Haïti-Éducation : Dispositions pour les zones touchées par l’insécurité, Grand Sud et les 12 mesures pour la réforme du système

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Le titulaire du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), Nesmy Manigat a fait le point sur le secteur éducatif, lors d’une intervention sur les ondes de radio Caraïbes ce lundi 6 décembre 2021. Sérieusement malade, admet le ministre, il persiste et signe pour un remède efficace à l’éducation haïtienne. Les 12 mesures, insiste-t-il, peuvent aider à reprendre en main le système éducatif mis à nu avec des résultats très peu satisfaisants depuis des années, constate Haiti Press Network.

Répondant à la question de nos confrères relative aux zones dont les activités scolaires sont nettement affectées et paralysées par l’insécurité et la violence des gangs armés de la région métropolitaine de Port-au-Prince, le ministre Nesmy Manigat a évoqué trois décisions déjà envisagées par le MENFP, en attendant que l’État ait le contrôle réel de ces endroits pour la reprise normale des activités.

Selon le ministre, le processus de relocalisation des écoles concernées se poursuit avec la collaboration de la Direction départementale d’éducation de l’Ouest (DDE-O) et les acteurs locaux. En outre, il est envisagé un programme d’apprentissage à distance à travers les outils technologiques afin que les enfants de ces zones puissent en profiter et occuper leur temps à la maison. Il est également prévu une autre intervention pédagogique plus avancée à travers la technologie, de laquelle les apprenants pourront toujours se former tout en étant en dehors de la salle de classe.

Grand Sud, familles décapitalisées

En ce qui concerne le Grand Sud où le parc scolaire est en grande partie détruit sous l’effet du tremblement de terre dévastateur du 14 août 2021, le professeur Nesmy Manigat qui dit avoir constaté une situation de grande précarité dans les départements touchés par la catastrophe, où les familles sont complètement décapitalisées, a annoncé une réponse globale intégrée. De cette réponse globale intégrée, il est priorisé un programme de cantine scolaire, basée sur la consommation des produits locaux.

Condition enseignante, une priorité

La condition enseignante a aussi été passée en revue. Étant un maillon très important dans la chaîne éducative, le ministre Manigat estime que les enseignants du système éducatif méritent un bien meilleur traitement. Un traitement digne de son nom. Une question, rappelle-t-il, qui a été d’ailleurs prise en compte parmi les douze (12) dispositions majeures visant l’amélioration de la qualité de l’éducation et la gouvernance du système. À cette fin, indique-t-il, son cabinet se met déjà à l’œuvre pour appliquer ces mesures.

Relocalisation des services essentiels du MENFP

Interrogé sur les bureaux du MENFP éparpillés dans une kyrielle de locaux coûtant une fortune au Trésor public, le nouveau titulaire du MENFP a indiqué que la relocalisation des services essentiels de cette entité étatique dans un même espace constitue l’une de ses priorités. Question d’éviter des tracasseries de services publics et d’harmoniser le travail des employés.

Budget éducatif

Le ministre Nesmy Manigat a aussi émis son point de vue sur la question de l’enveloppe budgétaire allouée à l’éducation dans le pays qui demeure insatisfaisante. D’après lui, une bonne éducation n’est possible avec un budget de moins de 30 % affecté au secteur.

Alors que, informe-t-il, dans les autres pays de la région, il est prévu 1000 dollars US par tête d’élève dans le budget ; pourtant, déplore-t-il, chez-nous le montant de 90 dollars US seulement par tête d’enfant était de mise au cours de sa première administration de 2014 à 2016, est passé aujourd’hui, soit 6 ans après, à 50 dollars US.

Par ailleurs, souligne le ministre Nesmy Manigat, trouvé à 15 % en 2014, le budget éducatif qu’il a laissé à 20 % en 2016, est passé à seulement 9 % aujourd’hui.

Aussi annonce-t-il, au-delà des idées innovantes visant le redressement de la barre du secteur, le plaidoyer financier doit continuer en vue de trouver plus de moyens pour la chose éducative afin de mieux scolariser les quelque 4 millions d’enfants du système.

« La génération actuelle ne doit pas perdre d’espoir, en dépit de la situation difficile et des heures sombres que vit le pays. L’éducation et la santé sont deux éléments majeurs qui ne doivent pas être négligés dans une société. L’école ne peut pas attendre », a conclu le numéro 1 du MENFP, lequel dit vraiment compter sur les 12 mesures pour une réforme en profondeur au sein de notre système éducatif.

Ces articles prioritaires

Les articles 1, 2 et 10 sont prioritaires parmi les 12 articles concernant les mesures majeures, lesquels il dit vouloir mettre en application le plus vite possible.

Rappelons que l’article 1 des 12 mesures stipule que : l’accès en salle de classe est conditionné par un Permis d’enseigner (PE), obligatoire, pour tout enseignant intervenant au niveau du préscolaire, du fondamental, du secondaire et du professionnel dans toutes les écoles de la République. L’article 2 indique que : tous les établissements scolaires des niveaux préscolaires, fondamental, secondaire et professionnel, secteur public et non-public, doivent être munis d’une Carte d’identité d’établissement (CIE). Tandis que l’article 10 stipule que : toute personne désireuse d’intégrer le système éducatif comme enseignant, doit le faire par voie de concours, exception faite pour les écoles de formation des enseignants.

Alix Laroche

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Photo : Anderson Elien

            

 

 

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