La 28ème édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse s’est tenue ce lundi 3 mai 2021, sous le thème : « L’information comme bien public », au Kinam I, à Pétion Ville. Une initiative du bureau de l’UNESCO en Haïti, le système des Nations Unies, de concert avec l’Observatoire numérique en Haïti (OBNH).
 
 
 
Cette cérémonie déroulée en présence du Ministre de la Culture et de la Communication, M. Pradel Henriquez, a été l’occasion pour le Responsable de l’Observatoire Numérique en Haïti, de faire une véritable plaidoirie en faveur des médias en ligne qui diffusent des informations en temps réel et dépassent souvent  les médias traditionnels. 
 
 
D'autres personnalités importantes ont pris part à cette cérémonie spéciale notamment le Représentant du Coordonnateur Résident des Nations Unies et Chargé du Bureau de l’UNESCO en Haïti, M. Elmehdi Ag Muphtah, le Directeur régional de l’OIF en Haïti, M. Emmanuel Adjovi , le Chef de Coopération de l’UE, Anicetto Rodriguez, le Secrétaire Général de l’Association des Journalistes Haïtiens (AJH), Jacques Desrosiers et le Président de l’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH), Jacques Sampeur.
 
 
Selon M. Sampeur, les médias en ligne ont fait un pas en avant, il faut le reconnaître. Les médias sociaux informent en continu, et ce, malgré les actes d’intimidation, les brutalités policières qu’il déplore amèrement.
 
 
Quant au Chef de la Coopération de l’UE en Haïti, Anicetto Rodriguez, l’information comme bien public, désigne la valeur incontestable d’une information vérifiée et fiable en distinguant le faux du vrai. L’union Européenne, est  donc préoccupée par la liberté de la presse, le droit à l’information et la sécurité des journalistes en Haïti. Emmanuel Adjovi, le Directeur régional de l’OIF en Haïti, dans sa courte présentation, propose une transformation majeure dans le secteur de la presse. M. Adjovi se questionne sur l’absence d’un plateau technique, qui pourrait connecter Haïti avec le reste du monde.
 
 
 
Le Chargé de l’UNESCO en Haïti, Elmehdi Ag Muphtah, priorise l’accès à l’information comme droit fondamental qui puisse contribuer pleinement à renforcer la démocratie. Le Ministre de la Culture et de la Communication, de son côté, croit que la liberté de la presse, est une question qui mérite une attention particulière. Au cours des prochains mois, dit-il, le Ministère de la Culture et de la Communication veut continuer à œuvrer pour un meilleur environnement médiatique en Haïti, dans le contexte à la fois structurel mais aussi conjoncturel. Le Ministre dit penser notamment aux grands rendez-vous à venir: à savoir le référendum constitutionnel mais aussi les élections. 
 
 
 
Deux Ateliers ont été organisés à l’occasion dont l’un sur les médias et la lutte contre la désinformation, et l’autre, protection et sécurité des journalistes, animés respectivement par Max Lyron et Phares Jérôme. 
 
 
 
Yves Paul LEANDRE 
 
 

« Tais-toi ou tu seras la prochaine ». De telles menaces, la journaliste d'investigation philippine Maria Ressa en est une habituée. Le jury de l'Unesco lui a décerné cette année son prix de la liberté de la presse. 

 

« Son cas est emblématique des tendances mondiales qui représentent une réelle menace pour la liberté de la presse et donc pour la démocratie », a estimé le jury de l'Unesco. Harcelée sur les réseaux sociaux, poursuivie en justice et condamnée pour « cyberdiffamation » l'an dernier, la directrice du site d'information Rappler dénonce les tentatives de museler la presse partout dans le monde.

 

RFI : Quelles menaces pèsent aujourd’hui sur la liberté de la presse ?

Maria Ressa : Le plus grand problème aujourd’hui, c’est que des faits irréfutables sont mis en cause. C’est un phénomène nouveau. Les journalistes ont perdu leur pouvoir de filtrer et de vérifier les informations. Les nouvelles technologies ont en quelque sorte « kidnappé » cette responsabilité. Si vous n’avez plus de faits, vous n’avez plus de vérité. Sans la vérité, il n’y plus de confiance. Et sans cette confiance, la bataille pour la vérité est impossible à mener, surtout en ces temps de défis existentiels comme le changement climatique et la pandémie du coronavirus.

 

Des plateformes qui prétendent nous informer nous délivrent des mensonges, assortis de colère et de haine. Nous les voyons sur les réseaux sociaux, ces cyberarmées payées par des dirigeants autoritaires qui s’attaquent à la démocratie. C’est une tendance dans de nombreux pays qui doit être combattue. Il n’a jamais été plus dangereux d’être journaliste et de surcroît une femme journaliste. Mais en même temps, les défis sont énormes et la mission des journalistes n’a jamais été aussi importante pour préserver la démocratie. Il est temps pour nous de travailler ensemble et de résister. 

