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Haïti-Société-Gede : Quand la mort se fête comme au carnaval

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À l’occasion de « La Toussaint », le cimetière de Port-au-Prince a été comme les années antérieures le théâtre de rituels religieux. La spiritualité et la culture haïtiennes se manifestaient dans une ambiance de carnaval, a constaté un reporter de Haiti Press Network.

 

Les jeudi 1er et vendredi 2 novembre 2012 : « La Toussaint ». Période dite fête des saints et des morts. Durant ces deux jours, certains endroits de Port-au-Prince, notamment les cimetières ont été transformés en d’authentiques lieux de carnaval improvisé.

Pendant que des fidèles protestants se réunissaient dans les temples des quartiers populeux, pour prier et invoquer le nom de Dieu, des adeptes du vodou prenaient eux, la direction des cimetières. Question justement de procéder à des dévotions magico-religieuses en l’honneur, dit-on, des morts.

Cette année encore, comme tous les ans, les cimetières ont été convertis en de véritables scènes où étaient offerts gratuitement des spectacles de rituels traditionnels exécutés en l’honneur des divinités associées à la mort. Un sacré moment où se manifeste le syncrétisme religieux ! Les fidèles catholiques et les vodouisants célèbrent les saints et les morts à leur manière. Un événement à deux motivations contraires.

« Je viens au cimetière chaque année pour vénérer mes parents décédés. Je leur apporte des fleurs, du rhum et d’autres objets. Je suis possédée par les « loas Ogoun et Gede nibo », nous confie Marlène, fière et joyeuse en exhibant son visage badigeonné de poudre.

Société et tradition

Dans le paysage culturel haïtien, les saints et les loas sont invoqués en cette occasion, tant par la prière que par d’autres formes d’incantations. Les cimetières, véritables endroits de toutes les pratiques magico-religieuses haïtiennes, constituent les principaux lieux d’attraction des fêtards. Les fidèles catholiques, de leur côté, vénèrent en ce moment leurs saints et méditent à la mémoire d’un membre de leur famille décédée.

Il faut dire aussi que cette célébration traditionnelle donne lieu à des moments d’exaltation en pleine rue. À cet instant de plaisir, des adeptes en transe chantent d’une voix nasillarde, lancent des obscénités et se livrent à des gesticulations corporelles et des postures érotiques jusqu’à l’indécence.

Comme à l’accoutumée, des spectateurs s’en prennent aux vodouisants. Sur un fond de grivoiserie à connotation sexuelle, ils les traitent de tous les patronymes. Les moins hostiles aux adeptes, particulièrement les jeunes se mêlent parfois de la partie en simulant la transe, en chantant et en hurlant à gorge déployée.

Au cimetière de Port-au-Prince

Au cimetière de Port-au-Prince communément appelé « Grand cimetière », dans le périmètre de la croix de Baron, à la chapelle « Notre-Dame des sept douleurs », des fidèles catholiques mêlés aux vodouisants implorent et fredonnent des cantiques. Par moment, des prières sont adressées à on ne sait qui. Certaines personnes en appellent au changement de la situation sociopolitique du pays. D’autres sont plutôt préoccupées par leur situation personnelle. À l’intérieur de ce temple ecclésiastique planté au beau milieu du cimetière de Port-au-Prince, il se crée une vraie atmosphère de méditation et de recueillement.

Tandis que, sur le parvis de la chapelle arborée de gens venus pour les circonstances, des débrouillards impénitents étalent, comme d’habitude, à l’entrée et dans les principales artères du cimetière, leurs produits magico-religieux. On remarque, entre autres, des chapelets, des rosaires, des bougies, des images pieuses ayant des caractéristiques mystiques. On peut dire tout simplement, des choses ayant l’attrait un peu drôle qu’on a l’habitude de voir exposées généralement dans les Péristyles où les vodouisants entrent en communion mystique et solennelle avec les esprits surnaturels.

Le cimetière de Port-au-Prince, comme tant d’autres du pays, accueille les 1er et 2 novembre d’importantes cérémonies religieuses et mystiques. C’est le lieu privilégié des vodouisants qui, à cette époque de « La Toussaint » viennent célébrer la fête de la mort et de la vie.

Le cimetière est aussi considéré, dans la croyance des vodouisants, comme l’ultime habitat des morts, qui abrite, entre autres, Baron Samedi ou Baron La Croix, le premier homme à y être inhumé, et sa femme, Grande Brigitte, la première femme à y être enterrée.

La fête des « Gede », commémorée particulièrement le 2 novembre, caractérise la religion vodou en Haïti un peu marginalisée et mal vue par des membres de la société. Dans la mythologie vodouesque haïtienne, les « Gede » symbolisés par les couleurs traditionnelles noir, mauve, blanc et violet, représentent les esprits de la mort. Les fameuses lunettes noires, le visage barbouillé de poudre blanche, la bouteille à eau pimentée et le bâton sculpté, sont des éléments incontournables pour le ou la possédé (e) par « l’esprit Gede ».

 

Texte et photo: Alix Laroche

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