• Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille

Haïti-Misère : Manger comme on peut dans l’indignité!

Envoyer Imprimer PDF
Note des utilisateurs: / 9
MauvaisTrès bien 

Tout comme l’air, se nourrir demeure un besoin physiologique fondamental dont l’être humain ne peut se passer pour son bien-être physique. Une obligation purement biologique qui devient une charge sociale énorme pour certaines gens. En Haïti, se nourrir représente pour de nombreuses personnes, un véritable casse-tête. Un problème chronique, constate Haiti Press Network.

Reportage

Mardi 19 mai. Pétion-Ville. Cette commune dont certaines parties ressemblent étrangement, depuis quelque temps, à la Croix-des-Bossales, avec des tas d’immondices, des marchands et marchandes qui s’entassent dans divers coins de rue. Pourtant, autrefois, ce fut une commune de référence de la capitale haïtienne.

Il n’est pas encore 8 heures du matin. Tandis que, Ti fifi, marchande ambulante, disposant un commerce estimé peut-être à 150 gourdes, tient déjà en plein air, un bol de riz, arrosé de la sauce de calalou, probablement rempli de tous les microbes du monde.

Dans un environnement décoré de détritus et de boue qui dégagent une odeur fétide, d’attirails, de marchandes et de mouches, Ti fifi, cuillère à la bouche, mange avec une rare désinvolture, sans se soucier de sa santé.  « Ventre affamé n’a point d’oreilles », dit le vieil adage.

Dans notre pays, Ti fifi est très loin d’être la seule personne qui, faute de moyens, satisfait dans de telles conditions, sa faim. Une action indispensable pour le bon équilibre psychologique d’un individu. Ils sont en effet des millions d’âmes qui, comme elle, se débrouillent quotidiennement tant bien que mal, pour se nourrir.

Car, une motivation non satisfaite, comme la faim, peut influencer sur la conduite d’un individu et dans la formation de sa personnalité, voire même dans son identité.

Quand l’État fait fi de la population

Si dans certains pays de la planète, l’État fait du ventre de son peuple une priorité première, chez-nous, une grande partie de la population est livrée à elle-même, ne sachant fort souvent à quel saint s’adresser pour se nourrir.

Pour pas mal d’Haïtiens vivant en ville aussi bien qu’à la campagne, le pouvoir d’achat n’existe que dans la cognition. Néanmoins, en dépit de tout, pour ne pas crever de faim, tout le monde se débrouille à sa manière pour s'alimenter.

« Me nourrir confortablement, parfois ce n’est pas ce qui compte le plus pour moi. C’est trouver quelque chose à un prix plus ou moins abordable pour satisfaire cette sensation de faim, qui affecte mon estomac. Je ne travaille pas. Je n’ai pas de moyens », nous confie Joël Innocent, qui fait le métier d’artilleur d’autobus dans les stations improvisées de transport public à Pétion-Ville.

Ils sont nombreux ceux qui préfèrent jeter un regard quelque part où est dressée une quelconque tente en pleine rue, bref : un lieu qui accueille les petites bourses, plutôt que de se payer le luxe d’aller déjeuner, dîner ou souper dans un restaurant où il faut au moins, entre 250 à 300 gourdes pour commander un plat.

« Chen janbe, aleken, bann a pye, wach wach », sont des expressions, par lesquelles sont nommés ces modestes plats, livrés très souvent en dehors des normes élémentaires d’hygiène, mais hélas, allégeant la peine des petites bourses qui n’ont généralement pas d’autres alternatives.

Le manque et/ou l’absence de pouvoir d’achat, les sans-emplois, le chômage et la situation socio-économique difficile du pays, sont entre autres, des facteurs qui favorisent cette pratique où des Haïtiens s’accommodent à manger n’importe où, n’importe comment et à n’importe quel moment de la durée.


Texte et photo : Alix Laroche

Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 

HPN Sondages

7/7 Hebdo

Actuellement Sur HPN....

Nous avons 256 invités en ligne


Rechercher dans le site

Facebook

FOR USA & CANADA RESIDENTS ONLY


To receive HPN tweets on your mobile
USA ---> SEND : follow hpnhaiti | to : 40404
CANADA ---> SEND : follow hpnhaiti | to : 21212

 

Follow hpnhaiti on Twitter