Assassinat Jovenel Moïse : l\\\'instruction patauge, l\\\'enquête de la DCPJ bloquée, selon un rapport du RNDDH

Le Judiciaire
Typographie

Dans son dernier rapport publié cette semaine sur l\\\'état d\\\'avancement de l\\\'enquête sur la mort du Président Jovenel Moïse, le Réseau national de défense des droits humains(RNDDH) relève que l\\\'enquête patauge au niveau de l\\\'instruction et elle est bloquée à la Diretion centrale de la Police Judiciaire(DCPJ). 

 

Le RNDDH souligne que la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) n\\\'a pa eu accès aux bases de données de certaines institutions étatiques telles que l’Office d’Assurance Véhicules Contre Tiers (OAVCT) qui peut renseigner sur les véhicules impliqués dans les actes attentatoires aux vies et aux biens, l’Office National d’Identification (ONI) susceptible de fournir l’identité et les coordonnées des personnes suspectées d’être impliquées dans la perpétration d’actes répréhensibles, la Direction Générale des Impôts (DGI) qui peut renseigner sur la vie fiscale des individus recherchés et la Direction de l’Immigration et de l’Emigration qui présente les déplacements sur le territoire et à l’extérieur du pays, des individus potentiellement recherchés.  Le Rapport du RNDDH révèle que peu avant l’assassinat du président Jovenel MOÏSE et sans qu’aucune explication, l’accès de la DCPJ aux bases de données de l’OAVCT, de l’ONI, de la DGI et de la Direction de l’Immigration et de l’Emigration a été interdit.

 

\\\"Ainsi, les véhicules  utilisés pour perpétrer le crime, les probables transactions réalisées en Haïti par les ressortissants étrangers qui auraient alors été obligés d’utiliser leur passeport par exemple, pour se procurer un téléphone portable, l’utilisation potentielle des cartes d’identification nationale et permis de conduire, pour des achats, des locations, les données biométriques et fiscales des personnes impliquées ainsi que les mouvements de ces individus tant sur le territoire national qu’à l’étranger sont difficiles à retracer\\\", écrit le Réseau national de défense de droits humains.

 

De plus, l\\\'institution de droits humains souligne que des personnes clé dans l\\\'avancement de l\\\'enquête subissent des actes d\\\'intimidation comme les policiers de la DCPJ qui enquetaient sur cette affaire convoqués par l’Inspection Générale de la PNH en septembre 2021 dans le cadre de leur travail, dans l’objectif évident de les intimider estime le RNDDH. D\\\'autre part, le réseau national de défense des droits humains relève que l\\\'’enquête de police judiciaire ne s’est jamais étendue aux institutions bancaires. \\\"Pourtant, il reste un fait que des transactions ont été réalisées et qu’au moins deux (2) institutions bancaires haïtiennes ont été utilisées pour le transfert et la circulation de montants exorbitants, en provenance des Etats-Unis vers Haïti\\\", rappelle le RNDDH soulignant que la DCPJ n’a jamais autorisé ses enquêteurs à approfondir cet aspect de l’enquête qui aurait pourtant aidé à identifier ceux qui ont payé pour le crime.  

 

Le Rapport du RNDDH révèle que l\\\'ancien Directeur de la PNH Léon CHARLES s’étant entretenu à plusieurs reprises avec Joseph Félix BADIO. L\\\'institution de droits humains estime que M. Charles  a pour obligation de fournir des informations sur ses liens avec ce dernier, d’autant plus qu’il figurait parmi les premières personnes contactées par Jovenel MOÏSE la nuit de son assassinat et qu’il avait décidé de ne pas lui porter assistance. 

 

Dans ses recommandations, le RNDDH demande à la justice haïtienne de passer les instructions pour la reprise de l’enquête de police judiciaire ; d\\\'identifier les institutions bancaires qui, en Haïti, ont permis de payer la préparation et la perpétration du crime ; d\\\'auditionner toutes les personnes sans distinction qui se sont entretenues avec celles indexées dans le crime ; et enfin d\\\'enquêter sur le comportement du magistrat instructeur Garry ORELIEN et de son greffier Elysée CADET, dans l’instruction de ce dossier et prendre les sanctions qui s’imposent.

 

Eddy Trofort

HPN

41 91 8087

Inscrivez-vous via notre service gratuit de courriel d'abonnement pour recevoir des notifications lorsque de nouvelles informations sont disponibles .