Des conditions exécrables, des salaires dérisoires portent plus d’un à abandonner l’enseignement. Un atelier de réflexions a été organisé au Plazza par l’UNESCO afin de réclamer de meilleures conditions de travail et des formations adéquates pour les éducateurs à l’occasion de la journée internationale des enseignants le 5 octobre.
Plus d’un considèrent l’enseignement comme un tremplin vers autre chose, en attendant mieux, la faute aux conditions exécrables, aux salaires dérisoires qui caractérisent le métier. C’est la conclusion de Guy Alex André, professeur d’université, à la fin d’un exposé sur le plan de carrière de l’enseignant dans le système éducatif haïtien.
L’universitaire intervenait lors de l’atelier de réflexions autour du thème « Formation et conditions de travail des enseignants » organisé par l’UNESCO et la Commission nationale haïtienne de coopération avec l’UNESCO, à l’ occasion de la Journée internationale des enseignants ce mardi.
Au cours de cet atelier tenu le lendemain de la rentrée des classes en Haïti, des experts haïtiens étaient réunis au Plazza (hôtel de Port-au-Prince sis au Champ de mars) pour débattre de la formation et des conditions de travail des enseignants haïtiens.
Le professeur André a aussi évoqué la faible capacité de l’État de retenir ses enseignants. « La plupart ne sont pas d’ailleurs intéressés à faire carrière et vont voir ailleurs à cause des conditions de travail qui découragent et démotivent ».
Côté salaire, il arrive qu’un enseignant de 45 ans d’expérience gagne autant qu’un enseignant qui vient de commencer et n’a pas encore obtenu sa licence, poursuit Guy Alex André. Des étudiants formés en éducation ont dû, par ailleurs, apprendre autre chose et s’orienter vers d’autres disciplines.
D’autres acteurs du système éducatif sont intervenues au cours de cet atelier, parmi eux Jean Luc Tondreau, spécialiste du programme éducation à la Commission national e de coopération avec l’UNESCO, qui a procédé à une mise en contexte de l’atelier et ses objectifs, Jocelyne Trouillot, rectrice de l’Université Caraïbes, qui a traité de la qualité, la pertinence et la cohérence des offres de la formation initiale d’enseignants en Haïti ou Ecclésiaste Télémaque, directeur adjoint à la direction de la formation du perfectionnement du ministère de l’éducation nationale, intervenant sur la formation continue des enseignants en Haïti.
Tous ont plaidé pour une valorisation du métier d’enseignant. Il faut encourager les carrières, la formation continue et offrir des meilleures conditions de travail, de meilleurs salaires si l’on veut que les éducateurs puissent bien transmettre et former de jeunes esprits, arguent-ils.
« Quand on parle de reconstruction et de refondation, il ne faut pas poser la question seulement en termes de bâtiments et de routes, mais avant tout en termes d’êtres humains qu’il faut former correctement, a pour sa part estimé Jean Coulanges, anthropologue et secrétaire permanent de la Commission nationale haïtienne de coopération avec l’UNESCO.
L’activité de ce mardi au Plazza visait aussi à offrir l’occasion aux différents acteurs du système éducatif de dialoguer avec les hautes responsables de l’État sur des sujet d’intérêt commun comme le plan de carrière, la formation, les difficultés, les mode de recrutement et la rémunération des enseignants haïtiens, entre autres, selon une note de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).
La célébration du 5 octobre a également été l’occasion de rendre hommage aux enseignants et au rôle essentiel qu’ils jouent pour une éducation de qualité à tous les niveaux. Béchir Lamine, représentant par intérim de l’UNESCO en Haïti, a réclamé une minute de silence en leur mémoire. Plus de 600 enseignants et 200 employés d’établissements scolaires ont été tués dans les trois régions les plus touchées (Ouest, Les Nippes et le Sud-Est).
La Journée internationale des enseignants se célèbre cette année autour du thème mondial: “La reconstruction passe par les enseignants”.
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