Haïti-Rentrée scolaire-Économie : La population se plaint d’être ramenée à l’âge de pierre depuis déjà trop longtemps

Economie
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La rentrée scolaire de l’année académique 2021-2022, prévue dans un premier temps le 6 septembre, mais qui a été sine die reportée par le MENFP au 21 septembre pour sept départements et au 4 octobre pour les endroits affectés par le séisme du 14 août dans le Grand Sud, va être effective, si les bandits de la République le veulent, ce mardi. Néanmoins, cette rentrée s’effectue sur fond de graves crises politiques, accentuées d’un contexte socio-économique des plus précaires pour de nombreux pères et mères de famille, constate Haiti Press Network.

D’aucuns estiment que cette Haïti où nous nous retrouvons aujourd’hui, ramène les gens à l’âge de pierre. Pour de nombreuses personnes, la qualité de vie chute considérablement. S’ajoute à cela, un climat d’insécurité sans précédent, où le simple fait de circuler dans les rues de la capitale est un exercice à hauts risques. C\\\'est dans ce contexte d\\\'incertitude que les enfants reprennent le chemin de l\\\'école ce 21 septembre.

« C’est très compliqué pour les responsables de famille aujourd’hui. Les choses vont de mal en pis. Les années et les changements des équipes dirigeantes au pouvoir n’ont pas permis d\\\'améliorer la vie des plus faibles de la société. Le panier de la ménagère devient de plus en plus léger », raconte Jeanine rencontrée dans un supermarché à Pétion-Ville.

Jeanine est l’une parmi des millions de mères de famille haïtienne qui ne savent à quel saint se vouer dans cette condition économique morose, où les prix grimpent à une vitesse vertigineuse aux marchés formels et informels dans cette République livrée à elle-même, où l’État se comporte comme les musiciens à bord du « Titanic » en plein naufrage au fond des océans.

En effet, la crise politique qui perdure en Haïti a impacté de façon désastreuse sur l’économie du pays, y compris sur le quotidien des Haïtiens. Pour comprendre et voir ça, il suffit tout simplement de faire des achats. Sur les rayons des magasins et des supermarchés, l’on constate les prix qui augmentent de jour en jour de manière folle.

« Les prix des produits augmentent trois fois plus, quatre fois plus, cinq fois plus sans aucune explication. Ce mal économique me donne la migraine. C’est vraiment inimaginable », se plaint le propriétaire d’un petit business à Pélerin 5, lequel commence depuis un certain temps, à attendre ses clients qui ne viennent presque plus, faute d\\\'argent.

Les gens ont arrêté de demander certaines choses. Cet entrepreneur comprend bien que cela est dû à la situation économique difficile qui prévaut. Le coût de la vie devient un calvaire pour les moins nantis de la société, surtout celui ou celle qui constitue le dernier consommateur. Évidemment, c’est le dernier consommateur qui en paie les conséquences néfastes de cette fluctuation économique. 

Puisque la gourde a perdu toute sa valeur, les grands commerçants ou encore les fournisseurs calculent tout sur la valeur du dollar américain. Et vu qu’il faut aujourd’hui plus de 100 gourdes pour un dollar, cela explique l’augmentation sans cesse croissante des prix sur le marché. D’autant que le pays vit beaucoup plus de l’importation que de l’exportation qui pourrait générer des devises, susceptibles de diminuer ainsi la pression sur la monnaie locale.

Outre cette situation économique difficile qui accentue la misère noire la plus abjecte au sein des ménages privés de pouvoirs d’achat, il y a aussi les coupures interminables d’électricité dans les foyers, sans oublier une pénurie d’essence à répétition, créée par on ne sait qui, offrant ainsi l’opportunité aux chauffeurs du transport public d’augmenter les tarifs des trajets comme bon leur semble, sous prétexte que l’or noir devient très difficile à trouver et que le prix du gallon est révisé à la hausse. 

Voilà en peu de mots ce qui résume le quotidien de l’Haïtien d’aujourd’hui à l\\\'occasion de la rentrée scolaire. Une situation qui laisse pas mal de gens déduire que les gouvernements qui se sont succédé et la classe politique constituant un échec total, sont les principales causes de la difficulté de vie du peuple haïtien aujourd’hui en mode survie.   

Alix Laroche

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