Haïti-Justice: Sonson!

LE/HPN Nouvelles - Justice & Securité
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Ce n’est pas le titre du film à sensation de Jean Claude Bourjolly, mais le surnom accordé à celui qui a été présenté par la Police nationale d’Haïti comme le chef du "gang Galil". Un groupe mafieux, disait-elle, spécialisé dans les enlèvements contre rançon, qui serait à la base de nombreux rapts et qui auraient déjà amassé un sacré pactol.

 

Depuis cette arrestation sensationnelle et une présentation pompeuse à "allo lapolice", la population vivait dans l’attente du procès de celui qui, durant le mandat de Mario Andresol comme chef de la police, avait été arrêté pour avoir tabassé et fermé dans le coffre de sa voiture un homme ensanglanté au bord du trépas.

Le vendredi 17 avril, ce fameux procès a finalement eu lieu. Parodie. Woodly Ethéart est relaxé! Lamarre Bélizaire,  juge archicontesté au palais de justice de Port-au-Prince, était le président du tribunal criminel. “Jodia lajistis libere nou. Antouka si nou enplike nan sa yo repwoche nou yo, pinga nou fè sa ankò, si nou refè sa, yap arete nou, mete nou nan prizon”, prêchait le juge Bélizaire.

Comme un enfant vagabond qui se fait sermonner par ses parents, Sonson Lafamilia écoute impassible les mots du juge Bélizaire qui reflètent le mal chronique qui ronge le pays et le système judiciaire en particulier. Incapable de tenir un procès sérieux, sans engendrer un nouveau scandale, la justice une nouvelle fois est à genoux, selon plusieurs observateurs.

La piteuse performance du ministère public, défenseur de la société, inquiète. Le travail d’instruction qui a envoyé les deux accusés devant le tribunal criminel n’a donc servi à rien. De la paperasse en plus. La justice s’est enlaidie.  Pis encore, ce qui restait de la confiance de la population dans l’appareil judiciaire qui souffre de tous les maux, est partie en fumée.

Au milieu de ce spectacle insipide, les voix des organisations de la société civile, comme le Réseau national des droits humains (RNDDH), paraissent bien frêles pour influencer quoique ce soit.

Sonson Lafamilia, libre comme l’air, respire fièrement auprès de sa femme libérée spectaculairement par les autorités judiciaires dans une opération aux vertus “champwelik”. L’ami du président, ou plutôt l’associé du président, si nous devons croire les avocats opposants André Michel et Newton St Juste, devient en plus, blanc comme neige.

Mais cette recette pour blanchir un homme au passé controversé comme M. Lafamilia, pardon M. Ethéart peut faire tâche d’huile dans une année électorale, et hypothéquée l’avenir du "Tètkaltisme".

Après Woodly Ethéart les yeux sont maintenant rivés sur Brant, l’autre chef de Gang hyper-puissant présenté par la police. Existe-il un détergeant assez puissant pour le blanchir également? Attendons voir!

Mise à jour le Lundi, 20 Avril 2015 07:45