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Haïti : Des « villages urbains » qui dérangent …

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Au lendemain du séisme du 12 janvier, les Port-au-Princiens, par crainte des répliques sismiques, avaient envahi les lieux publics et les domaines privés. Six (6) mois plus tard, de véritables villages urbains  ont été crées défigurant le centre-ville et les communes environnantes.

« C’est une honte pour nous autres Haïtiens, » s’est emporté une cliente d’une banque commerciale à la Place Boyer, Pétion-ville, en jetant un regard sur les tentes couvrant cette place publique qui, avant le séisme, représentait l’un des endroits les plus prisés pour une promenade.

La Place Boyer est désormais transformée en un petit village au cœur même de Pétion-ville. En la contournant, on repère un salon de beauté unisexe, un centre de traitement de texte informatique, un restaurant, deux (2) points de distribution d’eau...
Au beau milieu se dressent des tentes de fortune.

Dans ce quartier où l’on retrouve les ambassades du Brésil et des Bahamas, des consulats de Suède et de Roumanie, la puanteur des eaux stagnantes et des toilettes mobiles mal entretenues – placées à l’entrée même des établissements diplomatiques – empeste l’atmosphère et dégage du même coup une mauvaise image du pays.

À quelques mètres de là, la Place Saint-Pierre présente le même tableau. Un  « petit village » au milieu de l’église Saint-Pierre, l’ambassade de Suisse, l’Hôtel de Ville, les bureaux administratifs, la police et un hôtel.

Mais ces cas ne sont pas isolés. À Diquini, dans la commune de Carrefour, l’on constate impuissant au déboisement d’une colline réputée pour sa verdure et sa beauté naturelle – un pasteur adventiste a même encouragé des riverains de cette zone à venir admirer ce chef d’œuvre de la nature qu’il compare « à la partie inférieure d’une femme nue allongée dans un lit ».

La population a pris possession des lieux, abattent arbres et arbustes, s’accaparent de lopins de terre qu’ils tracent anarchiquement et construisent des maisonnettes.

Nul n’est en mesure de déchiffrer le nombre de ces « petits villages » qui poussent comme des champignons dans la zone métropolitaine. Chaque jour, des gens « émigrent » dans de nouveaux quartiers jouissant de la faiblesse des autorités municipales.

À la tombée de la nuit, les tentes sont éclairées par des prises clandestines de courant électrique – ce qui constitue un grave danger en temps de pluie avec des risques d’électrocution. Certains « villages » disposent même de cybers café et de salles de cinéma sous les tentes.

« C’est un très grand progrès », affirme Jean qui croit que, malgré tout, les jeunes se créent des activités lucratives sans pour autant commettre des actes louches.

Mais le plus grand problème de ces camps transformés en villages est d’ordre sanitaire. Et comme ils côtoient les quartiers d’affaires et résidentiels, tout le monde risque de contracter des maladies contagieuses comme la malaria (à cause des eaux stagnantes venant des douches publiques), la typhoïde (à cause des détritus, des toilettes publiques mal entretenues, des matières fécales déposées le long des routes ou dans des ravins, sans oublier des mouches qui apportent ces microbes dans les nourritures). Bref, personne n’est à l’abri.


Par Jonas Laurince

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