de leurs tâches. Éduquer nos enfants devient pour ces intervenants beaucoup plus compliqué qu’on on sait qu’ils sont seuls dans cette noble tâche. Ils sont dépourvus de la compétence minimale alors qu’ils devraient être à la fois «  leader, enseignant, animateur, personne-ressource, gestionnaire, psychologue, surveillant, et motivateur » pour répéter Claude Bordeleau et Linda Morency. Aucun étonnement pour ceux qui sont au courant de ces principes et constatent le fonctionnement de l’école haïtienne en se référant aux catastrophes des écoliers.

La réussite de l’école exige une approche multidisciplinaire où plusieurs compétences doivent être disponibles. L’échec scolaire ne dépend pas seulement des « enseignants » mais de tout le système. Le Ministère de l’Éducation Nationale doit nécessairement tenir compte des méthodes qui réussissent ailleurs. La non-qualification des enseignants n’est pas un déterminisme- quoique fondamentale- de l’échec scolaire. À côté des conditions d’apprentissage qui laissent à désirer dans l’espace scolaire, l’enfant arrive avec tous ses problèmes. Des problèmes rencontrés à la maison, dans le quartier, etc. L’enseignant apporte dans sa salle de classe également ses propres problèmes.

Comment espérer la réussite d’un enfant quand celui-ci ne peut même pas écouter son enseignant dispenser un cours? Avec les modèles de réussite exposés ça  et là, comment l’enfant arriverait-il à être convaincu qu’il doit rester à l’école s’il veut réussir sa vie socio-économique ? Le professeur à lui seul a-t-il toutes ces capacités ? « Pour enseigner à des enfants ou à des adolescents, selon Claude Bordeleau et Linda Morency, les aimer est indispensable et, pour ce faire, l’enseignant doit s’aimer lui-même ». Peut-on espérer la réussite quand nos enseignants ne se sentent pas confortables avec leurs activités d’enseignement ? Beaucoup d’entre eux exercent cette activité provisoirement, espérant qu’ils trouvent une autre pour gagner leur vie. Ils ne comptent pas en faire  carrière.

L’école, agent de socialisation, doit converger des disciplines connexes à l’éducation telles la psychologie, le service social, etc. pour aider les enfants et le personnel éducatif. Il est temps de passer à l’autre rive. Ainsi, l’annonce du ministre Manigat devrait être prise au sérieux et devrait être insérée dans un programme étatique pour éviter tout abandon d’une nouvelle équipe à la tête du ministère de l’éducation nationale.

Le Travail Social comme discipline donnerait un accompagnement non négligeable dans le secteur éducatif. Philip MONDOLFO a raison quand il affirme que « jusqu’à aujourd’hui le travail social se fixe comme objectif d’agir sur les conditions matérielles et les comportements des individus en ayant recours à différents supports financiers, informationnels et socio-éducatifs ».  L’arrivée des psychologues, des travailleurs sociaux dans nos écoles aidera les enseignants qui interviennent dans les salles de classes ainsi que les élèves, acteur clé du système, à être performants en tenant compte de divers facteurs dans un processus d’apprentissage. Vu que le milieu social détermine en grande partie les dispositions mentales et émotionnelles de l’individu, l’école doit avoir un autre regard sur les enfants en ayant une nouvelle approche scolaire. « Tant vaut l’école, tant vaut la NATION !»

 

Guison CELESTIN

Étudiant en Service Social

FASCH / UEH

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Références bibliographiques

1) BORDELEAU, Claude, MORENCY, Linda. L’art d’enseigner. Principes, conseils et pratiques pédagogiques, Gaétan Morin, Montréal, 1999.

2) MONDOLFO, Philip, Travail Social et développement, DUNOD, Paris, 2001.

3) FRANҪOIS, Pierre Enocque, Politiques Éducatives et inégalités des chances scolaires en Haïti, Editions de l’Université d’État d’Haïti, 2010.

 

 

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