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Haïti comme écho dans le roman "Brisants" de Max Jeanne

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Le  roman guadeloupéen « Brisants » de Max Jeanne, publié aux éditions Mémoire d’Encrier, se construit sur fond de musique identitaire et de dénonciations intercommunautaires dans une Caraïbe plurielle à réinventer encore.

 


Deux protagonistes travaillés par la distance géographique : Johnny, médecin et Maouna, professeur se trouvent tiraillés entre violences xénophobes d’une île tourmentée, la Guadeloupe et le rythme trépidant de la mégalopole parisienne.


Max Jeanne avec ce récit presque polyphonique articule en seize chapitres et orchestre en ouverture de prologue et  en fermeture d’épilogue  son chantier romanesque.


Le monde caribéen devient par endroits  sublimatoire : Cuba, Guadeloupe, Martinique, Haïti voire la Guyane française continentale. L’écrivain guadeloupéen nous montre le désir d’habiter un espace de confluences et de dissidences que constituent les îles voisines et sœurs.


L’élément -clé du roman tourne autour de la mort du personnage haïtien qui a soulevé la colère des progressistes guadeloupéens appelés à transformer cette fin tragique d’un frère îlien en mouvement de résistance.


Ce roman intracommunautaire a  évoqué aussi les démêlés des syrano-libanais en quête de richesses faciles via des gages inextricablement liés au vodou haïtien.


Cette relation romanesque triangulaire (grande terre guyanaise, l’arc antillais et la France du développement économique féroce) se greffe sur une histoire d’amour difficile à vivre  entre deux amoureux de la terre de leur naissance. Tiraillements et bousculades de songes ininterrompus alimentent la narration de Max Jeanne.


Roman intracommunautaire s’il en est, « Brisants » se déroule sous nos yeux sous forme de récits croisés de migrants et revêt les dimensions d’une radioscopie de la Caraïbe à la recherche de sa conscience critique, libertaire et solidaire.


Tant par la fabrication d’un lexique propre ou d’un style bien rythmé, la démarche littéraire de l’auteur nous ramène à l’écriture bouleversée du romancier haïtien Jean-Claude Charles qui a voulu faire voler en éclats la syntaxe française trop classique pour les Jazzmen de la Caraïbe.


Max Jeanne a pris le soin d’inscrire sa parole dans l’enracinerrance. Ce voyage sous-terrain et inter océanique  ponctue les grandes traversées caribé-diasporiennes. Le romancier fait vivre à travers ses personnages le poids et la singularité des identités régionales actuelles. En  témoigne cet extrait: « Sainte -Anne restait pourtant très animée. La plage, l’école de voile et les restaurants attiraient toujours la même populace bon enfant, ainsi que les camelots vendant,  à la criée, cives, citrons, cocos et abricots, ignames et patates, tout le long du boulevard maritime. Il avait remarque aussi qu’avec la reprise de l’école, Rastaman et têtes pétées avaient augmenté d’un seul coup, au grand dam d’une police municipale toute démunie et si pâle face au mélange explosif :chômage, rhum et crack. »


Peut-on parler du tragique migratoire caribéen ou encore du mal-vivre des migrants en déplacement dans les mégalopoles occidentales ? Comment vivre son insularité sans nier les phénomènes migratoires intempestifs du sous-continent américain ? Pour paraphraser un immense auteur caribéen : «  Pas de paradis dans la Caraïbe. »  En ce sens, Max Jeanne nous a encore ouvert les yeux.


Dominique Batraville

 

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