 

 

La pandémie a-t-elle encore exacerbé la tentation des dirigeants de museler la presse indépendante ?

Nous devons faire en sorte que le virus ne contamine pas la démocratie. Nous l’avons vu aux Philippines, où le gouvernement a profité de la pandémie, des confinements successifs et des mille milliards de pesos de crédits empruntés aux banques pour consolider son pouvoir. Nous en payons toujours les conséquences. Notre président Rodrigo Duterte, tout comme Jaïr Bolsonaro au Brésil, a nommé des anciens généraux de l’armée pour gérer la réponse à cette crise sanitaire. C’est un désastre qui s’est encore rajoutée à la catastrophe de la pandémie. Le coût de cela est extrêmement élevée. Car en ces temps du coronavirus, des mensonges tuent. L’incompétence tue. J’espère qu’à la fin de cette crise sanitaire émergera une gouvernance qui sera davantage basée sur des données scientifiques.

 

HPN

Source : RFI

 

A l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la Presse ce 3 mai, l’organisation «Défenseur Plus » souligne la nécessité de légiférer sur le fonctionnement des médias dans le pays. Prônant une presse haïtienne libre et indépendante, la structure de défense des droits humains revient sur les difficultés auxquelles les travailleurs de la Presse sont confrontés (notamment des assassinats) tout en sollicitant en leur faveur de meilleures conditions de travail.

 

S’accentuant notamment sur la liberté d’expression et le droit à l’information en tant que des acquis démocratiques, l’organisme faisant la promotion des droits de la personne estime que la liberté de presse mérite d’être préservée sachant qu’elle est constamment en danger à cause des velléités liberticides des politiques quand le travail du journaliste ne lui est pas favorable. Dans une note publiée à l’occasion de la célébration de cette journée, la responsable de communication du Collectif Défenseur Plus, Samendina Lumane Jean cite quelques meurtres dont ceux de Jean Léopold Dominique, Jacques Roche, Valdjimir Legagneur et de Rospide Pétion qui attendent d’être élucidés.

 

Tandis que des travailleurs de la Presse sont  victimes dans l’exercice de leur métier, l’organisation Défenseur Plus les appelle à être plus vigilants. Mettant l’emphase sur la lourde responsabilité de la Presse dans la diffusion de l’information et de sa responsabilité sociale qui va de pair avec leur travail d’informer la population au regard de l’article 28.2 de la Constitution en vigueur, le Collectif juge nécessaire que voire urgent de légiférer sur de nouveaux phénomènes qui ont émergé dans le monde des médias particulièrement les médias en ligne. Ainsi, la vitesse avec laquelle se propagent les intox aura diminué en même temps que les méfaits qui les accompagnent.

 

Reprenant le thème de cette année « L’information comme bien public », Défenseur Plus appelle à la protection de la Presse ainsi qu’à la garantie de meilleures conditions de travail aux journalistes, travailleuses et travailleurs de Presse. Néanmoins, il insiste sur le respect des principes éthiques et déontologiques du métier.

 

Marvens Pierre

 

 

 

 

Cette année, le thème retenu pour marquer cette journée est « L’information comme bien public ». À travers ce thème, les Nations Unies entendent mettre un accent particulier sur le rôle des médias dans la production d’informations vérifiées dans l’intérêt du public et à la préservation du droit à la liberté d’expression.

 

Le contexte haïtien est marqué ces derniers mois par un environnement de travail difficile en raison d’incidents liés au travail des journalistes, au phénomène de la désinformation, et à la multiplication des discours haineux.

 

Cette année, Haïti occupe la 87e place au classement mondial de la liberté de la presse de Reporters Sans Frontières, alors que le pays occupait la 83e place l’année dernière. Cette situation devrait interpeller tous les acteurs afin que l’accès à l’information comme droit fondamental puisse contribuer pleinement à renforcer la démocratie.

 

Les Nations Unies en Haïti encouragent le développement de structures organisées et de médias plus responsables et elles invitent les autorités à mettre en œuvre les recommandations dans le cadre de l’Examen périodique universelle (EPU) et du Comité des droits de l’Homme par rapport aux droits à l’information et à la liberté de la presse en Haïti.

 

Le Secrétaire général des Nations Unies, M. António Guterres, « exhorte tous les gouvernements à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour défendre la liberté, l’indépendance et la diversité des médias ».  Ainsi, les Nations Unies renouvellent la nécessité de renforcer la protection des journalistes afin de favoriser l’existence d’une presse libre, diversifiée et professionnelle.

 

HPN

 

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