Haïti-Politique : La nation pendante aux décisions de ses dirigeants, des doutes sur toute la ligne 

Idées et Opinions
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Référendum ou non, les élections ou non, les négociations ou non, la sécurité ou non. Ce sont autant de décisions que la population attend de ses dirigeants qui ne semblent pas vraiment pouvoir répondre à toutes ces dualités alors que le pays traverse des moments terribles. Des gens qui ont dormi à la belle étoile et qui ne sont pas rentrés chez eux parce que des bandits occupent plusieurs zones dans la région métropolitaine notamment l'entrée Sud de Port au Prince.

Qu'est ce cela peut vouloir dire alors que des citoyens sont bousculés à payer les taxes et les impôts sans services en retour ? Imaginez une minute des pères et mères de famille qui ont dû dormir quelque part parce qu'ils ne pouvaient pas rentrer chez eux. C'est devenu une habitude et certaines familles ont été obligées de déloger du Sud vers l'Est, c'est dans la commune de Pétion ville ou de Delmas avec au passage des dépenses multipliées par trois par quatre pour trouver un logement descent.

 

C'est dans ce contexte que les citoyens s'interrogent sur certaines décisions prises par le gouvernement d'avancer avec l'organisation du Référendum. Plusieurs voix se sont élevées pour dire NON à cette initiative de l'Administration de Jovenel Moïse qui y tient mordicus. Ce mercredi, l'ancien Maire des Cayes, le très influent Gabriel Fortuné, a révélé que l'entourage du Président ne croit pas à ce projet. une révélation qui vient corroborer les propos du Président de ce qui reste du Sénat Joseph Lambert expliquant dans la presse qu'il a indiqué au Chef de l'Etat que le Référendum ne peut pas être organisé cette année. Celui qui se fait appelé "L'Animal Politique" a souligné au micro des journalistes qu'il a clairement fait savoir à Jovenel Moïse lors d'une rencontre entre les trois(3) pouvoirs que les élections pour renouveler le personnel sont les seules priorités aujourd'hui.

 

Des propos qui ne devraient pas plaire au locataire du Palais National qui a fait campagne pour ce référendum malgré le retrait du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti(BINUH) de lâcher cette initiative comme d'ailleurs une bonne partie de la communauté internationale. Référendum ou non ? La question reste pendante comme pour toutes les autres décisions du gouvernement. Les Elections ? En Septembre prochain, les citoyens devraient se rendre aux urnes pour élire leurs représentants à tous les niveaux et dans tout le pays. C'est le Premier tour des élections selon le calendrier publié par le Conseil électoral provisoire(CEP), très contesté par l'ensemble des secteurs.

 

Cette contestation qui prend de l'ampleur de jour en jour s'intensifie et le chef de l'Etat devrait faire marche arrière après avoir imposé ce CEP dont les membres n'ont pas prêté serment devant la Cour de cassation, la plus haute cour de justice du pays comme juges d'exception. A cinq(5) mois de ce premier tour, le CEP contesté, dans la perspective d'un accord politique, pourrait être recomposé. Les nouveaux commissaires pour se mettre en selle auront certainement besoin du temps. Même si la machine est déjà en marche, les chauffeurs ne seront pas les mêmes. Les dates retenues pourraient subir des modifications.

 

La question de sécurité !

La question revient régulièrement dans les débats médiatiques avec des bandits qui interviennent comme des vedettes de télé-réalité aux micros des journalistes. Des hommes illégalement armés font la loi, exhibent leur arsenal de guerre sur les réseaux sociaux sans restriction. Certains citoyens proposent d'armer les habitants des quartiers populaires pour combattre les bandits; une proposition suicidaire dirait Mario Andrésol, ancien chef de la Police. Pour M. Andrésol, l'Etat devrait chercher à s'implanter dans ces quartiers avec un système d'intelligence mais aussi une intensification des programmes sociaux pour récupérer les jeunes. Des écoles de qualité, des programmes d'apprentissage professionnel, des infrastructures devant générer de l'emplois. Cela demande une planification stratégique, du temps et de l'argent. Au Brésil, Lula a réussi à le faire, mais avec une philosophie socialiste. Le capitalisme est trop axé sur un système de rente, on voit mal comment des hommes d'affaires arriveraient à le faire dans ce pays où tout est prioritaire. Les jeunes issus des quartiers pauvres sont les oubliés du système. Aucun programme de création d'emplois sinon des discours.

 

Aujourd'hui, le résultat est là,même avec le support de l'armée la PNH n'arrive pas à contenir ces groupes de jeunes armés qui pratiquent le kidnapping à longueur de journée sans résistance. La Mauvaise gestion du haut commandement de la PNH et du CSPN a coûté la vie à plusieurs policiers. Toutes les catégories de la société haïtienne sont victimes de ces enlèvements spectaculaires. Les habitants de ces quartiers populaires vivent régulièrement dans une peur constante avec des affrontements répétés entre bandes armées faisant des morts, des blessés et des déplacés dans la Capitale à quelques mètres du Palais présidentiel. 

 

 Les prochains jours risquent d'être sombres et ensanglantés tant la situation est explosive. Quelle décision prendre pour rassurer cette population pendante de ses dirigeants dont la réaction se fait encore attendre ? 

Pour le constat, le référendum est carrément compromis. Les dates des élections pourraient être compromises également une fois un accord politique trouvé. La solution à l'insécurité et la neutralisation des groupes armés ne sont pas pour demain. Les négociations restent la seule porte de sortie. L'argent du pays dépensé dans des firmes de Lobbyistes n'arrange pas les choses. Il faut dépensé mieux et trouver une formule pour mettre tout le monde autour d'une table.  

 

Le Pouvoir comme l'opposition ne fait qu'enrichir des techniciens étrangers et des firmes américaines pour porter leur discours. Depenser pour garder le pouvoir ou le destabiliser n'est pas la bonne formule. C'est une approche suicidaire qui rapporte gros aux fonctionnaires de Washington et qui appauvrit davantage le peuple le plus misérable de la caraïbe et de l'Amérique. Le temps est venu de faire une analyse plus objective et plus sensée de la situation de notre vie de peuple avec un peu plus d'humilité et de patriotisme. Notre attitude est à la fois guerrière mais suicidaire.

 

De l'argent gaspillé, des décisions prises à l'emporte pièces, 4 millions de personnes menacées par la fin, des milliers de sans emplois, ce n'est pas le bilan que la population attendait de quatre années de lutte entre Pouvoir et opposition. Aujourd'hui, le secteur le plus rentable est tout simplement la criminalité. Nous devons tirer les leçons car nos diplomés de la Havard University et de la Sorbonne n'avaient pas vu venir cette catastrophe. 

 

C'est dommage !

 

ET/HPN

 

  

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