Le Rapport sur le développement humain 2011 avance que les défis pressants en matière de durabilité et d’équité doivent être traités conjointement et identifiés les mesures à prendre aux niveaux national et mondial qui pourraient encourager les progrès relatifs à ces deux objectifs étroitement liés.
Selon le rapport, sur un total de 187 pays et territoires couverts par l’indice de développement humain 2011, la Norvège est recensée en première position et la République démocratique du Congo occupe la dernière place.
Les inégalités ont fait baisser le classement à l’Indice de développement humain (IDH) pour les États-Unis et la Corée du Sud, entre autres, lit-on dans le rapport. Les problèmes majeurs relevés dans le document sont liés particulièrement à l’énergie, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, les questions de pollution et la déforestation.
Haïti, la dégradation environnementale
En effet, le rapport de cette année met en évidence la façon dont les dommages environnementaux accroissent les inégalités, en exerçant un impact négatif sur les populations les plus défavorisées, particulièrement celle d’Haïti.
D’après Arnaud Dupuy, chef de l’unité environnement du PNUD, Haïti n’est pas épargnée de la dégradation environnementale au niveau mondial.
« Ceci est particulièrement vrai pour Haïti, où plus de 75% de la population vivent en milieu rural. Haïti est en situation de catastrophe écologique. Tous les indicateurs environnementaux sont soulignés en rouge », a-t-il fait savoir.
Selon l’expert du PNUD, chaque année Haïti connait un déficit de 37 millions de tonnes de terres arables qui s’en vont à la mère. En 1970, a-t-il indiqué, nous avions eu une couverture végétale évaluée à 24%. De 1970 à 1990, nous sommes passés de 20% à 4% de couverture forestière. En 2011, les espaces verts du pays ont été recensés à moins de 2%, à en croire M. Dupuy.
Il a également fait le diagnostic de nos bassins versants. D’après lui, près de 25 sur nos 30 bassins versants principaux sont dans une situation de dégradation sévère.
« Nul n’est besoin de vous dire que le cadre de vie et le cadre de production de ce pays sont en voie de disparition. Donc, il faut agir vite. Je pense que les recommandations de ce rapport pourraient inspirer les décideurs politiques, afin d’adopter les mesures qui s’imposent, en vue de meilleures conditions de vie à la population», a-t-il souhaité.
Cependant, l’expert des Nations unies dit croire qu’il y a, en dépit de tout, des opportunités à saisir dans les stratégies politiques gouvernementales.
« Prenant par exemple le problème de l’énergie. On peut faire baisser la pression sur nos ressources forestières, en faisant le saut qualitatif du bois et de charbon de bois vers le gaz propane », a-t-il conseillé.
Toutefois, il a indiqué que l’indice de développement humain en Haïti, a quand même progressé au cours de ces dernières années, notamment au niveau de la santé et de l’éducation, quoique, a-t-il avancé, les revenus aient connu une baisse de façon proportionnelle pendant les mêmes années.
Abordant la problématique de la pauvreté, Daniela Gregr, spécialiste du programme de réduction de la pauvreté du PNUD, a pour sa part, fait comprendre que la dégradation de l’environnement a un impact direct sur les couches les plus vulnérables qui vivent notamment en milieu rural.
« Les pays à développement humain faible à l’instar d’Haïti dépendent beaucoup de l’agriculture. L’impact du changement climatique en termes de hausse de température, de réduction de précipitation et de désertification se fait surtout sentir en milieu rural où se trouvent concentrées les personnes les plus pauvres », a-t-elle fait remarquer.
Pour Mme Edna Blanc Civil, directrice nationale a.i. du Programme d’appui à la gestion de l’environnement, le niveau de dégradation et déperdition de l’environnement haïtien, est inquiétant. Le déboisement accéléré en est la principale cause, a-t-elle souligné.
Le rapport du PNUD, notons-le, met l’accent sur une proposition principale qui fait référence à une stratégie qui s’appelle « gagnant, gagnant, gagnant ». Par cette proposition, l’on essaie de prendre en compte le développement humain, en favorisant l’accès à l’énergie qui doit déboucher sur une croissance économique, mais aussi l’accès aux services d’éducation et de santé.
Alix Laroche
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