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Haïti-Musique : la contre-culture du Rap haïtien

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La musique Rap, version créole haïtien et ses dérivés, est devenue l’apanage d’une jeunesse en quête de modèle. Avec la bénédiction des médias locaux et des publicistes, ce « tapage orchestré » nuit à  la culture authentique d’un pays qui n’a pas fini d’exploiter ses potentialités culturelles.

 

 

Le patrimoine musical d’Haïti est l’un des plus riches des Amériques. Dans le lot des cadences d’origine urbaine sorties du moule local, il y a  le Konpa et la musique Rasín. Toto Bissainthe, Boukman Eksperyans, Koudjay et  Azor incarnent bien les variantes de cette alchimie sonore. L’informatique et  les logiciels épicent flirtent avec le folklore.

Les rythmes du vaudou –réservoir inestimable- s’accompagnent d’autant de chorégraphies qui peuvent enrichir les compositeurs d’aujourd’hui et de demain. Il suffirait par exemple de conserver le tempo et de trouver des textes qui n’ont rien à voir avec les messages de la liturgie vaudou et le tour serait joué.

Les textes souvent engagés et le ton agressif des « vocalistes » dénaturent ces pseudo-compositions musicales diffusées dans les Tap Tap  ou sur les places publiques. Elles sont à la limite du  plagiat. Car elles sont souvent piquées sur des  échantillons existant sur internet.

Du coup des stars et des groupes de pacotille naissent comme des météores. Ils ne sont pas moins auréolés par un certain public. Et les médias osent parler d’un Rap haïtien qui  progresse. Un animateur radio chauvin avait déclaré, il y a quelques années, que le « rap haïtien était le meilleur du monde ».

Un art qui progresse est bien celui qui a un contenu sain et qui ne porte pas atteinte à la pudeur; celui qui se vend bien et s’impose au pays comme à l’étranger ; celui qui nourrit son homme et permet de redorer l’image de son créateur. Au final, c’est l’image du pays qui en gagne avec à la clé des touristes.

Chez les voisins immédiats d’Haïti, les radios, les utilisateurs de véhicules, les propriétaires de bars, l’homme de la rue et  les restaurateurs sont plutôt froids. Ils ne vulgarisent ni le rap d’Haïti, ni les autres styles qui font danser tout son peuple. La réciproque n’est pas vraie. La musique dominicaine, par exemple, s’impose.

Le créole serait-il un obstacle à cette situation ? Loin de là. De nombreux artistes choisissant par snobisme ou par ignorance le chemin de l’aliénation raffolent de Rap ou de RnB. Ce sont des spécialités afro-américaines ou de la Caraïbe anglophone. Pas facile de chasser sur les mêmes terres que ceux qui sont déjà bien installés.

Quand la déroute artistique prend des allures de modèle qui se perpétue, c’est toute l’identité nationale qui est clouée piloris. Ce phénomène existe aussi dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne où la gestion des industries culturelles piétine encore.

La fuite en avant d’une culture contreproductive et dépendante se poursuit. Le Rap en est le  principal vecteur. A l’heure où l’internet et sa cohorte de produits sociaux sont devenus des critères d’intégration au perchoir universel, il y a lieu de se demander, si la recherche de remèdes pour renverser la tendance sera acquise ?

 

Belmondo Ndengué

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Twitter : @superbelmond

 

 

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