• Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille

Haïti-littérature : Dominique Batraville, sous la plume des journaux français

Envoyer Imprimer PDF
Note des utilisateurs: / 2
MauvaisTrès bien 

Des Articles sont apparus dans plusieurs journaux français sur le dernier titre de l’écrivain Haïtien Dominique Batraville. Depuis sa parution au début de l’année, « l’Archipel  des hommes sans os » ne laisse pas indifférent les journaux outre-Atlantiques. Haïti press network publie l’intégralité d’un article du journal l’Humanité sur la publication de notre collaborateur.



L’écrivain haïtien Dominique Batraville, qui est aussi critique d’art, acteur et  journaliste, se penche en plusieurs récits brefs sur l’après-coup de l’épouvante qui, en janvier 2010, a frappé son île déjà bien malmenée.

 

 

Lors du dernier festival Étonnants Voyageurs, qui s’est tenu en Haïti du 1er au 4?février, l’écrivain haïtien Dominique Batraville s’est rendu à Jacmel avec un autre invité, Régis Debray, qui s’est dit impressionné par la vaste culture de celui qui l’a piloté. Il est vrai que Dominique Batraville a plus d’une corde à son arc, puisqu’il est à la fois critique d’art, acteur de cinéma, écrivain et journaliste. Son Archipel des hommes sans os est un recueil de nouvelles. Il y en a neuf et toutes participent d’un univers qui se rapprocherait volontiers du «?réalisme merveilleux?» du poète Jacques Stephen Alexis (1922-1961), véritable héros de la littérature haïtienne, auteur de Compère général Soleil (1955), dont le personnage principal, plongé dans la misère noire, découvre le communisme et la lutte politique.C’est d’une plume volontiers tourmentée que Batraville s’empare du tragique post-séisme haïtien.


Il se passe des choses à Sarepta, la ville païenne de l’Archipel des eaux. En janvier surtout, ce «?mois trompeur, mois trompe-l’œil (…), mois sismique, celui du 12?janvier 2010, un 12?janvier mangeur d’hommes, d’hommes auxquels il ne reste, pour certains d’entre eux, pas un seul os, pas un fémur, pas un tibia, pas un avant-bras, pas une épaule, pas un pouce, pas même quelques artères, encore moins une colonne vertébrale?». Il a suffi d’un instant pour transformer la ville en une réplique d’Hiroshima après la bombe.

 

Dans certaines de ces nouvelles, l’île se voit peuplée de personnages droit sortis des grands récits originels. Parmi eux, les Indiens Taïnos, premiers habitants de l’île qu’ils baptisèrent du nom de Ayiti (le pays montagneux) ou Quisqueya (la belle île). Ils côtoient Moïse, Isis et Osiris, les dieux du panthéon vaudou, mais aussi Pirandello, Toussaint Louverture et son lieutenant Jean-Jacques Dessalines… On dirait que la faille ouverte par le séisme régurgite un univers surpeuplé. Tout un monde parallèle se met alors à vivre par la seule force du verbe. Ainsi Batraville invente-t-il ce qu’il nomme «?la poétique tempérée de la schizophrénie?». D’autres textes, plus apaisés, relatent en deux pages la vie des gens du peuple. Ce sont sans doute les plus aboutis. Citons, par exemple la nouvelle intitulée Anaïse, personnage de Jacques, l’histoire d’une simple paysanne mariée à Manuel, revenu de Cuba «?avec son expérience d’ouvrier?». Elle plaide pour que la pluie tombe, pour que verdissent les montagnes chauves sur lesquelles, faute d’arbres, l’eau emporte tout sur son passage. Son mari a les clés de l’agriculture. Il veut appliquer les «?bonnes notions qu’il a acquises à Cuba?». C’est simple, mélancolique, orné de verbes sonores qui rythment bien les phrases. Batraville sait donner voix à l’imaginaire de tout un peuple très habité.

Muriel Steinmetz/l’Humanité



 

HPN Sondages

7/7 Hebdo

Actuellement Sur HPN....

Nous avons 198 invités en ligne


Rechercher dans le site

Facebook

FOR USA & CANADA RESIDENTS ONLY


To receive HPN tweets on your mobile
USA ---> SEND : follow hpnhaiti | to : 40404
CANADA ---> SEND : follow hpnhaiti | to : 21212

 

Follow hpnhaiti on Twitter