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Haïti : Les nouveaux mendiants

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Dans les autobus, dans les rues et parfois jusque chez soi, la mendicité est une pratique très courante en Haïti. Le nombre des mendiants augmente et les stratégies se diversifient depuis le séisme.

Dans un autobus assurant le transport Port-au-Prince/Pétion-ville, un homme bien portant vient interrompre une femme agent de marketing qui vendait ses produits. Avec un langage soigné, il commence par « annoncer l’Evangile » aux passagers de l’autobus.

Après les avoir « bénis », il leur demanda – avec un français pointilleux – de lui donner de l’argent. « L’immigration m’a déporté, c’est la raison pour laquelle je vous demande d’être généreux en ma faveur, car avec cet argent je pourrai prendre un repas chaud aujourd’hui ».

Après avoir effectivement reçu l’argent, fruit de la générosité des passagers, il demande au chauffeur d’arrêter l’autobus et saute dans un autre véhicule pour continuer son « job ».

Le cas de ce jeune homme n’est pas isolé. De plus en plus de personnes emploient de nouvelles tactiques pour demander l’aumône. S’ils ne se présentent pas avec une blessure quelconque, ils vous montrent une partie de leur corps handicapé, ou encore ils prient ou chantent dans le but de recevoir quelques sous. Mais ces jours-ci, ils investissent de plus en plus les autobus pour sensibiliser les gens sur leurs malheurs.

Il y a plusieurs semaines de cela, dans un autobus assurant le transport Port-au-Prince/Gonaïves, un jeune homme se présentait avec un œil au beurre noir et des cicatrices sur le corps.

« Un ennemi a voulu me tuer, mais le Seigneur m’a secouru, » a-t-il déclaré. Dans les minutes qui ont suivi son « témoignage», des billets de 25, 50 et 100 Gourdes sont passés de main en main pour le rejoindre afin qu’il puisse aller se faire soigner chez un médecin.

A peine était-il descendu de l’autobus qu’une jeune femme avec un enfant dans ses bras commence elle aussi à raconter ses péripéties pour, dit-elle, sauver sa fille de la guigne qu’on lui a jetée.

« Pourquoi n’ont-ils pas été se faire soigner à Médecins Sans Frontières ? D’ailleurs les soins sont gratuits ?», s’interroge un passager qui pense que les « nouveaux mendiants » jouent sur la générosité et la sensibilité des Haïtiennes et des Haïtiens en évoquant notamment le nom de Dieu.

Dans l’autobus de Pétion-ville cité au début de cet article, les débats après ce « sermon lucratif » sont très houleux. Si certains pensent que ce jeune homme avait bien agi, puisqu’il ne s’était pas introduit dans l’autobus avec une arme à feu pour voler les passagers, d’autres pensent qu’il ne faut pas non plus encourager la mendicité auprès des jeunes. D’après eux, cela encouragerait ces derniers à ne plus chercher un emploi ni créer leur propre business, comme par exemple vendre des boissons, être un agent de marketing, etc.

Avant le séisme, il y avait des mendiants. Après cette catastrophe naturelle qui a bouleversé le pays le 12 janvier dernier, ils sont beaucoup plus nombreux à s’investir dans ce créneau. Et quant aux passagers, ils doivent – malgré les difficultés que connait le pays – réserver dans leur budget journalier un peu d’argent pour ces « nouveaux mendiants. »

Jonas Laurince

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