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Le musicien Azor, un météore sous une pluie de tambours

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Azor est parti le 16 juillet en pleines festivités mariales et vodou  à Ville-Bonheur Saut-d’Eau, placée  alors dans les échos du  lieu, livré à la voix de ce musicien sacré, Lenord Fortuné de son vrai nom.

Malade et afffaibli, Azor avait  toujours tenu bon. Sa discipline, son courage, sa ferveur et sa consécration aux mystères invisibles d’Afrique immatérielle l’ont poussé  à produire une discographie phénoménale.

Tout n’a pas été rose dans la vie de Lenord Fortuné. Ne cherchant qu’à  interpréter les tambours et de faire conjuguer la voix des mystères sacrés du vodou, le musicien et fondateur du groupe Racine Mapou,   a forcé  ses vocalises jusqu’aux  sphères des cosmogonies ancestrales.

La popularité d'Azor découle d’une chanson inscrite dans l’ engagement social : « Vwazen an di m se vagabon pou mal pouse bourèt ala m 'konnen travay se libete mwen pa p mande. »

Les actes d’Azor (voix, tambour, spectacle) vont se répercuter  des milliers d’années encore comme les cris des apôtres entendus dans  l’Apocalypse de Saint- Jean.

Azor nous a appris l’humanisme,  la raison et le futur des mondes à venir. Tant par sa modestie. Tant par son exubérance maîtrisée.

Il y  aura toujours Ram, Racine Kanga, Boukman Eksperians et des solistes hors-normes comme Martha Jean- Claude, chanteuse vodou/santeria  indépassable. Hélas,  Azor aura été toujours  à la hauteur des événements sacrés. Et ceci pour deux choses : sa  spiritualité  et son apesanteur  à  Ville Bonheur- Saut -d’Eau le 16 juillet dernier !

La musique telle que   vécue  par Azor n’a  rien d’une clé  passe- partout ni d’une allumette pour allumer des bougies éteintes. Avec Azor on peut tâtonner au départ mais  à l’arrivée, on peut frôler des gravitations (célestes).

Il n’a jamais été facile d’exceller de ses mains et de sa voix. Avant Azor, il y a eu le roi de la musique pop, Michael Jackson qui a imposé son rythme personnel à sa propre voix ponctuée de   gestes et de  signes.

Azor a enduré maintes tortures dans la piété recommandée  par  le vodou. De Dessalines, le fondateur de  la patrie, en passant par Jeanne Pelée, la prêtresse immortelle, un divo doit pouvoir entrer dans le miracle perpétuel des musique sacrées made in Haïti.

Comme l’a écrit André Malraux, «Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie». Allez savoir pourquoi. Toussaint Louverture, Jacques Stéphen Alexis, Jacques Roumain resteront des flûtes irremplaçables des arbres musiciens.

Azor représente l’exemple de la renaissance d’une Haïti à venir !


Dominique Batraville

 

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